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4 articles avec temoignage

MES LEÇONS DE LA VIE

Publié le par Miniritou

la photo : Histoire de se la péter un peu ... Merci Laurent et photoshop !         .

la photo : Histoire de se la péter un peu ... Merci Laurent et photoshop ! .

A 48 ans, je pense que j’ai dépassé largement la moitié de mon existence. Ces années vécues, avec leur lot de joies, de difficultés, d’épreuves et de réussites, m’ont permis d’apprendre un certain nombre de leçons dans divers domaines. Comme homme, comme chrétien, comme prêtre, je voudrais partager ici ces leçons de vie : elles n’engagent que moi mais sont la substantifique moelle de ce que je retiens de ma vie. Reçois, lecteur assidu de ce blog ou arrivé ici par hasard, ces lignes comme un testament, un hommage, un témoignage.

LA VIE

Pour moi, ce qui est l’essentiel de la vie se résume en deux mots : humilité et gratitude. Face aux autres, face au monde, face aux défis de notre vie, les deux qualités nécessaires pour tenir et avancer : c’est l’humilité pour rester soi-même en toute circonstance, et la gratitude pour s’épanouir dans les relations et pour laisser une belle empreinte dans le cœur des autres.

  • La facilité dans bien des domaines conduit souvent à la médiocrité.
  • L’exigence conduit plus sûrement à l’excellence.

 

LA FOI

Être chrétien pour moi, c’est être profondément, pleinement humain. L’Evangile est un chemin d’humanité. Croire en Dieu est un moyen de croire en l’homme, souvent salaud, parfois saint.  Ma foi s’incarne dans les réalités humaines que je côtoie : les deuils et les naissances, les amours qui naissent, fleurissent, fanent, les espoirs déçus, les échecs douloureux. La foi engage ma vie sur un chemin de cohérence : je ne peux pas croire en théorie et vivre en pratique comme si de rien n’était.

LE CHRIST -DIEU

On oublie souvent que Dieu a créé l’Homme à son image et non pas le contraire. On imagine Dieu tantôt en grand inquisiteur, en père Noël ou en père fouettard.

Dieu est le plus grand supporter de l’Homme, son allié le plus fidèle, jamais son ennemi. Pas facile  quand on constate tant de fanatismes et d’intégrismes…

Jésus-Christ est venu à ras de terre nous dire l’amour indéfectible de Dieu. Il ne vient pas répondre à nos besoins, à nos attentes, mais il vient juste nous libérer du Mal, du péché, de la Mort.

EGLISE

Si souvent indigne et incapable de transmettre le message inouï de l’Evangile, l’Eglise demeure pourtant la communauté de foi pour annoncer le Salut et l’Amour de Dieu. On peut la critiquer si on l’aime et si on accepte de lui donner visage humain en reconnaissant humblement qu’elle porte bien maladroitement une Parole venue de Dieu. Cette Eglise est ma Mère. Elle m’a engendré dans la foi au Christ, en me donnant, tout au long de ma vie, ces personnes qui ont prêté à Dieu leur cœur, leur voix, leur visage et leurs mains.

LE SENS DE LA VIE

Ce qui donne sens à toute chose, à tout projet, à toute relation, à la vie, c’est le poids d’amour que l’on infuse dans chaque chose. On peut trouver du sens à sa vie même en sortant les poubelles, du moment que c’est une tâche accomplie avec amour. Et il faut, à moment donné expérimenter le lâcher prise.

Fais de ton mieux, puis laisse faire Dieu !

LA PRIÈRE

Prier, c’est sortir de soi pour se trouver et se retrouver pleinement en Dieu. La prière peut être un exercice avec une méthode et des règles. Mais la prière est avant tout la seule réalité concrète de notre vie que l’on puisse offrir à Dieu. Je crois qu’une vie sans prière, sans vie intérieure est une vie gâchée, superficielle et creuse. Une vie priante, contemplative, qui se fait offrande à Dieu, à l’autre, est une vie pleine et riche de ce que l’on peut goûter sans jamais le posséder. Dieu se laisse approcher sans jamais se laisser enfermer.

