L’autre jour, me voilà décidé à acheter un jambon. Tant qu’à faire, qu’il soit produit localement dans les monts de Lacaune, et si possible, avec un cochon français. Je jette mon dévolu sur une marque d’ici : voulant vérifier la provenance de mon jambon, j’ai toutes les peines du monde à lire l’étiquette aux caractères microscopiques : « viande de porc : UE ». Il parait que les filières porcines françaises ont du mal à faire face à la demande de jambons, comme c’est aussi le cas pour la production des œufs depuis quelques mois. Des règlementations administratives et des contraintes écologiques, sans parler des réticences ou des oppositions du voisinage, seraient à l’origine de certaines importations nécessaires pour couvrir la consommation française…
Beaucoup de français sont conscients que, pour soutenir l’agriculture française, il faut faire des choix de consommation concrets qui privilégient les circuits courts et les productions locales ou nationales. Ils sont conscients que la qualité française est plus onéreuse, mais beaucoup de nos concitoyens sont prêts à acheter des produits bleu-blanc-rouge ! Oui, mais voilà, quand l'origine de la moitié des produits sont mal étiquetés, pas étiquetés, ou que le produit vient d’ailleurs et est juste transformé en France, on a du mal à s’y retrouver !
Pourquoi n’y a-t-il pas de règlementation plus ambitieuse qui oblige à indiquer de manière lisible, claire et systématique la provenance géographique des aliments ou des éléments principaux d’un produit transformé ? Un jeune agriculteur témoignait dans les médias : « Il faut que les français achètent des produits français : c’est comme ça qu’on va sauver notre métier ! » Que les autorités compétentes et les législateurs puissent agir en ce sens ! Je veux manger tarnais. Je veux soutenir nos producteurs français, au marché et au supermarché avec mon porte-monnaie. Est-ce que l’Etat peut m’en donner les moyens ?
Lorsque je fais mes courses désormais, je regarde le prix, mais je regarde aussi rapidement la provenance du produit. Acheter français n’est pas seulement un effort patriotique en soutien à nos agriculteurs. C’est aussi un geste de bon sens, un geste écologique, un acte citoyen, un acte pour la souveraineté alimentaire : c’est le meilleur moyen de s’opposer au libre-échange qu’on veut nous imposer d’en haut ! C’est ça le pouvoir du consommateur !
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