J’ai un peu hésité avant d’écrire ces lignes tant les fractures dans notre société et les réactions peuvent être virulentes et violentes quand il s’agit de se positionner sur les questions sociales, politiques ou de donner un avis sur l’actualité.
Pourtant, aujourd’hui, j’ai besoin de donner mon avis, de donner mon avis de citoyen et de chrétien, de chrétien citoyen français.
J’ai écouté à la radio le discours de présentation des orientations budgétaires de M. François BAYROU pour l’année 2026. J’ai été interpellé par l’analyse et les constats du Premier Ministre qui relèvent, me semble-t-il, du bon sens et d’une lucide analyse de la situation de la France : depuis longtemps, on dépense trop et on ne produit pas assez !
Les grandes mesures annoncées sont nombreuses et il m’a semblé que les orientations proposées allaient dans une direction qui permettraient un rééquilibre des comptes de l’Etat, sans provoquer un électrochoc de rigueur budgétaire, qui tôt ou tard, s’avèrerait nécessaire si le massage cardiaque proposé par M. Bayrou n’est pas mis en œuvre.
De nombreuses critiques sont exprimées, depuis la prise de parole du chef du gouvernement, pour dénoncer telle mesure et condamner ce qui est envisagé dans le budget 2026 dans l'objectif de réduire le déficit. Force est de constater que les propositions alternatives ne sont pas nombreuses : « Surtout pas ça, ni ça, ni ça ! » Alors on fait quoi ?
Sans être un spécialiste et un économiste patenté, des mesures de bon sens s’imposent pour des économies sur les gaspillages : l’immobilier en désuétude, la fermeture d’agences et de services inutiles ; cet aspect-là mériterait sans doute d’être accentué et de pousser vraiment plus loin la réduction du train de vie de l’Etat. Ensuite évidemment, bousculer les habitudes et visiter le porte-monnaie des millionnaires, des malades, des salariés, des retraités, des pensionnés et demander aux entreprises de participer à la simplification administrative, ça ne plait pas à grand monde.
Les uns trouvant qu’on en demande trop aux uns et pas assez aux autres, les autres trouvant qu’on en demande trop à ceux-ci et pas assez à ceux-là. Les idées fixes idéologiques de la gauche sur la taxation des riches et des patrons, et celles de la droite qui dénonce l’immigration comme cause de tous les maux, ne sidèrent et me laisse penser qu’aucun des élus de la Nation ne se sent responsable d’œuvrer pour le Bien commun et pour l’avenir de la France, dans un esprit de consensus constructif. Le bouc-émissaire est toujours "l'autre". Chacun voit midi à sa porte, avec des arrière-pensées électoralistes ou des convictions rétrogrades et partisanes qui ne vont conduire qu’au chaos de la Nation.
Le sujet de crispation pour la suppression jours fériés est presque risible : certains élus qui sont les héritiers de ceux qui ont refusé à l’Europe de reconnaître ses racines chrétiennes, ceux qui sont les partisans du travail du dimanche, sont bien mal inspirés d’invoquer aujourd’hui une atteinte à l’histoire ou à nos racines ! Quand moins de 4% des français se rendent à l’église, même pour les grandes fêtes chrétiennes, n’est-il pas opportun de se poser même la question de décaler la célébration de la fête de l’Ascension au dimanche suivant, comme cela se fait déjà dans de nombreux pays européens ? Venant d’un prêtre, j’imagine que ce questionnement pourra surprendre ou même scandaliser ! Mais reconnaissons clairement qu’il y a bien longtemps que la fille aînée de l’Eglise a renié sa Mère ! En chrétiens conscients des enjeux qui sont devant nous, ne devons-nous pas envisager ce genre de décision comme possibilité concrète pour le service du Bien commun ?
Les propositions ouvertes du Premier Ministre me semblent assez équilibrées pour inventer les moyens qui sauront répondre à un objectif d’économies de 43 milliards. Mais il est surtout important d’envisager, chacun dans sa situation, de voir ce qu’il peut faire de bien, de mieux, pour la société : qu’il soit chômeur travailleur, fonctionnaire, retraité ou bénéficiaire, à quelque niveau que ce soit, des acquis sociaux et des investissements de l’Etat. Contribuer financièrement, éviter le gaspillage (dépenses de santé ; fraudes ; économies partout ; attitudes écologiques…) ; contribuer humainement ; dénoncer et refuser le mirage des idées populistes... Finalement, il s’agit, à mon sens, se demander : « Quel est l’effort que MOI, je suis prêt à faire ? », pour arrêter de penser que ce sont les autres qui doivent payer !
Le Premier Ministre propose aux partis politiques, aux partenaires sociaux et même aux citoyens d’apporter une contribution et des « idées plus intelligentes » pour construire le budget de la nation.
Voilà donc quelques-unes de mes idées qui méritent sans doute d’être commentées et amendées :
- Les 11 000 prêtres en France bénéficient historiquement d’une niche fiscale qui leur permet, en déclarant le traitement que l’Eglise leur verse, de ne pas être imposable : en effet dans les revenus d’un prêtre, les offrandes de messes ne participent pas au revenu fiscal de référence. Avec 200 ou 250 € d’impôts payés par chaque prêtre, ça ne comblera pas le déficit public, mais il s’agit, comme je l’ai dit, de commencer par montrer l’exemple ! D'autres niches fiscales qui n'ont aucune raison d'être pourraient être abandonnées.
- Sans supprimer subventions ou soutiens, pourquoi ne pas réduire de 3% toutes les aides aux investissements matériels et aux projets de chantiers ou autres infrastructures : au lieu de donner 100 000 € pour restaurer la cathédrale ou le gymnase de la commune, l’Etat ne verserait que 97 000 €.
- Accentuer véritablement la chasse aux fraudeurs de tous poils : j’ai croisé un gars qui vit tranquillement en Australie grâce au RSA que la France lui verse chaque mois ! Les fraudeurs fiscaux devraient être saisis de 3 fois le montant de leur fraude ! Pareil pour les patrons voyous qui exploitent la précarité ou la misère humaine !
- Revoir le tiers-payant pour les personnes imposables ou avec un revenu correct (afin de prendre conscience du coût de soins médicaux.) Que le coût de nos soins arrive devant nos yeux, et sur notre relevé bancaire, même si c’est remboursé !
- Les collectivités locales, quoi qu’on en dise, ont un personnel de dingue, dont la productivité reste à démontrer. Dans un lieu que j’ai connu, j’ai appris que certains fonctionnaires territoriaux travaillent 32 h par semaine avec 7 semaines de congés payés, sans condition de pénibilité ! Acquis sociaux ou injustices sociales ?
- Réduire les taxes sur le travail, et augmenter celles sur le capital dormant, spéculatif … C’est déjà en cours, mais on ne voit pas beaucoup de changements positifs dans ce domaine…
- Ceux qui veulent acheter des montres, des voitures ou des produits de luxe les achèteront même si leur prix augmente de 10 ou 20 % : qu’attend-on pour imposer une TVA à 30 ou 35% sur le luxe ? Taxons les riches sans les faire fuir à l’étranger !
- Lancer une grande consultation citoyenne sur internet pour faire l’état des lieux des gaspillages pour les chasser et prendre les mesures anti-gaspi. Dans une société d’abondance, on a oublié que tout gaspillage évité est une économie réalisée.
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