L’AMOUR

J’ai choisi d’aimer en devenant prêtre. Parce que seul l’amour fait la réussite d’une vie. Mon célibat est un signe incompris, et pour beaucoup incompréhensible : ramener l’amour au sexe empêche la vérité de l’amour de se révéler. Aimer, c’est donner sa vie à l’autre, même s’il la rejette, la piétine, l’ignore. Aimer sans raison, sans mesure, infiniment, pur acte de gratuité, nous met en face de l’idéal d’humanité à espérer, à inventer. Un être aimant attire et rayonne. Voilà mon idéal, voilà le chemin de bonheur auquel j’aspire. Jésus, archétype de l’être aimant, pleinement et totalement humain nous en montre le chemin.

 

L’AMITIÉ

L’amitié est un des plus grands trésors de ma vie. Avec les vrais amis, je peux construire une relation unique, réciproque et gratuite. La réciprocité est pour moi un indice d’amitié. J’investis beaucoup d’énergie dans certaines relations, mais je sais au final qu’elles sont provisoires et passagères. Je suis fidèle et tenace en amitié. Ce sont ces relations qui donnent un sens à ma vie parce que les amis comptent sur moi et que je n’ai pas envie de les décevoir. Peu Importe la distance et la fréquence des rencontres : les vrais amis ne sont jamais séparés s’ils cultivent la réciproque attention.

LE TÉMOIGNAGE

Je voudrais toujours donner à voir le meilleur de moi-même. Jamais je ne veux laisser paraître mes défauts, mes travers, mes faiblesses ou mes fragilités. Je les cache, honteusement. Pourtant ils sont bien réels et parfois prégnants. D’où la nécessaire humilité. Pourtant, j’ai des choses à dire, à partager. Ce n’est qu’en donnant envie, en étant contagieux que mon témoignage portera et séduira. Mes pauvretés ne doivent pas être une excuse pour avoir honte de ce que le Seigneur a fait en moi, a fait pour moi.

Vis de telle manière, qu’à ta seule façon de vivre, on pense que c’est impossible que Dieu n’existe pas.

LE PARDON

N’est-ce pas un défi insensé et pourtant, indispensable ? Le pardon n’est pas un cadeau, un chèque en blanc que l’on signerait à celui qui nous a offensé. Pardonner est le seul moyen de vivre en paix avec son passé, d’accepter et de consentir à être blessé, piétiné, ignoré : reconnaître l’offense et regarder en face la gravité de la faute.  Pardonner, c’est un cadeau que l’on se fait à soi-même pour ne plus porter le poids de la rancune, de la haine ou de la soif de vengeance pour la suite de notre vie. Le pardon, je crois que c’est l’œuvre de Dieu en nous pour nous rendre plus humains.

L’ARGENT

Il y a des gens qui sont tellement pauvres, que la seule chose qu’ils possèdent, c’est de l’argent. Du papier, de l’or, des chiffres sur son compte en banque… Accumuler des biens matériels ou pire, de l’argent sur un compte : y a-t-il activité plus futile ? On n’a jamais vu un coffre-fort suivre un corbillard ! Beaucoup de personnes me doivent de l’argent : certains ne s’en souviennent même plus. Que mon argent, que ton argent soit toujours un moyen, et non une finalité et que tu puisses donner sans compter du moment que c’est pour faire une bonne action, une vraie bonne action !  L’avidité et l’avarice sont deux maux qui rendent tristes et seuls, malgré les apparences.

LA JEUNESSE

« La jeunesse n’est pas faite pour le plaisir mais pour l’héroïsme ». Cette phrase lue et méditée depuis mes années lycée m’a toujours inspiré. Les grand idéaux, la noblesse de cœur de tant de jeunes qui se sont donnés, jadis jusqu’au sacrifice de leur vie, semble si étranger à la génération qui monte. Pourtant, cette ambition est encore présente aujourd’hui : j’en suis l’heureux témoin quand je rencontre et échange avec des jeunes. A condition que ça en vaille la peine.

