Dans la tradition catholique, les croyants manifestent souvent une grande dévotion aux saints, aux anges, et une particulière piété envers la Vierge Marie. La fête de l’Assomption, le 15 août, a donné, grâce à Louis XIII, un jour férié en France. C’est l’occasion d’innombrables processions et célébrations mariales dans petits ou grands sanctuaires.
Vue de l’extérieur, surtout par nos frères réformés, évangéliques, ces dévotions et les pratiques populaires qui y sont associées (processions mariales ; vénération des reliques ou des statues ; neuvaines ou icônes ; messe en l’honneur d’un saint, etc.) pourraient passer pour de l’idolâtrie. Et des attitudes extérieures, des expressions spirituelles, ou des malentendus sur le culte des saints peuvent induire les croyants en erreur ou manifester une vraie ambiguïté.
Toute dévotion chrétienne part du Christ et nous ramène au Christ. En contemplant les saints, nous admirons l’œuvre de Dieu dans leur vie et nous cherchons dans leur témoignage de vie, un exemple et un appui spirituel qui nous aide à orienter notre propre chemin de foi vers le Christ : notre Seigneur et notre seul Sauveur. En priant les saints, et particulièrement la Vierge Marie, nous demandons leur aide et leur soutien afin qu’ils nous aident à grandir dans la foi au Christ : « Marie, prie pour nous, pauvres pécheurs. » Parfois, nous prions avec des formules qui peuvent prêter à confusion : « St Antoine, je te prie de m’aider à retrouver mes clés… Ste Rita, soutiens ma famille dans cette situation désespérée… St Michel, libère-moi de cette tentation… ». Que nos prières soient toujours consciemment orientées vers Dieu, même si nous demandons l’aide et le soutien de nos « grands frères et sœurs dans la foi » que sont les saints et les anges ! Quand nous gardons une affection ou une dévotion particulière pour un saint local, pour notre saint-patron ou pour notre ange-gardien, nous exprimons ainsi que notre foi a besoin d’être enracinée, inculturée, dans des réalités concrètes plus faciles à appréhender que des concepts théologiques. N’oublions cependant jamais qu’une dévotion qui nous détournerait de Dieu, et nous séparerait de l’Eglise (qui pose parfois des limites ou refuse de reconnaître certains lieux ou phénomènes surnaturels) ne seraient certainement pas profitables à une foi véritablement enracinée dans le Christ. Lui seul « a les paroles de la vie éternelle ! » (Jean 6, 68)
Quand nous obtenons une grâce après avoir invoqué ou prié un saint, n’oublions pas que celui-ci n’est que le facteur, le messager ou le livreur ! Les saints sont proches de nous parce qu’ils sont humains et ont été des chrétiens qui ont laissé une trace dans l’histoire ! Nous avons plus de faciliter à les interpeller parce qu’ils nous ressemblent davantage ! Mais le véritable Bienfaiteur, celui que nous avons à remercier, c’est Dieu : le Père qui agit par son Fils Jésus-Christ dans l’Esprit-Saint : « Par Lui, avec Lui et en Lui, tout honneur et toute gloire ! »