Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

20 articles avec pretre

MES LEÇONS DE LA VIE

Publié le par Miniritou

la photo : Histoire de se la péter un peu ... Merci Laurent et photoshop !         .

la photo : Histoire de se la péter un peu ... Merci Laurent et photoshop ! .

A 48 ans, je pense que j’ai dépassé largement la moitié de mon existence. Ces années vécues, avec leur lot de joies, de difficultés, d’épreuves et de réussites, m’ont permis d’apprendre un certain nombre de leçons dans divers domaines. Comme homme, comme chrétien, comme prêtre, je voudrais partager ici ces leçons de vie : elles n’engagent que moi mais sont la substantifique moelle de ce que je retiens de ma vie. Reçois, lecteur assidu de ce blog ou arrivé ici par hasard, ces lignes comme un testament, un hommage, un témoignage.

LA VIE

Pour moi, ce qui est l’essentiel de la vie se résume en deux mots : humilité et gratitude. Face aux autres, face au monde, face aux défis de notre vie, les deux qualités nécessaires pour tenir et avancer : c’est l’humilité pour rester soi-même en toute circonstance, et la gratitude pour s’épanouir dans les relations et pour laisser une belle empreinte dans le cœur des autres.

  • La facilité dans bien des domaines conduit souvent à la médiocrité.
  • L’exigence conduit plus sûrement à l’excellence.

 

LA FOI

Être chrétien pour moi, c’est être profondément, pleinement humain. L’Evangile est un chemin d’humanité. Croire en Dieu est un moyen de croire en l’homme, souvent salaud, parfois saint.  Ma foi s’incarne dans les réalités humaines que je côtoie : les deuils et les naissances, les amours qui naissent, fleurissent, fanent, les espoirs déçus, les échecs douloureux. La foi engage ma vie sur un chemin de cohérence : je ne peux pas croire en théorie et vivre en pratique comme si de rien n’était.

LE CHRIST -DIEU

On oublie souvent que Dieu a créé l’Homme à son image et non pas le contraire. On imagine Dieu tantôt en grand inquisiteur, en père Noël ou en père fouettard.

Dieu est le plus grand supporter de l’Homme, son allié le plus fidèle, jamais son ennemi. Pas facile  quand on constate tant de fanatismes et d’intégrismes…

Jésus-Christ est venu à ras de terre nous dire l’amour indéfectible de Dieu. Il ne vient pas répondre à nos besoins, à nos attentes, mais il vient juste nous libérer du Mal, du péché, de la Mort.

EGLISE

Si souvent indigne et incapable de transmettre le message inouï de l’Evangile, l’Eglise demeure pourtant la communauté de foi pour annoncer le Salut et l’Amour de Dieu. On peut la critiquer si on l’aime et si on accepte de lui donner visage humain en reconnaissant humblement qu’elle porte bien maladroitement une Parole venue de Dieu. Cette Eglise est ma Mère. Elle m’a engendré dans la foi au Christ, en me donnant, tout au long de ma vie, ces personnes qui ont prêté à Dieu leur cœur, leur voix, leur visage et leurs mains.

LE SENS DE LA VIE

Ce qui donne sens à toute chose, à tout projet, à toute relation, à la vie, c’est le poids d’amour que l’on infuse dans chaque chose. On peut trouver du sens à sa vie même en sortant les poubelles, du moment que c’est une tâche accomplie avec amour. Et il faut, à moment donné expérimenter le lâcher prise.

Fais de ton mieux, puis laisse faire Dieu !

LA PRIÈRE

Prier, c’est sortir de soi pour se trouver et se retrouver pleinement en Dieu. La prière peut être un exercice avec une méthode et des règles. Mais la prière est avant tout la seule réalité concrète de notre vie que l’on puisse offrir à Dieu. Je crois qu’une vie sans prière, sans vie intérieure est une vie gâchée, superficielle et creuse. Une vie priante, contemplative, qui se fait offrande à Dieu, à l’autre, est une vie pleine et riche de ce que l’on peut goûter sans jamais le posséder. Dieu se laisse approcher sans jamais se laisser enfermer.