Redonner à chaque jeune l’ambition de donner sa vie pour une juste cause : voilà un défi de taille. Le choix les plus difficiles sont ceux qui engagent toute une vie. Ces choix là exigent des renoncements. Il faut aujourd’hui retrouver le sens de la parole donnée : Je peux me fier à toi parce que tu tiens parole, et parce que je te donne ma parole. Dieu nous a donné sa Parole et il ne la reprend pas. Il ne change pas d’avis, au grès des modes ou des contextes.

 

PARADIS ARTIFICIELS

Alcools et fumées sont les jeux d’adultes en manque d’espérance. Hélas, ils sont aussi des jeux d'enfants qui voient dans ces voies-là un moyen de devenir adulte... Triste mirage ! Nombre de tragédies humaines proviennent ou conduisent à ces paradis artificiels, faute de savoir, de pouvoir croire en un paradis réel.  Si les échecs et les épreuves conduisent à des impasses, la vie ne vaut rien et nous sommes prisonniers de la fatalité et de la déchéance. Rien ne vaut la vie !

LA SOCIÉTÉ DU XXI° SIÈCLE

Notre monde est en crise, parce que l’humanité est en crise : crise de sens, crise économique, écologique. Chaque époque connaît ses tourments. Aujourd’hui bien plus que par le passé, les moyens de communication étant devenus puissants et incontournables, le monde court derrière l’idée que l’individu est au centre de l’univers.  L’Homme veut prendre la place de Dieu. Chacun devient son propre référentiel. Cette société fait croire que Dieu est dépassé et inutile. L’oubli d’un Dieu Créateur et Sauveur fabrique l’homme prédateur de l’homme et conduit au malheur de l’humanité.

LE TEMPS

« Je n’ai pas le temps » : quelle connerie ! Bien s’occuper, sans être trop surbooké, c’est d’abord apprendre à écouter, à regarder, à contempler, à vivre l’aujourd’hui qui passe et prendre les moyens pour s’attacher à vivre des moments de qualité qui auront le goût de l’éternité promise. Cela exige de faire des choix : on ne peut pas tout faire, être partout, tout voir.  Le temps c’est de l’amour. Le moment pour être heureux, c’est maintenant. Le lieu pour être heureux, c’est ici.

LE CORPS

Je suis mon corps. Mon corps exprime un peu ce que je suis, qui je suis. Il est le sanctuaire de mes joies, de mes plaisirs : les rires et la gourmandise. Il est le temple de mes tourments et de mes fragilités : désirs, pulsions et passions, limites physiques. Mais mon corps ne peut pas, ne sait pas dire le TOUT ce que je suis.  Prendre soin de ce corps est une nécessité : mais je ne dois pas oublier le reste de mon être. Puis-je être insensé au point d’entretenir mon corps sans nourrir mon intelligence et mon âme ?

 

L’AME

Cette part de moi-même, insondable, insaisissable : ce sanctuaire intime de ma conscience : n’est-il pas le lieu du face à face, du cœur à cœur avec moi-même et avec Dieu ? Là, se fait entendre la voix de Dieu pour faire les bons choix : « Fais ceci, évite cela ! » Beaucoup cherchent Dieu à l’extérieur alors qu’ils l’ont déjà à l’intérieur. Ils n’ont jamais exploré le tréfond de leur cœur. Pas étonnant qu’ils n’aient pas croisé leur Créateur ! L’être humain est corps, intelligence et esprit. C’est au fond de cet esprit que Dieu aime résider. Le plus court chemin pour aller à Dieu est de passer de la raison au cœur, sans oublier l’un pour l’autre.

