Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Archives

Publié par Miniritou

Christianisme : jeter le bébé avec l’eau du bain ?

2000 ans d’histoire et comment évaluer le rôle de l’Eglise dans le progrès et le développement humains ? On peut faire preuve de révisionnisme historique en n’évoquant que l’Inquisition, les croisades, les affrontements œcuméniques, la colonisation et les conversions forcées, l'affaire Galilée, les prêtres pédophiles, etc. sont aussi les fruits d’une Eglise qui, à nos yeux du XXI° siècle, n’a pas été fidèle au message de Jésus. Mais il n'est pas intellectuellement honnête d'oublier aussi la grandeur et la noblesse apportée par le christianisme à l’humanité entière.

Si on regarde les vingt siècles d’histoire qui nous séparent de Jésus-Christ, nous constatons que dans bien des domaines, l’humanité demeure dans les ténèbres. Les guerres, les génocides sont toujours d’actualité. Autrefois, les peuples se faisaient la guerre, et la loi du Talion était de rigueur. Si l’Evangile n’est pas arrivé à apaiser les antagonismes, l’Eglise a sans doute contribué à les rendre moins fratricides : le pardon et l’amour des ennemis est au cœur du message chrétien. Ainsi, on a vu les ennemis fraterniser le temps d’une veillée de Noël, dans les tranchées de la Première Guerre Mondiale. Les agressions inter-ethniques, racistes, antisémites, si elles ont longtemps été tolérées même au sein de l’Eglise, sont aujourd’hui largement combattues au nom même de la fraternité universelle que le Christ apporte à tous les humains.  

Les moines défricheurs qui ont inventé des techniques agricoles, les abbayes et les universités qui ont développé la culture et les enseignements, La peinture de Giotto ou de Fra Angelico, la sculpture de Michel Ange, la musique de Mozart ou de Bach, l’architecture des bâtisseurs de cathédrales et celle du Corbusier, les fresques de Chagall ne sont-ils pas les fruits de leur foi associée de leur génie créatif ?

Les médicaments, les plantes médicinales ont souvent été expérimentées dans les couvents. A la Révolution française, beaucoup de doléances ont été rapportées par le clergé qui assumait ce rôle d’érudition auprès d’une population majoritairement illettrée. Les écoles, les hôpitaux sont nés du désir de l’Eglise de permettre au plus grand nombre d’accéder à la formation, aux soins. Nombre de congrégations religieuses ont été fondées et demeurent au service de la promotion sociale des femmes, chez nous, et désormais ans de nombreux pays du monde. Les soins palliatifs ont aussi germé dans la tête d’un médecin suisse protestant. Le rôle de la papauté, de la diplomatie vaticane dans l’histoire est incontestable, sans oublier l’influence du pape Jean-Paul II pour la chute du Mur de Berlin. Des chrétiens convaincus comme Robert Schuman, Jean Monet ont été inspirés par leur foi pour faire naître l’Europe.

La promotion de l’homme au travail a aussi été un souci de l’Eglise. Léon XIII, avec son encyclique Rerum Novarum a inauguré l’enseignement social de l’Eglise dans le magistère. L’écologie a aussi été un souci de l'Eglise la Bible tout comme de la récente encyclique Ladaute si du pape François montre une préoccupation d’une actualité brûlante. Les associations caritatives chrétiennes n’ont pas le monopole du cœur ! Mais l’impulsion initiale qu'elles ont donnée dans bien des domaines a souvent été amplifiée par des croyants qui ont agi en prophètes : avant le Père Damien et Raoul Follereau, qui se souciait des lépreux ? Avant l’abbé Pierre, qui donnait de la place aux marginaux de l’après-guerre ? Les missionnaires qui vivent dans les « favellas » et des bidonvilles aux quatre coins du monde ne font jamais la Une du journal télévisé. Pourtant, ils sont sur le terrain de la misère tous les jours. 

Enfin, le message même de l’Evangile qui propose une espérance au-delà de la mort apporte paix et réconfort a tant de personnes. La prière des croyants, si elle a du mal à transformer le monde, transforme pourtant les croyants eux-mêmes qui cherchent à ressembler, avec plus ou moins de succès, à leur Seigneur et Maître, Jésus-Christ. 

On peut regretter le passé dans ses travers. On peut aussi reconnaître les mérites et les apports incontestables que le christianisme a développé au sein de notre humanité. Les nier, les rejeter, les minimiser n’est pas une attitude honnête et courageuse. Des non-croyants, hostiles à l'Eglise et à son dogmatisme ont au moins le courage de reconnaître cela. Je les remercie de leur honnêteté. Ouvrons les pages de nos livres d’histoire. Et si nous nous reconnaissons dans le message universel de Jésus-Christ, n’oublions pas que la suite de l’histoire est entre nos mains aujourd’hui.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
D
Bonjour<br /> <br /> Merci beaucoup pour vos propos...<br /> <br /> Combien j'y souscris...<br /> <br /> Vous avez fait le résumé de mon livre "Incroyables chrétiens" sorti en 2020. Tous les médias chrétiens avaient salué cet ouvrage. La Croix y avait consacré presque une page entière...<br /> <br /> Belle journée<br /> <br /> En commUNION<br /> <br /> Dominique Boulc'h <br /> <br /> "Non il n'y a pas que l'Abbé Pierre et Guy Gillbert" (préfacé par l'Abbé Pierre - Salvator 2006).<br /> "Incroyables chrétiens" - Salvator 2020.<br /> <br /> dom.boulch@free.fr<br /> <br /> 06 08 22 59 50<br /> <br /> Hennebont, près de Lorient
Répondre