L’AMOUR

J’ai choisi d’aimer en devenant prêtre. Parce que seul l’amour fait la réussite d’une vie. Mon célibat est un signe incompris, et pour beaucoup incompréhensible : ramener l’amour au sexe empêche la vérité de l’amour de se révéler. Aimer, c’est donner sa vie à l’autre, même s’il la rejette, la piétine, l’ignore. Aimer sans raison, sans mesure, infiniment, pur acte de gratuité, nous met en face de l’idéal d’humanité à espérer, à inventer. Un être aimant attire et rayonne. Voilà mon idéal, voilà le chemin de bonheur auquel j’aspire. Jésus, archétype de l’être aimant, pleinement et totalement humain nous en montre le chemin.

 

L’AMITIÉ

L’amitié est un des plus grands trésors de ma vie. Avec les vrais amis, je peux construire une relation unique, réciproque et gratuite. La réciprocité est pour moi un indice d’amitié. J’investis beaucoup d’énergie dans certaines relations, mais je sais au final qu’elles sont provisoires et passagères. Je suis fidèle et tenace en amitié. Ce sont ces relations qui donnent un sens à ma vie parce que les amis comptent sur moi et que je n’ai pas envie de les décevoir. Peu Importe la distance et la fréquence des rencontres : les vrais amis ne sont jamais séparés s’ils cultivent la réciproque attention.

LE TÉMOIGNAGE

Je voudrais toujours donner à voir le meilleur de moi-même. Jamais je ne veux laisser paraître mes défauts, mes travers, mes faiblesses ou mes fragilités. Je les cache, honteusement. Pourtant ils sont bien réels et parfois prégnants. D’où la nécessaire humilité. Pourtant, j’ai des choses à dire, à partager. Ce n’est qu’en donnant envie, en étant contagieux que mon témoignage portera et séduira. Mes pauvretés ne doivent pas être une excuse pour avoir honte de ce que le Seigneur a fait en moi, a fait pour moi.

Vis de telle manière, qu’à ta seule façon de vivre, on pense que c’est impossible que Dieu n’existe pas.

LE PARDON

N’est-ce pas un défi insensé et pourtant, indispensable ? Le pardon n’est pas un cadeau, un chèque en blanc que l’on signerait à celui qui nous a offensé. Pardonner est le seul moyen de vivre en paix avec son passé, d’accepter et de consentir à être blessé, piétiné, ignoré : reconnaître l’offense et regarder en face la gravité de la faute.  Pardonner, c’est un cadeau que l’on se fait à soi-même pour ne plus porter le poids de la rancune, de la haine ou de la soif de vengeance pour la suite de notre vie. Le pardon, je crois que c’est l’œuvre de Dieu en nous pour nous rendre plus humains.

L’ARGENT

Il y a des gens qui sont tellement pauvres, que la seule chose qu’ils possèdent, c’est de l’argent. Du papier, de l’or, des chiffres sur son compte en banque… Accumuler des biens matériels ou pire, de l’argent sur un compte : y a-t-il activité plus futile ? On n’a jamais vu un coffre-fort suivre un corbillard ! Beaucoup de personnes me doivent de l’argent : certains ne s’en souviennent même plus. Que mon argent, que ton argent soit toujours un moyen, et non une finalité et que tu puisses donner sans compter du moment que c’est pour faire une bonne action, une vraie bonne action !  L’avidité et l’avarice sont deux maux qui rendent tristes et seuls, malgré les apparences.

LA JEUNESSE

« La jeunesse n’est pas faite pour le plaisir mais pour l’héroïsme ». Cette phrase lue et méditée depuis mes années lycée m’a toujours inspiré. Les grand idéaux, la noblesse de cœur de tant de jeunes qui se sont donnés, jadis jusqu’au sacrifice de leur vie, semble si étranger à la génération qui monte. Pourtant, cette ambition est encore présente aujourd’hui : j’en suis l’heureux témoin quand je rencontre et échange avec des jeunes. A condition que ça en vaille la peine.