LA SOUFFRANCE

Immense mystère : toute souffrance nous arrache à notre humanité et handicape notre désir de Dieu. Nous sommes faits pour Dieu. La souffrance et le péché nous détournent de notre destinée. Souffrir n’apporte aucun mérite et aucune consolation. Souffrir n’apporte aucun Salut divin. Le seul chemin de Salut se vit dans l’amour, par amour, même et surtout dans la souffrance. Il réside dans la constance de notre Amour, de notre cœur ouvert à la grâce pour que aucune souffrance ne soit un obstacle à l’Amour.

LA MORT

Je pense souvent à ma propre mort. Quand ? Comment ? Prochaine ou encore lointaine ? Qui sait…

Elle sera pour moi « la langue au chat » pour ces devinettes que la vie nous pose et qui restent sans réponse. La mort est le plus certain des événements de notre vie. Pourquoi la fuir ? Pourquoi essayer de l’oublier ou de faire comme si elle n’existait pas ! C’est débile : on n’a pas le droit de fuir la mort en risquant sa vie bêtement. On n’a pas le droit de chercher la mort en fuyant la vie. C’est bien parce que je vais mourir un jour que la vie vaut la peine d’être vécue. La vie est un cadeau. La mort est un cadeau, comme le dit St François dans son Cantique : la mort est un Passage, un tunnel qui nous fait entrer pleinement dans la vraie vie.

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Accueillir les enfants d'Halloween

Publié le par Miniritou

Être chrétien ne devrait pas nous empêcher d'accueillir avec bienveillance et charité ces enfants déguisés en petits monstres ou en vilains alliens qui viendront frapper à notre porte ce soir pour Halloween. Certes, si cette fête n'est pas en phase avec nos valeurs, celles que porte la foi chrétienne, il est malgré tout intéressant de profiter de l'occasion pour un témoignage de foi : après tout, ce n'est pas si souvent que l'on vient frapper spontanément à notre porte en attendant quelque chose de nous !

Accueillir ces enfants, en leur offrant une friandise et éventuellement en amorçant une discussion peut être l'occasion d'un témoignage : en demandant leur prénom, dites-leur par exemple : "Pour moi, ce qui est plus important, ce n'est pas la mort et les fantômes, mais Jésus qui veut apporter aux hommes la joie et la lumière" . Pourquoi ne pas offrir une image  pieuse, une photo ou un chapelet à ces enfants  ? Et surtout, s'ils leur prénom en leur disant que vous allez prier pour eux !

Pourquoi Halloween est une ineptie, non dans ses pratiques concrètes, mais dans ses intuitions qui échappent généralement à tous les enfants qui sont sans arrière pensée ?

- Parce que le déguisement et l'ironie que l'on associe à la mort tournent en dérision un sujet qui nous touche et nous fait mal : la mort d'un proche n'est jamais une farce ! Halloween évacue notre humanité et la réalité de notre mort, de la mort comme un sujet sérieux qui nous concerne et nous atteint pour de vrai !

- Parce que dans cette fête d'Halloween il n'y a aucune transcendance, si ce n'est celle qui nous verse dans un imaginaire effrayant et terrifiant. Elle n'apporte pas d'espérance à ceux qui fêtent, célèbrent et vivent Halloween. C'est vrai : le monde des ténèbres a quelque chose de fascinant et d'attirant. Pourtant, même si Halloween est simplement une occasion de faire une fête "gore" dans l'horreur et l'épouvante, et de se grimer gentiment pour un carnaval d'automne, je ne suis pas sûr qu'elle n'influence pas inconsciemment la rapport à la mort et au Mal. Certains, très minoritaires vont profiter de cette fête pour accomplir des actes de profanations ou blasphématoires.  Or si Dieu et Diable n'ont vraiment rien à voir dans ce sombre carnaval, pourquoi de tels actes ?

