Dans une paroisse, comme dans de nombreuses associations : que ferait-on sans les bénévoles qui s’investissent, corps et âme pour assurer une mission, un service, engagés dans une tâche qu’ils accomplissent avec un dévouement admirable !
Il est parfois impressionnant de voir la fidélité et la persévérance de ces gens qui n’attendent ni salaire, ni gratifications, tout juste un merci bien mérité ! Mais il est aussi déroutant de constater que certaines personnes entrent dans la tentation de se croire indispensables. Elles se désolent souvent de devoir assumer diverses missions, d’être trop sollicitées, et lorsqu’on trouve une personne pour les seconder ou les remplacer, ces bénévoles ont beaucoup de mal à faire de la place aux nouveaux venus. Pire encore, je l’ai vécu plusieurs fois ces derniers mois, l’annonce d’un changement ou la nécessité de renouveler un responsable, semble provoquer une crise d’urticaire si bien que le bénévole se sent tout à coup de trop et préfère rendre son tablier et claquer la porte, sans autre forme de discussion, allant jusqu’à prétendre parfois qu’elles ont été remerciées et mise sur la touche.
La frustration, la désolation la déception ou même l’amertume d’être déchargé ou allégé d’une responsabilité accomplie avec fidélité durant de nombreuses années avec un dévouement exemplaire, doivent-ils être la règle après l’abnégation, la générosité, et le don de soi accompli dans ce bénévolat ?
Doit-on se gâcher la vie en pensant (souvent inconsciemment d’ailleurs) que l’on est indispensable et irremplaçable ? La grandeur d’un bénévole n’est-elle pas dans sa capacité à appeler, à accueillir d’autres bénévoles pour partager les tâches et toujours avoir le souci de s’effacer si quelqu’un accepte de s’investir dans la paroisse, dans l’association qui nous tient à cœur ? N’est-il pas réconfortant de voir que d’autres poursuivront, que le travail commencé aura une suite et se prolongera même quand on n’est plus là ?
Accepter une responsabilité, surtout quand elle est bénévole, c’est accepter un service, une mission qui nous fait grandir, et qui peut aussi faire grandir d’autres personnes. Vouloir tout faire, c’est égoïste. Penser que l’on peut continuer à faire et que personne ne peut faire à notre place, c’est insensé et irrecevable. Jésus, dans l’Evangile, met en lumière la personne qui agit avec humilité et simplicité : “Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir.” (Evangile selon St Luc chapitre17, verset 10)