Redonner à chaque jeune l’ambition de donner sa vie pour une juste cause : voilà un défi de taille. Le choix les plus difficiles sont ceux qui engagent toute une vie. Ces choix là exigent des renoncements. Il faut aujourd’hui retrouver le sens de la parole donnée : Je peux me fier à toi parce que tu tiens parole, et parce que je te donne ma parole. Dieu nous a donné sa Parole et il ne la reprend pas. Il ne change pas d’avis, au grès des modes ou des contextes.

 

PARADIS ARTIFICIELS

Alcools et fumées sont les jeux d’adultes en manque d’espérance. Hélas, ils sont aussi des jeux d'enfants qui voient dans ces voies-là un moyen de devenir adulte... Triste mirage ! Nombre de tragédies humaines proviennent ou conduisent à ces paradis artificiels, faute de savoir, de pouvoir croire en un paradis réel.  Si les échecs et les épreuves conduisent à des impasses, la vie ne vaut rien et nous sommes prisonniers de la fatalité et de la déchéance. Rien ne vaut la vie !

LA SOCIÉTÉ DU XXI° SIÈCLE

Notre monde est en crise, parce que l’humanité est en crise : crise de sens, crise économique, écologique. Chaque époque connaît ses tourments. Aujourd’hui bien plus que par le passé, les moyens de communication étant devenus puissants et incontournables, le monde court derrière l’idée que l’individu est au centre de l’univers.  L’Homme veut prendre la place de Dieu. Chacun devient son propre référentiel. Cette société fait croire que Dieu est dépassé et inutile. L’oubli d’un Dieu Créateur et Sauveur fabrique l’homme prédateur de l’homme et conduit au malheur de l’humanité.

LE TEMPS

« Je n’ai pas le temps » : quelle connerie ! Bien s’occuper, sans être trop surbooké, c’est d’abord apprendre à écouter, à regarder, à contempler, à vivre l’aujourd’hui qui passe et prendre les moyens pour s’attacher à vivre des moments de qualité qui auront le goût de l’éternité promise. Cela exige de faire des choix : on ne peut pas tout faire, être partout, tout voir.  Le temps c’est de l’amour. Le moment pour être heureux, c’est maintenant. Le lieu pour être heureux, c’est ici.

LE CORPS

Je suis mon corps. Mon corps exprime un peu ce que je suis, qui je suis. Il est le sanctuaire de mes joies, de mes plaisirs : les rires et la gourmandise. Il est le temple de mes tourments et de mes fragilités : désirs, pulsions et passions, limites physiques. Mais mon corps ne peut pas, ne sait pas dire le TOUT ce que je suis.  Prendre soin de ce corps est une nécessité : mais je ne dois pas oublier le reste de mon être. Puis-je être insensé au point d’entretenir mon corps sans nourrir mon intelligence et mon âme ?

 

L’AME

Cette part de moi-même, insondable, insaisissable : ce sanctuaire intime de ma conscience : n’est-il pas le lieu du face à face, du cœur à cœur avec moi-même et avec Dieu ? Là, se fait entendre la voix de Dieu pour faire les bons choix : « Fais ceci, évite cela ! » Beaucoup cherchent Dieu à l’extérieur alors qu’ils l’ont déjà à l’intérieur. Ils n’ont jamais exploré le tréfond de leur cœur. Pas étonnant qu’ils n’aient pas croisé leur Créateur ! L’être humain est corps, intelligence et esprit. C’est au fond de cet esprit que Dieu aime résider. Le plus court chemin pour aller à Dieu est de passer de la raison au cœur, sans oublier l’un pour l’autre.

LA SOUFFRANCE

Immense mystère : toute souffrance nous arrache à notre humanité et handicape notre désir de Dieu. Nous sommes faits pour Dieu. La souffrance et le péché nous détournent de notre destinée. Souffrir n’apporte aucun mérite et aucune consolation. Souffrir n’apporte aucun Salut divin. Le seul chemin de Salut se vit dans l’amour, par amour, même et surtout dans la souffrance. Il réside dans la constance de notre Amour, de notre cœur ouvert à la grâce pour que aucune souffrance ne soit un obstacle à l’Amour.

