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Société libertaire, égalitaire, suicidaire

Publié le par Miniritou

Le projet de loi bioéthique, en cours d’examen par le Sénat et l’assemblée nationale, engage clairement et de manière irréversible la France « vers une dérive mercantile de pays nantis qui se payent le luxe d’organiser un trafic eugéniste avec l’élimination systématique des plus fragiles, la création d’embryons transgéniques et de chimères. » (Mgr Michel Aupetit, médecin et archevêque de Paris)

 A une époque où l’écologie et les questions environnementales sont si urgentes, pourquoi l’être humain n’a pas droit aux mêmes précautions et attentions que les animaux ou les écosystèmes en danger ? Un environnement sain, mais bâti sur des manipulations génétiques sans éthique pour l’Homme deviendra un monde inhumain. Un enfant devenu un objet de consommation, volontairement et irréversiblement privé de ses origines, conduira l’humanité à une agonie lente mais certaine.

Des idéologues, des lobbies et des loges occultes travaillent pour une société libertaire, décidée à s’affranchir de tous les interdits moraux et religieux, accusés d’être des obstacles au progrès. Le simple bon sens de nos législateurs pourrait suffire à refuser de pareils projets législatifs. En conscience, députés et sénateurs auront-ils le droit, la liberté humaine de s’y opposer ? Citoyens français, aurons-nous les couilles pour refuser le lent suicide programmé qu’on veut nous imposer ?

 

Xavier CORMARY, prêtre

Paroisse St François et Ste Claire en Ségala

Société libertaire, égalitaire, suicidaire

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Respecter l’animal, c’est humain !

Publié le par Miniritou

Respecter l’animal, c’est humain !
Respecter l’animal, c’est humain !
Respecter l’animal, c’est humain !

La cause animale me tient à cœur : le respect des animaux, le souci qu’on peut avoir pour leurs conditions de vie, d’élevage, d’abattage, le fait de dénoncer la maltraitance animale : tout cela est en soi une bonne chose. On finirait toutefois par humaniser l’animal, quand l’être humain risque d’être regardé comme un animal.

Quand je vois, par ailleurs, combien la dignité de l’être humain peut être bafouée, quand on s’indigne plus pour le sort de nos compagnons à quatre pattes que pour un homme qui meurt dans le froid ou la solitude, je me pose des questions... Qui s’indigne aujourd’hui du sort des malades psychiatriques dans la brousse africaine, des malades de la lèpre abandonnés, du sort réservé aux enfants soldats ou aux esclaves des multinationales ? Qui s’inquiète de l’inhumanité qui règne dans nos prisons, ou de la marchandisation de l’être humain grâce aux nouvelles technologies et aux lois qui sont votées sans débat ? Aucun être humain n’a le droit de traiter un autre être humain - fut-il muet, incapable de se défendre ou fragilisé par la maladie ou le handicap - comme un objet, comme une variable d’ajustement, comme une erreur de la nature ou comme une statistique. Peut-on accepter de sélectionner des êtres humains comme acceptables et d’autres qui n’auraient pas le droit de vivre ? C’est ce qui est pourtant en train de se produire en France !

Plus encore, au risque encore de m’attirer les foudres de la bien-pensance toute puissante, qui va s’émouvoir du drame que constitue les centaines de milliers d’avortements, certains pratiqués dans une innommable détresse pour bien des femmes, alors que le sort des bébés phoques, des poussins condamnés à être broyés, ou des koalas menacés en Australie fait la une des media ?

De la même veine, on peut être touché par l’incendie dramatique d’un bâtiment comme Notre Dame de Paris, mais on a aussi le droit d’être plus encore soulagé par l’absence de victimes humaines à déplorer lors de cette tragédie !

La bible nous enseigne que le sommet de la création, la créature la plus précieuse au cœur du monde : c’est l’être humain ! Toute vie humaine est un trésor. Qui peut décider de la valeur d’un homme et de sa dignité sélective ?

Être révolté par la mort d’un animal, c’est humain ! Être capable de se révolter quand l’être humain est piétiné, violé, massacré, écrasé, c’est divin ! L’Homme devient vite un loup pour l’Homme quand plus rien de transcendant ne vient nous rappeler la dignité et la grandeur inégalable de l’Humain.

