Ce qui remplis ton assiette, c’est ce que tu vas manger. Ce que tu mets dans la gamelle de ton chien, c’est ce qu’il va manger ! Pourquoi diable Jésus serait né et aurait été déposé dans une mangeoire si ce n’était pas pour être mangé ?! Et en plus, il est né à Bethléem, qui se traduit par « maison du pain ».
On a souvent imaginé que Jésus est né sur la paille, mais je dirais volontiers que c’est plutôt sur le foin que sa mère l’a déposé dans la crèche ! Était-ce pour nourrir uniquement les animaux : l’âne et le bœuf et toutes les brebis qui se sont pointées ? Imaginez : déjà Marie et Joseph le dévoraient des yeux, incapables d’imaginer que cet enfant leur était confié mais qu’il venait changer le cours de l’Histoire ! Et les bergers, les mages… Tous l’ont contemplé avec des yeux avides pour saisir le mystère qui leur avait été annoncé ! Si beau et si fragile cet enfant, annoncé par les astres et par la Cour céleste : pouvait-on imaginer qu’il soit venu juste pour qu’on le regarde !??
Un jour, c’est lui qui dira, après avoir croisé tant de pauvres, tant de cœurs affamés : « Je suis le Pain Vivant descendu du Ciel. Mon Corps est la vraie nourriture… » Et ce jour-là, et tous les jours suivants, cet Enfant-Dieu aura laissé à l’humanité une nourriture céleste : le Corps de Dieu livré entre nos mains, comme jadis, confié aux mains de Marie et de Joseph !
Dieu est venu parmi les hommes nous apporter sa Divinité en cadeau : dans ce monde où tellement de gens ont faim, aurait-on pu imaginer que Dieu ne vienne pas lui-même se donner en nourriture, non pas pour vaincre les famines qui tenaillent les corps, mais pour nourrir toutes les autres faims des hommes ? Aux gens gavés et repus, qui n’ont plus goût à rien, aux estomacs gonflés de publicités, de futilités, de nourritures avariées, de messages frelatés, et aux cœurs vides et désemparés… Dieu vient donner une vraie nourriture qui leur ouvre les portes du Ciel !
Le plus grand miracle de tous les temps, ce n’est pas seulement que « l’homme ait marché sur la lune, ni que Dieu ait marché sur la terre » mais que, à chaque messe, Dieu nous donne chaque jour, dans toutes les églises du monde, son Corps en nourriture ! Ainsi, l’homme tient à sa merci Dieu dans le creux de sa main afin qu’il découvre que sa vie et la vie de tout homme est bien dans les mains de Dieu !
Un simple morceau de pain, une hostie insignifiante qui contient Dieu en totalité : à Noël, comment s’extasier devant la crèche, devant des santons en plâtre sans courir chercher, comme un mendiant, la nourriture qui te donne Dieu, le pain qui devient Corps du Christ, le Corps du Christ qui devient Pain du Ciel ?
Noël n’est pas qu’une histoire d’hier, un conte émouvant réservé aux enfants ! Noël c’est aujourd’hui. Dieu avec nous et en nous, c’est chaque jour. Mais pour le comprendre, peut-être faut-il un cœur d’enfant, un cœur capable de devenir une petite crèche, une mangeoire où Jésus viendra naître en toi !
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