LA MORT

Je pense souvent à ma propre mort. Quand ? Comment ? Prochaine ou encore lointaine ? Qui sait…

Elle sera pour moi « la langue au chat » pour ces devinettes que la vie nous pose et qui restent sans réponse. La mort est le plus certain des événements de notre vie. Pourquoi la fuir ? Pourquoi essayer de l’oublier ou de faire comme si elle n’existait pas ! C’est débile : on n’a pas le droit de fuir la mort en risquant sa vie bêtement. On n’a pas le droit de chercher la mort en fuyant la vie. C’est bien parce que je vais mourir un jour que la vie vaut la peine d’être vécue. La vie est un cadeau. La mort est un cadeau, comme le dit St François dans son Cantique : la mort est un Passage, un tunnel qui nous fait entrer pleinement dans la vraie vie.

Partager cet article

Repost0

Offres d'emploi : nombreux postes à pourvoir

Publié le par Miniritou

RECRUTEMENT MASSIF :

Multinationale implantée dans 197 pays,

recrute pour missions en CDI agents polyvalents

Nombreux postes à pourvoir immédiatement dans de multiples pays.

PROFIL DES CANDIDATS

  • Profils recherchés : Hommes de 18 à 60 ans – célibataires* et appelés à le rester.
  • Qualifications préalables : aucun diplôme prérequis.  Pratiques des vertus théologales indispensable*. Enthéousiasmes et fidélités quotidiennes exigées.
  • Expérience professionnelle : tout profil et toute formation antérieure est appréciable. Elle peut colorer et orienter les missions qui vous seront confiées.
  • La formation : gratuite assurée par l’entreprise (7 années) qui coïncident avec la période d’essai.
  • Votre affectation : Possibilité de choisir votre affectation géographique en cours de formation.
  • Rémunération moyenne : (En début de carrière comme à la fin) : 13 K€
  • Votre couverture sociale : CAVIMAC – MSM
  • Vos diverses missions possibles* : accompagnements de fraternité ; prédications en paroles et en actes ; célébrations de sacrements ; missions spirituelles ordinaires (oraison, office divin) et extraordinaires (pèlerinages, retraites, camps, récollections…) proximité avec petits et grands, riches et pauvres, jeunes et vieux, malades et bien portants, vivants et morts ; voyages en tous pays d’humanité ; médecin des âmes ; avocat de la Vie ; jardinier de l’amour de Dieu ; Poète de Vérité ; Artisan de Charité, etc.
  • Dénomination de votre poste : APCC (Agent Polyvalent du Clergé Catholique) communément appelé : prêtre*.
  • Votre évolution de carrière : vicaire – aumônier – chapelain – curé – doyen - archiprêtre – vicaire épiscopal – vicaire général – évêque – archevêque - cardinal – pape.

POUR POSTULER : Contacter votre service des vocations  voir ICI ( Direction des Ressources Humaines) ou l'évêque ( Directeur d'agence) le plus proche de votre lieu de résidence.

 

*Être prêtre, ce n’est pas un métier : c’est une vocation ! Une réponse à un désir qui n’est pas le rêve de sa vie, mais qui est le rêve de Dieu pour vous rendre heureux. Devenir prêtre aujourd’hui peut paraître folie déraisonnable. Pourtant, cette vocation est un chemin d’humanité, au service de la rencontre entre les créatures et le Créateur. Rien de plus passionnant que de travailler à une œuvre qui vous dépasse !

Offres d'emploi : nombreux postes à pourvoir

Partager cet article

Repost0

Prêtre et heureux

Publié le par Miniritou

DSC_5422_DxO.jpg

 

En ce jeudi saint, permettez-moi de dire ma joie d'être prêtre. On entend souvent parler des prêtres : vieux, surchargés, pédophiles... Beaucoup dans la société, dans l'Eglise même, affirment que le mariage des prêtres est pour demain, que l'on devrait permettre à ces hommes de se marier s'ils le souhaitent ( mariage pour tous oblige !) 

