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94 articles avec regards sur le monde

Je suis la drogue

Publié le par Xavier Cormary

 
 
Je suis la drogue ! Mon nom vous fait frémir ! Je suis l’amie fidèle de l’alcool, et tout comme lui, je vous déteste au plus haut point, surtout les jeunes. Mon travail est l’abrutissement du cerveau ; c’est ma spécialité. Je trouve les arbres laids et j’ai une sainte horreur des fleurs. La nature que votre Dieu a créée, je la trouve affreuse, c’est pourquoi j’expédie les gens qui me consomment dans des pays d’épouvante et de désolation, d’où très souvent, on ne revient pas. J’aime les gens sans morale, la saleté, le désespoir, et la mort. Mondialement connue, je traverse les continents à la vitesse de l’éclair et je laisse sur mon passage la destruction et la folie ! Merci de me vendre, de me consommer, de me cacher ; votre aide m’est infiniment précieuse pour anéantir ce qui reste d’Amour sur terre. Je suis l’ennemi juré du bonheur, alors consommez moi sans réserve. Vous voulez devenir un de mes vendeurs ? Je suis toujours à la recherche de sang nouveau, tel un vampire. Mon seul ami est l’alcool ; nous faisons une belle paire de salauds. Il m’aime et me respecte. Hé, les jeunes ! Vous voulez me confier vos cerveaux ! Je vous promets de les détraquer à tout jamais et par la même occasion, de faire de vous de véritables loques humaines. Avec un peu de chance, vous pourriez vous suicider ou terminer votre vie à l’asile ou en prison ! Je vous laisse réfléchir… il faut que je vous quitte, je suis débordée de travail.
 
P.S. : Excusez-moi, mais je n’aurais pas de temps à perdre pour assister à votre déchéance ou vos funérailles. Sans aucun remords…
 
                                                                                                (Auteur inconnu)
Je suis la drogue

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Dieu n’est pas un loup pour l’homme

Publié le par Miniritou

Une des grandes qualités du pape François est sans doute de savoir dire avec des mots simples que le sujet principal de la foi chrétienne est le Dieu-Trinité et que son objet est l’Homme. En effet, très souvent, on oppose les droits de Dieu aux droits de l’Homme, en inventant des prétendues doctrines ou des arguments qui laissent croire que Dieu est un loup pour l’être humain.

Dans les actualités récentes, force est de constater que c’est bien l’Homme qui est un loup pour son prochain, même dans l'Eglise : le plus innocent outragé, le moins rentable licencié, le plus faible éliminé, le plus fragile euthanasié...  n’auraient-ils pas  tous la même dignité ? On crée ainsi des catégories artificielles de personnes : certaines étant plus égales entre elles que d’autres.

L'Évangile et le message chrétien que porte l’Eglise, si souvent ridiculisés et caricaturés par des rapporteurs qui mettent en avant un argument, une déclaration sortis de leur contexte, ont toujours la prétention de favoriser la réflexion et l’émergence de choix personnels ou collectifs qui fassent droit à la dignité humaine, et qui permettent un plein exercice de la liberté de conscience, dans la mesure ou cette liberté de conscience est véritablement éclairée et guidée par le souci du Bien commun intégral de l’Homme, de tout homme, de tout l’Homme !

Qui peut trouver un seul texte du magistère de l’Eglise (récent, daté d’après 1965, car par le passé, il est évident que les choses n’étaient pas aussi claires) qui ne soit pas au service de l’humanité, appelant à rendre ou à garder la dignité de la personne humaine ?

Aujourd’hui, si tant de personnes sont des adversaires violents de l’Eglise, et rejettent la foi chrétienne, sans doute est-ce parce qu’ils s'arrêtent aux scandales provoqués par certains clercs, qui bafouent leur vocation et trahissent la confiance des petits. Ils n’ont pas perçu dans le témoignage édifiant des autres chrétiens, et dans le discours de l’Eglise que l’essence même de notre foi procède de la primauté du respect de l’être humain, dans sa dimension personnelle, intérieure, sociale, et spirituelle. Je me souviens encore cette remarque de Mgr André Lacrampe, alors évêque d’Ajaccio, qui affirmait lors d’une rencontre en petits groupes à Lourdes en 1999 : « La perte du sens de Dieu dans notre société sera la perte du sens de l’Homme. » Je crains hélas qu’il fut prophète de la réalité qui est à notre porte.

