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Confession intime d'un curé sans super pouvoir

Publié le par Xavier CORMARY

« Si les gens savaient ce que nous vivons comme prêtres, on refuserait des candidats au séminaire. »

Parole entendue au cours de ma retraite, je me suis dit : c’est quand même vrai que j’ai une vie extraordinaire.

Je ne suis pas super-curé, quoi que parfois, je m’en rapproche… Mais j’ai une belle vie, une vie belle, offerte au Christ et donnée aux hommes. Et s’il y a bien des contrariétés ou des difficultés, je dois bien reconnaître que je suis comblé.

 

Descendre sur terre : un homme ordinaire

Il faut bien d’abord reconnaître que je suis un type ordinaire, banal, et même médiocre parfois. J’ai bon appétit, et je me gave de chocolat quand l’occasion se présente. Je ronronne devant les flatteries même si j’exècre l’attitude qui les provoque ; j’ai même tendance à m’attacher à ma voiture et à mon chat de manière déraisonnable. J’ai des pensées d’orgueil, de satisfaction et une paresse récurrente qui est parfois un handicap dans ma vie quotidienne. J’ai aussi des idées tordues, des fantasmes inavouables, et des regards, des paroles blessantes. Bref, je suis un homme, pas un Dieu. Le costume de « super Xavier » que l’on voudrait que je porte parfois serait un mensonge éhonté, et une habit bien trop grand pour moi. Tout cela m’empêche donc de me surestimer et me fait redescendre sur terre lorsque la grosse tête me guette…

 

Monter sur la montagne : un prêtre de Jésus-Christ.

Se découvrir aimé inconditionnellement, percevoir que le Seigneur a posé sur moi son regard de miséricorde, un regard qui élève, ça donne la patate ! Mes faiblesses ne sont pas niées ou évacuées, mais à cause de cet amour de Dieu, je peux être sûr que le Christ va pouvoir s’attaquer à mes merdouilles pour en faire des merveilles.

J’ai été appelé. J’ai ressenti cet appel : « moi ? C’est vraiment moi que tu veux ? »

Franchement, ça fout la pétoche au départ : je ne suis pas capable, je n’y arriverai pas ; le célibat, et toutes ces années d’études : de la philo en plus ? Berk … Franchement Seigneur, choisis-en un autre ! Un jour cet appel a été relayé et confirmé par l’Eglise… La joie a été plus forte que la peur. Je me suis avancé, j’ai répondu OK ; je me suis allongé* (Prostration le jour de mon ordination). 15 ans déjà que ce jour du grand OUI a eu lieu. Depuis, ce sont les OUI du quotidien qu’il faut redire et reredire… En fait, les peurs que j’avais n’ont jamais été le reflet des difficultés réelles que je connais ! Comme quoi, on se fait toujours un trip ! Et 15 ans de messes, de confessions, de rencontres, d’accompagnements, dans les joies et les peines des hommes : ça commence à faire ! Des rencontres m’ont façonné, des événements m’ont transformé et d’autres m’ont brûlé. Mais tout a contribué à faire de ma vie une belle aventure jusqu’à ce jour. Franchement, les doutes sont là, les déceptions aussi, les échecs parfois, mais les regrets : JAMAIS !

Un sondage a révélé que les prêtres étaient les plus heureux dans leur vie « professionnelle ». Je confirme par mon témoignage cet état là : ce n’est pas seulement parce qu’on est connecté directement à Celui qui est la source de la joie. Mais c’est aussi parce ma joie du prêtre est humaine avant d’être divine, profondément humaine. Peu importe les caricatures qu’on fait du prêtre que je suis dans les média et la société ! Le mariage des prêtres passionne l’opinion ? Pff, c’est juste parce qu’on se demande ce que le prêtre fait de son zizi… Un prêtre pédophile à la Une du 20 Heures ? Lamentable et déplorable, mais qui est sans péché, sans perversité qu’il cache soigneusement…

 

Ma joie de prêtre, c’est d’être humain comme le Christ, c’est d’humaniser la terre avec le Christ ! Fort de Lui, faible de moi, mon sacerdoce est déjà un avant goût du ciel sur la terre. Et si tu ne crois pas au Ciel, alors regarde un prêtre qui confesse… Regarde-moi vivre… Je ne suis pas un exemple… J’essaie juste bien difficilement d’être un témoin !