Mon célibat est à la source de ma vocation : je l'assume avec mes fragilités et mes limites. Je suis conscient de mes pauvretés, souvent infidèle au Christ. Je suis heureux dans ma vocation et dans le choix que j'ai fait voici déjà plus de 20 ans.  Heureux d'être prêtre, heureux d'être homme, passionné par le Christ, son amour pour tous, sa miséricorde pour les plus petits. Passionné d'humanité, rencontrant tous ceux qui acceptent de m'ouvrir leur porte, de m'ouvrir leur cœur

Ma vie offerte au Christ, elle est aussi offerte à tous ceux qui cherchent un peu de lumière, une joie qui ne déçoive pas. La radicalité cachée de l'appel au sacerdoce est en complète opposition avec le radicalisme fanatique de quelques uns qui font beaucoup parler d'eux.

Mon sacerdoce est cadeau pour vous, pour chacun, proche ou lointain, connu ou inconnu, croyant ou incroyant. Ma vie c'est le Christ, ma vie c'est vous !

Je dédie ce message à tous ceux qui veulent suivre le Christ de  plus près et qui s'interrogent sur la vocation de prêtre. Qu'ils osent encore réfléchir à tout donner au Seigneur : Lui ne prend rien, il donne tout !

L'appel du Seigneur est fidèle et son amour ne déçoit pas !

Partager cet article

Repost0

Célibat du prêtre : mon témoignage

Publié le par Miniritou

J’ai aujourd’hui le désir de vous partager un élément important de ma vie de prêtre. Il est parfois difficile d’en parler, souvent impossible de l’expliquer. Le célibat ! Beaucoup considèrent le célibat comme une amputation : peu de gens, même parmi les chrétiens, comprennent le sens du célibat sacerdotal. Je souhaite permettre, en toute simplicité et dans les liens d’amitié et d’affection qui nous unissent vous partager ce que je vis, comment je le vis, et pourquoi je le vis !

 

Quand je me suis engagé au célibat, officiellement le jour de mon ordination diaconale le 13 juin 1998, avec la préparation des années de séminaire qui y ont conduit, je ne me rendais pas vraiment compte de ce qu’on me demandait… Animé d’un désir de servir le Seigneur comme prêtre, j’ai accueilli le célibat comme une condition indispensable pour vivre le sacerdoce. A mon entrée au séminaire à 19 ans, puis comme diacre à 26 ans, et à 41 ans aujourd’hui, vous imaginez bien, que comme tout homme normalement constitué, vous êtes et restez traversé par des désirs, des passions, des pulsions…

Je n’ai jamais particulièrement été attiré par le fait de fonder une famille et d’avoir des enfants. Quelle belle mission, et quelle rude responsabilité que celle de donner la vie et d’éduquer un enfant ! Ma mission et mes responsabilités sont différentes, tout aussi rudes, mais bien conformes, me semble-t-il, à mon être intérieur !

 

C’est au fur et à mesure de mes années de sacerdoce, en faisant l’expérience des joies et des épreuves pastorales du prêtre que j’ai compris, que j’ai accueilli mon célibat COMME UN CADEAU DE L’EGLISE pour moi. Cette « loi » posée comme exigence préalable, m’est peu à peu apparue comme un moyen extraordinaire de faire de toute ma vie une offrande à Dieu le Père, en son Fils Jésus. Devenir un être sacerdotal, n’est-ce pas entrer dans cette offrande du Christ pour son peuple à Dieu son Père ?

Concrètement, il s’agit bien plus que d’une simple disponibilité totale ! Pas de femme, donc plus disponible !?? Il s’agit bien plus que de ne pas créer de relations privilégiées pour être « tout à tous »… Il s’agit bien plus que d’imiter le Christ dans sa vie terrestre : Jésus n’était pas marié !