En voulant vivre sans Dieu, à cause des hommes défaillants, censés porter sa voix et son message, les hommes d’aujourd’hui prennent le risque d’un auto-génocide insidieux qui touche d’abord les plus vulnérables : enfants à naître, personnes en fin de vie, et qui interdit à l’Homme de répondre à sa nature humaine. L’être humain devient un concept, une théorie, un matériau.

L'Eglise, non pas parce qu'elle serait à la hauteur de l'idéal qu'elle prêche, mais parce qu'invariablement, elle  prend le parti de l'être humain, doit sans cesse se convertir pour plus de fidélité au Christ et à son message. Mais une société qui se déshumanise crée de la violence et court finalement le risque de se perdre.

Que Dieu lui-même écoute le cri des pauvres, de tous les pauvres qui le cherchent sans le savoir, qui le rejettent sans le connaître, ou qui l’adorent sans rester pleinement humains.

Dieu n’est pas un loup pour l’homme

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Des tatouages, pour le meilleur et pour le pire …

Publié le par Miniritou

Qui ne connaît pas, dans son entourage proche, une personne qui a succombé à la mode très actuelle de se faire tatouer ? Discret ou ostentatoire, visible dans le cou ou sur les membres, ou intime, le tatouage peut être décidé sur un coup de tête. Pourtant, la plupart du temps, c’est un acte irréversible beaucoup plus  réfléchi et sensé qu’il n’y paraît.

Tout d’abord,  il faut bien  comprendre que  le tatouage est une forme d’expression : quand les mots sont fades ou impossibles à dire, quand un vécu est trop lourd ou trop profond : décider de faire tatouer un motif qui exprime ce que l’on ne sait pas dire est souvent un moyen en vogue pour communiquer. L’intimité inénarrable s’affiche sur la peau : « Montre-moi  tes tatouages, je te dirai qui tu es ! »

La douleur pour réaliser un tatouage n’est-elle pas aussi, non pas recherchée pour elle-même, mais assumée comme inhérente à la démarche ? Celui qui va chez le tatoueur sait que ça va faire mal, comme on sait que la vie n’est pas toujours facile. Les souffrances de l’existence laissent des traces, comme l’aiguille qui perce la peau va laisser une trace. Notre  corps va vieillir, se dégrader, et mourir, mais ce signe, ce motif demeurera sur la peau, au-delà même de notre mort.

Le caractère définitif de l’acte est aussi lourd de symbole : Il est très difficile, impossible à effacer. Si je peux oser une comparaison, le tatouage est un peu comme un sacrement  que l’on se donne à soi-même sans passer par l’Institution « Eglise » ni par la transcendance du divin : un signe visible pour exprimer de l’invisible…  On grave sur sa peau ce qui a du sens pour nous, ce qui mérite d’être conservé, et bien plus proche, bien plus réel que de graver une date dans le marbre ou de garder une photo dans un album !

En cela, il est intéressant de parler sans a priori avec une personne qui a réalisé ou qui veut se faire tatouer afin de la rencontrer et la connaître en vérité ! Les préjugés historiques et des interdits posés jadis  par Charlemagne, (la bible, comme le Coran d’ailleurs, n’évoque le tatouage qu’une seule fois en Lévitique 19, 28) ne sont guère porteurs de dialogue et de compréhension. Le tatouage, autrefois considéré comme une forme de rébellion, est aujourd’hui largement répandu. Dans notre société individualiste, le tatouage ne peut-il pas être interprété, sans généraliser, comme une forme de spiritualité individualiste dégagée de toute institution ?

Nous avons à comprendre, même chez des personnes qui sont tatouées sur le visage ou sur tout le corps, que la personnalité ne peut jamais se confondre ou se résumer à ses tatouages. Il est essentiel  de regarder chaque personne au-delà des apparences, fussent-elles tatouées !

Des tatouages, pour le meilleur et pour le pire …

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Le Père Noël, cet imposteur…

Publié le par Miniritou

Quand le Père Noël aura pris toute la place...

Quand les seuls cadeaux seront ceux qui rempliront les poches des commerçants...

Quand la fièvre acheteuse se sera emparé de tout et de tous...

Quand la réussite de Noël se mesurera au nombre de dindes qui seront passés à la casserole... 

Quand le bien manger et le bien boire, si possible avec gaspillage organisé, fera oublier ceux qui crèvent de faim...

