Brassac, le 3 septembre 2026
Monsieur James David Vance,
En tant que vice-président des Etats-Unis, vous portez de grandes responsabilités pour l’avenir du monde. Vous revendiquez depuis quelques années une foi catholique éclairée par la figure et l’enseignement de St Augustin. Je dois avouer qu’en tant que chrétien, croyant et prêtre, j’ai été vraiment interpellé et inquiété par vos récentes déclarations (Post cast « La fin des temps – 31 août 2026) Vous déclarez notamment que « Ce sur quoi j’essaie de me concentrer, c’est d’accomplir autant que possible l’œuvre de Dieu dès maintenant. Et si cela conduit à la fin des temps, ainsi soit-il. »
En bon disciple de St Augustin, j’imagine que vous faites clairement la distinction entre fin des temps et fin du monde et vous vous gardez bien que faire quelques prédictions hasardeuses. « C’est par la transformation de toutes choses, non par leur destruction, que ce monde passera. » affirme St Augustin, et j’imagine que vos engagements et votre mission comme gouvernant de la première puissance mondiale vous confèrent des responsabilités éminentes dans la transformation de la Cité terrestre.
Permettez moi toutefois une petite mise en garde : depuis le fond des siècles, ils ont été nombreux ceux qui ont voulu très sincèrement accomplir « l’œuvre de Dieu », en premier lieu, au temps de Jésus, les grands prêtres et les scribes qui ont scellé la condamnation du Christ à être crucifié. « Les chrétiens attendent le jugement dernier, mais ils redoutent néanmoins l’épreuve qui le précédera, et dont ne sortiront vivants pour l’éternité que les saints, ceux qui auront aimé Dieu jusqu’au bout. Les autres seront jetés au « feu éternel. » (La Cité de Dieu 20, 16)
L’avènement du Règne de Dieu et travailler au retour du Christ est bien la responsabilité première du chrétien : qu’il soit prêtre anonyme, curé de campagne ou vice-président des Etats-Unis. Toutefois, les influences et les enjeux économiques, financiers, les luttes de pouvoir et les ambitions personnelles peuvent facilement nous détourner d’un objectif aussi légitime. Quand en plus, on est patronné par un colistier aussi mégalomane qu’imprévisible, il s’agit de garder bien en tête, et encore plus au fond du cœur, que l’œuvre de Dieu, c’est Dieu qui l’accomplit et que nous n’en sommes que les humbles serviteurs, et non les architectes !
« Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau. » Les gens lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » (Jean 6, 27-29)
« Seigneur Dieu, / Donne-nous la paix / – puisque tu nous as tout donné – / la paix du repos, la paix du sabbat, / la paix qui n’a point de soir. / Car tout cet ordre très beau / de choses qui sont très bonnes / épuisera ses modalités et passera : / oui, un matin en elles a été fait, et un soir. » (Les Confessions 13, 35)
Recevez mes plus cordiales et fraternelles salutations en Christ.
Xavier CORMARY, prêtre
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