Sans diaboliser et "jeter le bébé avec l'eau du bain", en rejetant d'un revers de main ces pratiques carnavalesques, il serait bien dommage de ne pas profiter d'Halloween pour donner à nos enfants l'occasion de désirer, de regarder, et de chercher le Beau et le Bien, en jetant un regard bienveillant sur la mort, comme chemin qui conduit à la rencontre avec les Vivants !

Accueillir les enfants d'Halloween

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Timidité ou honte ? ou : laïciser la République ou le christianisme ?

Publié le par Miniritou

Un message émanant d’une grande organisation de parents d’élèves souhaitant  « d’excellentes fêtes laïques de fin d’année » à ses adhérents m’interpelle et me questionne.  Les adhérents chrétiens, même s’ils sont minoritaires dans cette association, sont-ils explicitement exhortés à fêter Noël de manière laïque ? La laïcité qui nie les convictions des citoyens peut-elle encore conduire au vivre ensemble ? Et peut-on réagir à ce genre de propos en dressant une crèche dans son jardin sans risquer d’être accusé de mettre la laïcité en danger ?

Plus concrètement, les chrétiens ont-ils encore le droit de dire publiquement que Noël est la fête de la naissance de Jésus, le Fils de Dieu, le Messie attendu ? Ai-je la possibilité de souhaiter à mes proches, à mes amis sur Facebook ou dans la rue une bonne et sainte année 2017, en leur disant aussi que je prie pour eux  sans qu'ils se sentent agressés ?

Autrefois, dans les familles, quand la foi était majoritaire, les anciens n’avaient pas peur d’exiger de leurs descendants le baptême du petit ou le catéchisme pour les enfants. Au point que ces exigences avaient souvent l’effet inverse : rebuter et braquer des parents qui entendaient s’affranchir de la tutelle des parents ou grands parents donneurs de leçons pharisiennes !

Aujourd’hui, plus question d’exiger quoi que ce soit pour les petits enfants ! Il serait bien trop honteux d’envoyer un enfant au catéchisme alors que ce n’est plus vraiment tendance ! Beaucoup de chrétiens eux-mêmes ne savent plus témoigner auprès de leurs proches de leur attachement au Christ. Autour de moi, des chrétiens se sont même abstenus de participer à la messe de Noël simplement parce que les enfants venaient manger à la maison et que la messe n’était pas au programme ! Quel témoignage incohérent !

Le pape François interpellait  un jour ses auditeurs : "Nous avons tous la responsabilité de donner le meilleur que nous avons et ce meilleur, c’est la foi : il faut la leur donner par l’exemple! Les mots sont inutiles… Aujourd’hui, les mots ne servent à rien ! Dans ce monde d’image, ils ont tous un portable et les mots sont inutiles… L’exemple ! L’exemple ! Qu’est-ce que je leur donne ?" (Novembre 2014)

Comme chrétiens, nous avons le devoir, le droit de prier pour nos voisins, pour nos enfants… C’est une manière de leur souhaiter le meilleur pour 2017 ! Et Pourquoi ne pas avoir aussi  l’audace de le leur dire, de le leur écrire, car ça n’engage que nous ! Et c’est déjà une belle manière de témoigner de sa foi sans déranger les convictions de ceux à qui on s’adresse.

Chers lecteurs de ICTHUS, permettez-moi donc de prier pour vous : ça n’engage que moi après tout ! Que le Christ règne dans vos cœurs et vous donne le meilleur tout au long de cette année 2017 !

Timidité ou honte ? ou : laïciser la République ou le christianisme ?

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Confession intime d'un curé sans super pouvoir

Publié le par Xavier CORMARY

« Si les gens savaient ce que nous vivons comme prêtres, on refuserait des candidats au séminaire. »

Parole entendue au cours de ma retraite, je me suis dit : c’est quand même vrai que j’ai une vie extraordinaire.

Je ne suis pas super-curé, quoi que parfois, je m’en rapproche… Mais j’ai une belle vie, une vie belle, offerte au Christ et donnée aux hommes. Et s’il y a bien des contrariétés ou des difficultés, je dois bien reconnaître que je suis comblé.