Quand les illuminations et les guirlandes électriques auront remplacé la quête de la vraie Lumière...

Quand les retrouvailles en famille se limiteront à des vœux formels, à des paroles convenues, et à des habitudes nécrosées...

Quand les cloches sonneront dans le vide et dans le froid sans plus atteindre les cœurs anesthésiés...

Quand le petit Jésus de plâtre ou de cire aura été chassé de nos places ou de nos vitrines pour cause de laïcité intolérante, et que la crèche dans nos maisons restera au grenier...

Quand le sapin de Noël en plastique sera une décoration comme une autre...

Quand la porte de nos cœurs se fermera sur nos certitudes, incapables de nous émerveiller pour revenir à la source du premier Noël,

 

alors ce sera la fin ou la faim…

 

Alors le combat entre le gros bonhomme rouge qu’on voit partout, mais qui n’existe que dans les rêves, et le bon Dieu, qui se cache derrière le visage d’un petit enfant depuis 2000 ans, ce combat là aura cessé.

 

Pour le meilleur ou pour le rire ? HO HO HO ! Noël, c’est bien la fête de l’amour fou de Dieu. Mais quel est donc ce Dieu qui fait toujours le même chemin pour rejoindre notre humanité !

Le Père Noël, cet imposteur…

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J’aime la France, mon pays.

Publié le par Miniritou

J’aime la France, ma patrie, avec son peuple si contrasté, ses couleurs, et ses régions, ses mutations et son histoire qui me rendent fier d’être de ce pays là.

J’aime la France diversité, avec ses traditions et sa culture, avec tout ce qui chante dans la nature, la variété des paysages, la chaleur et la fraîcheur de ce pays où je suis né.

J’aime la France des campagnes, celles des villes et des villages, celle qui construit la Tour Eiffel, celle des hommes généreux, avec des jeunes ambitieux, avec des rires et des larmes.

J’aime la France de Pagnol, de Bernanos et de Zola, celle du sud qui ensoleille, celle De Gaulle à la recherche sa destinée, celle de Schuman en Europe, qui construit le mot liberté, en misant sur la vie des plus faibles.

J’aime la France, celle qui a grandi dans les larmes, de Clovis jusqu’à Jeanne d’Arc, de St Louis jusqu’à Jean Jaurès, de Vinci jusqu’à Pasteur, qui avaient rêvé de grandeur.

J’aime la France des auteurs, des musiciens, des humoristes, qui mettent la joie dans les cœurs, et savent donner de la légèreté aux maux qui assomment l’humanité, sans pour autant la piétiner.

J’aime la France qui honore chacun dans ce qu’il est, sans pour autant donner licence à tout ce qu’il fait, celle qui cherche le bien commun, la vérité qui rend libre, la liberté qui rend vrai.

J’aime la France fille aînée, celle des grands saints, qui ont montré à l’humanité, la grandeur de la charité, la vérité de la foi, la  beauté de cette espérance qu’ils ont cueillie au pied de la croix.

J’aime la France d’hier et d’aujourd’hui, celle dont je suis responsable, celle qui me rend responsable de l’avenir de ses enfants, dans cette humanité en doute,  parfois peut être même en déroute.

J’aime la France où je vis, parce que ce siècle XXI lui donne rendez-vous pour son Histoire.J’aime la France, c’est normal, car elle m’a fait et m’a nourri, m’a façonné et m’a protégé.

J’aime la France, c’est mon pays.

 

 

 

J’aime la France, mon pays.

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Le football va-t-il tuer le sport ?

Publié le par Miniritou

La stupéfiante défaite du Paris Saint-Germain contre le Barça a de quoi interpeller... Ils sont rares ceux qui auraient pu prédire un retournement de situation favorable au FC Barcelone après une défaite à Paris par 4 buts à 0. Pourtant le match retour permet la qualification des Catalans… ( 6 buts à 1)

Ce déferlement m'interpelle surtout car je perçois des réactions de supporters insupportables… L'enjeu en vaut-il la chandelle ?

Les enjeux sportifs et surtout financiers sont devenus, et depuis longtemps, plus précieux et plus prioritaires que le plaisir du jeu et la fraternité entre équipes et entre supporters : l’esprit sportif, la noblesse du jeu, la distraction qu’apporte le football : tout cela est largement dépassé !