Mon célibat aujourd’hui, vécu dans les pauvretés qui sont les miennes, et les fragilités de mon péché, il est d’abord le don que Dieu m’a fait à travers l’appel de l’Eglise, et c’est le cadeau que je fais à l’Eglise pour être jusqu’au plus intime de moi-même, une offrande utile et féconde pour le peuple de Dieu qui m’est confié.

 

Ce que j’offre dans mon célibat, à travers des désirs charnels, et au travers des besoins de tendresse qui restent sans réponse, à travers le besoin d’être aimé et écouté, accueilli avec ce que je porte au plus profond de moi, mon humanité, voilà ma vie ! Voilà mon sacerdoce. Etre prêtre, je l’ai compris au fil des ans, est un don total au Christ qui se réalise dans le don de ma vie aux personnes à qui il m’a confié, à ceux et celles qu’il me confie et qu’il met sur ma route pour que nous fassions un bout de chemin ensemble.

Je suis témoin, comme prêtre, confident, confesseur, de tant de joies et de drames humains. Il me semble que peu à peu, mon célibat me permet d’entrer dans l’humanité radieuse comme dans l’humanité douloureuse avec le cœur du Christ qui veut se faire chair dans le cœur de tout homme. Je partage souvent dans ma chair les douleurs de tant de cœurs, proches ou loin de Jésus, qui se perdent dans les nuits de ce monde.

 

Tant de joies que vous me partagez, tant d’épreuves et de questions que vous me confiez, vous et tous les autres qui ne liront pas ces lignes, qui ne comprendront pas mon sacerdoce, elles sont la matière même dans laquelle je puise l’énergie humaine pour répondre à l’appel divin.

Oui ce célibat, mon célibat de prêtre est jeté en pâture, raillé, piétiné par « le monde »… ça me fait mal… Mon célibat serait un fardeau dépassé, à réformer, à oublier. Pour être tendance, il faudrait « se marier » à l’heure où le mariage perd son sens ? Mon célibat est parfois une croix, une épreuve et un fardeau. Il perd son sens face à de l’indifférence ou de la critique méprisante. Il trouve son sens dans la foi et la confiance de ceux qui découvrent en moi un homme, un pauvre humain, blessé et souvent indigne de sa mission, mais un homme qui essaye de se laisser conduire par l’Esprit de Dieu.

Pour m’aimer, je vous demande d’aimer ce célibat avec moi qui est un appel auquel je crois de tout mon cœur.

 

Mon célibat, c’est votre vie !

Célibat du prêtre : mon témoignage

Partager cet article

Repost0

Le célibat du prêtre, un signe pour le monde : mon témoignage

Publié le par Miniritou

Depuis 20 ans que je suis prêtre et que j’ai choisi le célibat, je rencontre souvent des personnes qui m’interpellent sur mon célibat : Difficultés ? Impossibilité de vivre une abstinence totale ? Le sexe et la relation qui se construit dans un couple serait-elle incontournable pour être heureux ? Beaucoup imaginent que le célibat choisi est impossible à vivre !  Dans un monde hyper sexualisé, où pour être heureux, il faut "baiser", comment expliquer ou justifier le célibat ecclésiastique ? Comment puis-je parler de mon célibat ?

C’est  clair qu'en restant extérieur au mystère de la foi, on ne peut pas comprendre l'engagement au célibat dans le sacerdoce. Pour ma part, j’essaye de le vivre, et je donne du sens à mon célibat à cause de l'expérience vécue depuis mon ordination. Mais je voudrais témoigner ici de la fécondité immense de ce que je vis, à travers mon célibat.Celui qui n’a pas la foi, aura sans doute du mal à comprendre mes propos.

Je ne crois pas être capable aujourd’hui de vivre mon sacerdoce autrement que dans le célibat ! Bien sûr, c’est chaque jour difficile. Les tentations sont nombreuses. Mon célibat trouve son sens profond dans mon ministère de prêtre. Le célibat est avant tout une discipline ecclésiastique, obligatoire dans l’Eglise latine, facultative dans les églises orientales catholiques. Le célibat n’engage donc pas la foi, même si le récent livre "Des profondeurs de nos cœurs" cosigné par Benoit XVI et le Cardinal Robert Sarah (Ed. Fayard - janvier 2020)  propose une lecture théologique du célibat. 