 

Descendre sur terre : un homme ordinaire

Il faut bien d’abord reconnaître que je suis un type ordinaire, banal, et même médiocre parfois. J’ai bon appétit, et je me gave de chocolat quand l’occasion se présente. Je ronronne devant les flatteries même si j’exècre l’attitude qui les provoque ; j’ai même tendance à m’attacher à ma voiture et à mon chat de manière déraisonnable. J’ai des pensées d’orgueil, de satisfaction et une paresse récurrente qui est parfois un handicap dans ma vie quotidienne. J’ai aussi des idées tordues, des fantasmes inavouables, et des regards, des paroles blessantes. Bref, je suis un homme, pas un Dieu. Le costume de « super Xavier » que l’on voudrait que je porte parfois serait un mensonge éhonté, et une habit bien trop grand pour moi. Tout cela m’empêche donc de me surestimer et me fait redescendre sur terre lorsque la grosse tête me guette…

 

Monter sur la montagne : un prêtre de Jésus-Christ.

Se découvrir aimé inconditionnellement, percevoir que le Seigneur a posé sur moi son regard de miséricorde, un regard qui élève, ça donne la patate ! Mes faiblesses ne sont pas niées ou évacuées, mais à cause de cet amour de Dieu, je peux être sûr que le Christ va pouvoir s’attaquer à mes merdouilles pour en faire des merveilles.

J’ai été appelé. J’ai ressenti cet appel : « moi ? C’est vraiment moi que tu veux ? »

Franchement, ça fout la pétoche au départ : je ne suis pas capable, je n’y arriverai pas ; le célibat, et toutes ces années d’études : de la philo en plus ? Berk … Franchement Seigneur, choisis-en un autre ! Un jour cet appel a été relayé et confirmé par l’Eglise… La joie a été plus forte que la peur. Je me suis avancé, j’ai répondu OK ; je me suis allongé* (Prostration le jour de mon ordination). 15 ans déjà que ce jour du grand OUI a eu lieu. Depuis, ce sont les OUI du quotidien qu’il faut redire et reredire… En fait, les peurs que j’avais n’ont jamais été le reflet des difficultés réelles que je connais ! Comme quoi, on se fait toujours un trip ! Et 15 ans de messes, de confessions, de rencontres, d’accompagnements, dans les joies et les peines des hommes : ça commence à faire ! Des rencontres m’ont façonné, des événements m’ont transformé et d’autres m’ont brûlé. Mais tout a contribué à faire de ma vie une belle aventure jusqu’à ce jour. Franchement, les doutes sont là, les déceptions aussi, les échecs parfois, mais les regrets : JAMAIS !

Un sondage a révélé que les prêtres étaient les plus heureux dans leur vie « professionnelle ». Je confirme par mon témoignage cet état là : ce n’est pas seulement parce qu’on est connecté directement à Celui qui est la source de la joie. Mais c’est aussi parce ma joie du prêtre est humaine avant d’être divine, profondément humaine. Peu importe les caricatures qu’on fait du prêtre que je suis dans les média et la société ! Le mariage des prêtres passionne l’opinion ? Pff, c’est juste parce qu’on se demande ce que le prêtre fait de son zizi… Un prêtre pédophile à la Une du 20 Heures ? Lamentable et déplorable, mais qui est sans péché, sans perversité qu’il cache soigneusement…

 

Ma joie de prêtre, c’est d’être humain comme le Christ, c’est d’humaniser la terre avec le Christ ! Fort de Lui, faible de moi, mon sacerdoce est déjà un avant goût du ciel sur la terre. Et si tu ne crois pas au Ciel, alors regarde un prêtre qui confesse… Regarde-moi vivre… Je ne suis pas un exemple… J’essaie juste bien difficilement d’être un témoin !

Confession intime d'un curé sans super pouvoir

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