Un de mes amis, inconditionnel supporter du PSG, me faisait part, suite à ce match cynique, du questionnement  que cela engendrait en lui : non seulement  par rapport à son attachement à ce club, mais encore aussi aux enjeux profonds de son engouement inconditionnel pour son sport favori. Il y a des espoirs déçus, des défaites amères, des désillusions terribles. Comme chrétien, je ne peux que constater que Jésus est le seul en qui mettre mon espérance sans être déçu !  Mettre sa foi dans la grand-messe hebdomadaire du football sera tôt ou tard source de déception et de remise en cause...

Une campagne publicitaire pour le Denier de l’Eglise vient d’être interdite : «Votez Jésus-Christ, le seul qui n’a changé de programme ». La réalité, c’est que si l’Eglise a besoin de moyens financiers, elle ne met pas les intérêts matériels au dessus de l’Homme. Certes, il existe dans l’Eglise, des malversations ou des magouilles : mais ce n’est pas constitutif de son message ni de sa philosophie. Dans le football, comme hélas dans d’autres sports, la grandeur du jeu et l’âme sportive sont désormais otages des millions : des places de stade à tarifs prohibitifs, des paris sportifs aux droits télévisés, sans oublier les salaires indécents des stars du ballon rond : l’argent est partout… On investit dans un club comme dans une multinationale ! Les joueurs sont devenus des contrats, le jeu est un pari lucratif, et les enjeux sont financiers avant tout.

Il faut sauver le sport de l’asservissement de l’argent. Et il n’y a pas de meilleur moyen pour cela que d’éteindre sa télé et de prendre un ballon pour jouer avec ses amis !

Le football va-t-il tuer le sport ?

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Printemps de Dieu

Publié le par Miniritou

Le mois de mars vient à peine de pointer le bout de son nez, et déjà les arbres frétillent.  Les fleurs commencent leur pèlerinage à travers champs et jardins. Les premiers rayons de soleil, réchauffant la terre et l’air, donnent à tous des envies de printemps. Nous sommes entrés simultanément dans le mois de mars et dans le carême cette année. Peut-on être déçu du printemps ? Peut-on regretter les brumes hivernales, les températures négatives de janvier, et les paysages endormis ou figés dans les gelées de la morte saison ?

Il me prend à penser que lorsque la foi germe dans le cœur d’une personne, c’est tout comme un printemps. La mort perpétuelle des jours sans soleil, ne peut-elle pas être une parabole de ces vies sans espérance, sans perspective, sans avenir, si ce n’est celui du cimetière ?

Je n’ai aucun mérite d’avoir la foi. Je ne l’ai pas cherchée, elle est venue à moi toute seule, comme un lever de soleil qui illumine et réchauffe le visage dans un matin de printemps doux et éblouissant.  Je pense à ce printemps qui vient systématiquement chaque année après l’hiver. Et je pense à notre société française, anesthésiée par la pensée unique, engourdie dans un matérialisme et un rejet de Dieu qui s’amplifie : comme si Dieu était un ennemi, comme si le printemps n’avait rien de désirable…

Ce n’est souvent pas le printemps que beaucoup redoutent, mais les jardiniers maladroits, et les météorologues orgueilleux et les semeurs de troubles. Dieu n’est souvent pas Celui que l’on rejette, mais ceux qui parlent de Lui, qui portent bien mal son message. L’Eglise et les chrétiens ne sont pas toujours à la hauteur : ils annoncent le printemps en vivant en hiver, ou écrasant parfois fleurs et  pousses printanières…

Chrétien, Dieu est ton printemps ! Nous sommes jardiniers. Nous sommes météorologues. Nous sommes les semeurs du monde à venir. Notre mission si noble et si dure à la foi : annoncer le printemps éternel qui réveillera les hommes engourdis par l’hiver froid et humide !

 

Printemps de Dieu

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St Valentin : désespoirs de chrétiens

Publié le par Miniritou

« Etre chrétien, c'est sortir un peu du péché et même complètement du péché, c'est grandir dans le Christ, mais quel décalage avec le monde qui s'en moque !! » ( J.L.)

 Cette citation d’un fidèle lecteur de ce blog m’interpelle. Il me demande de réagir sur sa situation. Etre chrétien, serait-ce sortir du péché ? Bon courage ! Combat qui semble perdu d’avance : en soi-même et autour de soi, c’est l’argent, le pouvoir, la démesure, l’égoïsme qui semblent avoir toujours le dernier mot.

