Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
 Le presbytère virtuel d'un prêtre

Quand la liberté d’expression piétine la fraternité…

18 Octobre 2020 , Rédigé par Miniritou

Quand la liberté d’expression piétine la fraternité…

L’abominable assassinat du professeur de collège, vendredi soir à Conflans St Honorine, est-il celui d’un islamiste radical ou d’un cinglé fanatique ? L’atrocité de l’événement n’est que le résultat inéluctable de consciences outragées et fragilisées qui tombent dans une violence qu’on qualifie de « terroriste » pour éviter de parler de violence contre la conscience humaine. Dire cela ne veut en rien justifier pareille barbarie.

Un jeune musulman de 18 ans s’est senti humilié et méprisé par des dessins que la République française canonise comme preuve et comme garantie de la liberté d’expression à la française. Qui comprendra l’humiliation des musulmans face aux affronts de Charlie ?

Pour garantir la plus grande des libertés, liberté de penser et de dire ce que l’on pense, faut-il consacrer les expressions radicales qui humilient et outragent la conscience musulmane, comme celles qui piétinent les consciences humaines, qu’elles soient musulmanes, chrétiennes, ou républicaines ? La liberté d’expression qui brûle un drapeau tricolore serait-elle encensée de la même manière que les dessins de Charlie Hebdo ? Ou bien la liberté d’expression supporte-t-elle deux poids deux mesures ?  Faut-il s’indigner pour un drapeau incendié et rire grassement de caricatures qui blesse des croyants comme exemples de la « liberté d’expression » ?

La vraie question n’est pas de savoir si on a le droit de tout dire, de tout écrire au nom de la sainte liberté d’expression ! La vraie question est de savoir si la liberté d’expression a le droit de piétiner la liberté de conscience et d’humilier sans cesse avec insistance, la conscience humaine, la conscience croyante !

La séparation entre le religieux est le profane trouve dans notre pays son expression théorique dans le concept de « laïcité ». Séparer le pouvoir politique et le pouvoir religieux est une bonne chose : la religion qui se mêle du temporel finit par devenir une théocratie ou l’Homme prend la place de Dieu. Mais la politique qui ignore et rejette la religion finit par devenir une dictature contre la conscience humaine qui piétine la liberté de croire et de vivre sa foi. Et engendre tôt pou tard révolte ou violence.

Jésus nous invite à ne jamais mélanger le spirituel et le temporel. « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Evangile selon Matthieu 22, 21) Mais l’un et l’autre ont des liens qui ne peuvent s’ignorer, à commencer par la conscience humaine qui veut s’engager, d’un côté, au service de la cité pour le « vivre ensemble » de l’autre côté, pour que Dieu soit reconnu et aimé.

No pasaran ! « Ils ne passeront pas » Cette expression du Président Emmanuel Macron, doit-elle nous rappeler que les belles phrases politiques qui ont une histoire (les Républicains espagnols face à la montée du franquisme) peuvent exprimer une idée et rappeler l’échec cuisant d’un engagement qui n’a pas trouvé les moyens de ses ambitions.

Dieu n’est pas l’ennemi de César. Dieu n’est jamais l’ennemi de l’Homme, sinon il convient de détruire cette caricature de Dieu !

Rendre à César ce qui est César et à Dieu ce qui est à Dieu, ne revient-il à mettre en pratique l’intuition que le pape François développe dans sa dernière encyclique TOUS FRÈRES «Fratelli tutti ». Mais qui se saisira de ce texte et l’accueillera avec bienveillance ?

Le séparatisme religieux est le résultat d’une liberté d’expression bête et méchante. Qui voudrait appartenir à une république vexatoire qui se plaît à se moquer et à blesser ? Cette liberté d’expression qui piétine la fraternité, qui outrage le frère en raillant des idées, cette liberté d’expression qui vise à humilier ou à provoquer son prochain dans ses convictions intimes, dans ses valeurs ou dans sa foi, ne saura construire qu’une société éclatée et des citoyens blessés, capables de se révolter ou de tuer pour défendre leurs idées. Elle détruira même la fraternité durablement en créant des divisions radicales. Une liberté d’expression sans respect du frère prépare la ruine des valeurs qu’elle prétend défendre.

"Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots." (Martin Luther-King)

 

 

 

Partager cet article

Repost1
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article