Confession intime d'un curé sans super pouvoir

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Solidarités : la générosité ne suffit pas !

Publié le par Miniritou

Beaucoup de chrétiens se sont engagés depuis des années pour participer au Téléthon : donateurs, bénévoles... De nombreux chrétiens agissent aussi au sein des équipes du Secours Catholique, des restos du cœur, ou de la Croix Rouge. Il y a bien des associations humbles et cachées qui agissent (ici chez nous, ou au Vietnam, au Burkina Faso pour ne parler que de quelques unes qui sont implantées chez nous) sans faire de bruit et sans soutien médiatique. L’engagement solidaire du chrétien, son action bénévole, son soutien financier aux causes humanitaires est intimement lié à sa foi. Comment aimer Dieu invisible si on n’aime pas son frère qui est là, dans le besoin (1Jean 4). Mais suffit-il d’ouvrir généreusement son porte-monnaie ou de mouiller la chemise pour être dans l’Evangile ? Il ya parfois des causes généreuses qui, par leur action, agissent insidieusement en opposition aux principes fondamentaux de la foi chrétienne. Je pose alors quelques questions au téléthon :
  • La médiatisation à outrance du Téléthon n’a-t-elle pas orienté l’objectif premier du soutien des malades vers une surenchère qui vise au « toujours plus » ?
  •  Le risque eugénique (recherche pour éliminer des embryons malades au lieu de soigner la maladie elle-même des enfants) dénoncé par des associations est-il évité ou constitue-t-il une perspective envisagée ?
  • Pourquoi la traçabilité des dons demandée par l’Eglise depuis bien longtemps déjà, n’est-elle pas une priorité et un engagement moral de l'AFM, alors que cette disposition pourrait éclaircir la situation et permettre à notre conscience d'être rassurée ?

Je n’ai pas de réponse, mais je me pose des questions… La journée nationale du Secours Catholique, dimanche 16 novembre, doit nous interpeller tous : en donnant de mon temps ou de mon argent, est-ce que j’ai le souci du Bien de mes frères ? Nous avons tous besoin de discerner note charité !

Solidarités : la générosité ne suffit pas !

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Un jour, je partirai...

Publié le par Odette COMPAGNON

Un jour je partirai, seule, sur le chemin

Je me retournerai vers ceux que j’ai laissés,

Et puis je leur dirai : « Au revoir mes amours »

Alors j’avancerai, dans une joie secrète

Vers Celui qui m’attend depuis l’éternité,

Sans crainte et sans regret, encore toute de terre,

Mais déjà libérée au profond de mon cœur

Pauvre en haillons, pieds nus, vers le festin d’Amour,

Vers le Père qui m’aime, et qui me tend les bras.

Et là j’emmènerai mon compagnon de route,

Qui m’aura précédée ou bien qui me suivra ;

Peut-être sera-t-il toujours à mes côtés

Pour retrouver le Père au destin de l’Amour.

Nous crierons le regret de nos fautes passées

Nous nous prosternerons, tous deux dans la poussière

Possédés par la flamme indomptable et brûlante

De cet Amour qu’enfin nous aurons reconnu.

Nous ne serons plus rien que désir et louange,

Nous verrons ce jour-là ce que nous attendons.

Notre cœur transformé ne sera plus que cendres

Mais une vie nouvelle de lui sera née.

Et nous saurons enfin ce qu’est la joie ardente

Dont nous n’avons ici qu’un pâle échantillon

Qui pourtant nous suffit pour n’être plus qu’attente…

O Seigneur, qu’il est bon d’aller vers Ta maison…

Odette COMPAGNON (+ 2001)

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