 
Parler de conversion, de Rédemption, de miséricorde et de pardon est-il encore tenable quand on prend conscience de la réalité de l’humain ? Encore ce soir, parmi les jeunes que j’ai rencontré au collège, c’est le plus fort, c’est le plus costaud, c’est le plus con qui écrase les autres. 

Alors, ne reste-t-il qu’à désespérer ? De nous, certainement : le monde, les hommes courrent derrière le temps, la gloire éphémère des « Star Academy », les paillettes futiles et les alcools qui saoulent pour mieux perdre. Nous sommes devenus des dieux avant de devenir des hommes. Et tout va à sa perte !

 Mais le Salut et la Rédemption ne sont-ils pas les promesses de Dieu pour l’humanité toute entière ? Notre finitude, notre médiocrité ne peut-elle pas trouver une issue de secours dans les bras de Jésus crucifié ? Qui prendra la croix de Jésus pour étendard et pour logo, et découvrira dans le mystère du Christ, le seul chemin du Salut qui s’étend au-delà du visible, du prévisible… Qui seront ces croyants qui oseront, en dépit de tout, croire en l’amour crucifié, victorieux du Mal et de la mort ? Serons-nous suffisamment persévérants pour accueillir le cadeau le plus merveilleux de Dieu, le don le plus parfait, le pardon qu’il a offert à chacun de nous, et que nous ignorons, que nos dédaignons, que nous refusons, indifférents…

Décidément si le 14 février est la fête des amoureux, il faut peut-être commencer par retomber amoureux de l’amour, tout simplement !

Xavier Cormary
St Valentin : désespoirs de chrétiens

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Consignes électorales

Publié le par Xavier Cormary

Ma mission de prêtre m'amène à une certaine discrétion sur mes propres convictions. Pourtant, je suis un citoyen et un électeur, avec mes idées et mes orientations. Mais je suis bien conscient que mon ministère, et en particulier dans mes prises de paroles publiques, doit manifester une réserve pour ne pas diviser une communauté. Ceci étant, je suis bien sûr convaincu que tout catholique, même prêtre, doit d'abord écouter et être ouvert au débat contradictoire, même sur des questions qui touchent à des domaines importants comme la solidarité, les questions sociales, les enjeux internationaux, le respect de la vie et la conception de la famille ou les défis écologiques.   A la lumière de l'Evangile, chaque croyant doit alors faire preuve d'un discernement pour donner sa voix au candidat qui apporte des réponses les plus cohérentes possibles avec les valeurs que défend l'Evangile.
 
Une question aujourd'hui préoccupe nombre de politiciens : la laïcité  et l'expression religieuse dans la société. Certains voudraient réduire la religion à la sphère privée. 
 La religion a toujours eu une expression publique, car elle est communautaire. La culture pourrait-elle être une affaire privée ? Même si tous les français ne vont pas visiter le Louvre, même si tous les français ne sont pas catholiques, il est impossible de réduire la culture ou la religion à une démarche qui relèverait du domaine privé comme un loisir ou un choix assumé individuellement ou en famille. Par ailleurs, on reproche parfois à l’Eglise d’exprimer des opinions sur des sujets de société. L’Evangile est une force, un moteur de transformation du monde. Ceux qui n’adhère pas ne peuvent pas comprendre, mais il est du devoir du chrétien, au nom de sa foi, de s’engager pour un monde meilleur, non pour imposer ses points de vue comme certains croyants pourraient parfois le laisser penser, mais parce que nous croyons que l’Evangile est un chemin de croissance humaine non seulement pour les personnes, mais aussi pour les sociétés, pour un «mieux vivre ensemble».
 