Aujourd’hui le seul argument qui me semble tenir la route, pour justifier le célibat du prêtre, mon célibat me semble être spirituel : au cœur de ma vie de prêtre, il y a bien sûr l’annonce de l’Evangile ; les rencontres, les accompagnements nombreux sont autant de liens qui sont essentiels à mon équilibre de vie. Mais c’est dans l’eucharistie que je trouve le sens et la force de vivre mon célibat.

A la messe, le prêtre que je suis est là pour redire les paroles, refaire les gestes de Jésus dans son dernier repas : « Prenez, mangez, ceci est mon Corps livré pour vous ! » C’est ma voix, c’est à travers moi que Jésus vient donner sa vie aux hommes d’aujourd’hui. Jésus passe à travers moi.

Mais lorsque je vis l’eucharistie, c’est aussi moi qui parle, qui dit avec Jésus : « Ceci est mon corps livré. » Parce que je suis célibataire, je sais d’une manière particulière ce que ça veut dire « livrer son corps », non à une seule personne en particulier, mais à toute l’Eglise ! A la manière de Jésus, je me livre aussi aux hommes qui sont là, face à moi, et je le vis d’une manière toute particulière à cause de mon célibat. Les personnes mariées peuvent vivre d’une manière similaire l’eucharistie quand ils se livrent l’un à l’autre totalement, comme Jésus s’est donné tout entier en donnant sa vie sur la croix.

Mon célibat trouve beaucoup de sens dans chaque eucharistie : si je suis célibataire, c’est pour ces gens qui sont devant moi à chaque messe. Mon célibat est pour eux, et pour tous les hommes, et je renouvelle le don de moi-même à chaque fois que Jésus, à travers mes mains, donne sa vie, donne son corps aux hommes.

Le célibat du prêtre, un signe pour le monde : mon témoignage

Partager cet article

Repost0

La sexualité d'un prêtre

Publié le par Miniritou

Prêtre donné à Jésus pour toi   #giventojesusforyou #donneajesuspourtoi

Ce jeudi-saint 2019 marque pour moi un tournant dans ma vie et mon sacerdoce. Le jeudi qui précède la fête de Pâques est, traditionnellement, la fête du sacerdoce, puisque c'est le jour où le Christ a institué l'eucharistie, et que les prêtres reçoivent la mission de "faire ceci en mémoire de lui".

Depuis 14 ans, dans ce blog, je n'ai jamais voulu exposer ce qui relève de ma vie intime et personnelle. Le témoignage que je donne ici et que j'ai souhaité enregistrer en vidéo ( avec mes pauvres moyens et ma petite caméra :) ) est aujourd'hui une exposition intime de ce que j'essaye de vivre. J'insiste sur le fait qu'il n'y a rien d'exemplaire dans ma vie. Si je souhaite partager cela publiquement, c'est parce que j'aime le Christ, j'aime l'Église et je suis choqué et anéanti de constater que des prêtres ont sali leur sacerdoce en commettant des actes odieux. Je ne fais pas partie de ceux-là. Je n'ai pas de double vie. 

Mon célibat, il a du sens pour moi. Et je souhaite qu'il ait du sens pour ceux qui aiment les prêtres, qui gardent confiance en eux, malgré tant de d'occasions de douter et de remettre en cause l'idée ou la réalité du ministère sacerdotal.

 

 

J’ai 46 ans. Je suis prêtre dans le Tarn. Cette année, je vais célébrer le 20ème anniversaire de mon ordination. Je suis entré au séminaire le jour de mes 19 ans, après une année de vie étudiante à Perpignan. Le choix du célibat a été un choix fait de manière évidente, dès le début de ma formation et j’ai pris cet engagement important et solennel au jour de mon ordination, 8 ans après. Ce choix naturel, je l’ai fait dans l’enthousiasme de ma jeunesse : il devait devenir peu à peu, surnaturel pour que j’apprenne à enraciner ce choix dans la confiance et la fidélité de Dieu !