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Aucun être humain ne peut en traiter un autre comme un objet

Publié le par Miniritou

Dans l’état actuel du projet de loi, trois points particuliers engageraient encore davantage notre société française dans des contradictions insolubles. S’ils étaient adoptés définitivement, ils témoigneraient d’une grave méprise quant à ce qu’est l’éthique, méprise qui, si elle n’était pas clarifiée, serait de l’ordre de l’insouciance pour l’avenir.

 

  1. Soumettre, comme le veut la loi, l’engendrement par PMA d’un nouvel être humain à un « projet parental » est discutable. Le pouvoir ainsi reconnu aux parents ne risque-t-il pas de devenir absolu ? Comment le projet de loi va-t-il exprimer la pleine reconnaissance du droit de l’enfant qui est une « personne » ? En effet, établir des critères applicables aux adultes qui veulent devenir parents pour autoriser ou non ceux-ci à bénéficier d’une technique d’AMP ne suffira pas à garantir une prise en compte suffisante de la dignité de l’enfant. Le respect de l’enfant devrait être la considération première.
  2. La légalisation de la filiation sans père ni ascendance paternelle et de la maternité par simple déclaration de volonté, devant le notaire, sans que la femme vive la gestation, met en œuvre « l’invraisemblable », ont pu dire certains. Est-il juste d’entraîner la société dans cet engrenage ? Notre République est basée sur le respect de la conscience. Cela ne commande-t-il pas de prévoir le recours à l’objection de conscience pour ceux et celles, les notaires par exemple, qui se refuseraient, en conscience, à être engagés malgré eux dans la réalisation de cet « invraisemblable » ? Cette clause de conscience s’impose aussi à propos de l’IMG. Sans une telle expression dans la loi du respect de la conscience de chacun, n’irions-nous pas vers la mise en place d’une police de la pensée, contraire à notre liberté démocratique ?
  3. L’extension du diagnostic pré-implantatoire ouvre la voie à une sélection accrue des enfants à naître, sélection que notre pays professe pourtant de refuser en souhaitant une société inclusive. Un « eugénisme libéral », dépendant de la décision des parents potentiels ou du parent potentiel, serait ainsi toléré. Des parents ayant un enfant portant une maladie génétique nous alertent publiquement sur la « déshumanisation » que produirait un tel tri sélectif. Vouloir l’enfant sans aucun variant génétique est non seulement une illusion, mais ce serait aussi « déshumaniser » notre humanité !

Ces trois points sont significatifs de la fuite en avant dans laquelle sont prises nos sociétés occidentales soumises au libéralisme et aux lois du marché : les désirs individuels y sont exacerbés par l’apparente satisfaction que la conjonction des techniques médicales et juridiques semble promettre.

Nous remercions toutes celles et tous ceux qui prennent au sérieux les enjeux de la loi en discussion. Nous saluons les parlementaires qui travaillent à mettre de la lucidité et du bon sens éthique à propos de l’humain dans le texte de la loi. Nous encourageons les citoyens inquiets à faire connaître leurs réserves et à exprimer leurs points de vue. Nous redisons que tout enfant humain est appelé à grandir dans le déploiement de sa liberté et dans le respect de sa dignité, en communion avec tous les autres, et cela tout au long de sa vie, quelle que soit son origine ethnique ou sociale, sa religion ou son absence de religion et son orientation sexuelle. Aucun être humain ne peut en traiter un autre comme un objet.

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France
Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, Président de la CEF,
Mgr Dominique Blanchet, évêque de Belfort-Montbéliard, vice-président de la CEF,
Mgr Olivier Leborgne, évêque d’Amiens, vice-président de la CEF,
Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris,
Mgr Jean-Pierre Batut, évêque de Blois,
Mgr Jean-Marc Eychenne, évêque de Pamiers,
Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen,
Mgr Philippe Mousset, évêque de Périgueux,
Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre,
Mgr Pascal Wintzer, archevêque de Poitiers.

Le 13 janvier 2020

Aucun être humain ne peut en traiter un autre comme un objet

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