 Personnellement, je suis rassasié des discours politiciens cousus de promesses qui n’engagent que ceux qui écoutent.  On entend ça à longueur de campagne électorale, comme si une action politique était toute bonne ou toute mauvaise. Le sens du service, le sens du bien commun sont pour moi des éléments fondamentaux. Un élu devrait s’engager comme le propose l’apôtre Pierre aux responsables de l’Eglise en « veillant sur le troupeau qui leur est confié, non par contrainte, mais de bon cœur, non par une misérable cupidité, mais par dévouement. » (1 Pierre 5, 2)

Ma foi m'oblige à une attention prioritaire aux petits et aux faibles.Mais qui sont les plus faibles ? Où se trouvent les plus démunis dans notre société ? Un devoir de lucidité s’impose à nous. Et il n’est pas possible pour un chrétien de mettre des intérêts économiques ou politiques, et je dirais même écologiques au dessus de l’intérêt de l’homme. Se développe aujourd'hui C’est l’homme, tout l’homme et Tout homme qui doit être le souci premier avec la priorité des priorités pour les plus faibles. C’est dans ce sens que, personnellement, je voterai pour les prochaines échéances.
Consignes électorales

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Témoignage d'un fils aux obsèques de sa mère

Publié le par Anonyme

Je devais avoir quatre ans. Nous habitions alors à Carmaux.  Chaque jour, après le repas de midi, Maman me conduisait en promenade, et la plupart du temps, nous nous arrêtions à l’église Sainte-Cécile toute proche. Nous poussions le lourd battant barré de ferrures impressionnantes. Pour un enfant  de quatre ans, gravir les marches conduisant à ce portail, c’était comme se présenter devant le château de la Belle au bois dormant. A l’intérieur, il y avait – il y a toujours- une seconde porte avec des baies fermées par un verre opaque. Là, mon cœur commençait à battre. On ouvrait cette porte et l’on entrait dans un monde mystérieux  d’ombre et de silence où seules, du haut de leurs piliers, les statues des Saints aux vêtements chatoyants paraissaient remarquer notre présence. Maman ne disait pas un mot, mais, cérémonieusement, elle m’ôtait la casquette ou le bonnet que je portais selon la saison. Puis, sans rompre ce profond silence, elle me prenait par la main et nous commencions à déambuler, allant d’un pilier à  un autre pilier, comme entre les grands arbres d’une forêt. Au pied de chacun, levant la tête, je scrutais ces figures énigmatiques, comme suspendues entre ciel et terre. Leur regard, à la fois doux et pénétrant  posé sur moi  semblait vouloir me délivrer un message que je ne comprenais pas, mais qui me fascinait. Je m’arrêtais, et demeurais là, immobile. Plus tard, j’ai appris leur nom : c’étaient Marie, Joseph, Antoine de Padoue, Jeanne d' Arc, Bernadette. A chaque pilier, Maman attendait patiemment, sans rien dire, que s’achève ce colloque silencieux entre son petit garçon et ces personnages comme venus d’un autre monde. Puis ma contemplation achevée, nous allions plus loin, au pilier suivant et là, tout recommençait.

Maman ne m’a jamais parlé de Dieu, elle n’avait pas les mots pour cela. Elle m’a simplement pris par la main, et a commencé pour moi un pèlerinage qui dure encore. Je n’ai reçu d’elle ni prière, ni geste de piété, si ce n’est celui – unique et donc essentiel- de me découvrir la tête ; elle me dévoilait ainsi - comme en écartant un rideau-  un au- delà de moi et gravait dans mon âme d’enfant la conscience que je n’étais pas ma propre limite. Non, ce n’était pas à un caprice de gosse qu’elle cédait lorsqu'elle calquait ses propres pas sur mon désir exprimé par mes petites jambes ; bien plutôt, elle obéissait au rythme de mon cœur profond dont elle respectait le secret, et que, par son silence, elle m’apprenait à entendre.

Graham Greene écrit quelque part : « Il y a toujours, dans notre enfance, un moment  où la porte s’ouvre et laisse entrer l’avenir ».Pour moi, ce fut littéralement lorsque nous franchissions le seuil de l’église Sainte-Cécile. Tout ce que j'ai pu vivre d' essentiel par la suite, en particulier en cette église de Rosières qui nous rassemble  et où, d' ailleurs, Maman m' avait présenté au baptême , toutes les heures riches et inoubliables vécues  ici et pour lesquelles je remercie ceux qui, parmi nous, en ont été les témoins et les acteurs, puis au- delà de ces murs, mes choix ultérieurs, mes orientations de vie, et jusqu'à mes engagements actuels, tout cela trouve sa source dans cette expérience ineffable de mes quatre ans. Elle est devenue comme un fil conducteur qui, malgré bien des crises, ne s’est jamais rompu, jusqu'à cette heure.

 

Témoignage d’un fils lu lors des obsèques de sa maman

Témoignage d'un fils aux obsèques de sa mère

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