Le contexte de suspicion dans lequel un certain nombre de scandales qui incrimine des prêtres, infidèles à leurs engagements, et auteurs de faits ignobles, mais aussi les révélations sur les frasques de certains prélats à Rome, ou la découverte de certains prêtres menant une double vie me conduisent aujourd’hui à témoigner humblement, mais avec la vérité qui est celle que je dois à Dieu, de ce qu’est ma vie, mon célibat, mon sacerdoce. Je veux aujourd’hui l’exprimer dans ces lignes.

Je ne sais pas comment un prêtre ou un évêque peut décemment célébrer les sacrements, en ayant sur la conscience des péchés aussi graves que ceux que nous découvrons dans les scandales révélés ces derniers mois. Une schizophrénie spirituelle honteuse et déshonorante qui me révolte et m’afflige, tellement elle jette le discrédit sur la fidélité de tant et tant de consacrés, fidèles à leurs engagements.

Dire que je suis puceau n’est pas une honte : c’est même une fierté même si ce mot qui parle de virginité est devenu tellement vulgaire. Je n’ai jamais eu de relations sexuelles ni avec une femme, ni avec un homme, ni avec un enfant, bien entendu. Je précise les choses.

A travers mon sacerdoce, j’ai la joie d’offrir chaque jour ma vie au Seigneur et à mes frères en leur donnant mon temps, mon cœur de prêtre et mon corps. Quand Jésus offre son Corps, donne sa vie dans chaque eucharistie que je célèbre, j’essaye aussi de me donner tout entier, uni à Lui. De nos jours, tant de personnes donnent leur corps, sans rien d’autre à offrir à leur partenaire qu’un instant de plaisir éphémère…

Evidemment, si je disais que je suis indemne de tout péché dans le domaine de la pureté et de la chasteté, je mentirais : ce serait bien faux ! Je suis un grand pécheur. Mon humanité et mes fragilités sont réelles et même bien profondes. Bien des souillures et des fantasmes font ma honte. Je ne peux que les offrir au Seigneur à chaque confession, en lui demandant de me renouveler sa miséricorde et de me garder, jour après jour, fidèle aux promesses de mon ordination.

Aujourd’hui, je suis heureux d’être prêtre, et fier du célibat qui m’ouvre à une vie relationnelle différente : mon cœur ouvert à chacun qui ne se referme pas sur tel ou telle de manière exclusive. Mon célibat, c’est le cadeau que je fais à Dieu pour servir humblement la communauté, les hommes et les femmes du Ségala vers lesquels mon évêque m’envoie.

Je souhaite, de tout mon cœur, de tout mon corps, être digne de la mission que le Seigneur me confie, comptant sur la force de son Esprit, capable de faire de moi le Serviteur dont le monde et l’Eglise ont besoin.

 

Xavier Cormary, PPP (pauvre prêtre pécheur)

 

English text

The sexuality of your priest

I am 46 years old. I am a priest in the Tarn. This year, I will celebrate the 20th anniversary of my ordination. I entered the seminary on the day of my 19th birthday, after a year of student life in Perpignan. The choice of celibacy was an obvious choice from the beginning of my formation and I made this important and solemn commitment on the day of my ordination, 8 years later. This natural choice, I did in the enthusiasm of my youth: it was to become little by little, supernatural for me to learn to root this choice in the trust and fidelity of God!


Faced with a context of suspicion in which a number of scandals incriminate priests, unfaithful to their commitments, and authors of ignoble facts, but also the revelations about the escapades of some prelates in Rome, or the discovery of some priests leading a double life, I want today to testify humbly. In front of God, in the truth and in conscience, I want to share to you what is my life, my celibacy, my priesthood. I want to express it in these lines.


I do not know how a priest or a bishop can decently celebrate the sacraments, having on his conscience sins as serious as those we discover in the scandals revealed in recent months. A shameful and dishonorable spiritual schizophrenia that revolts and afflicts me, so much it discredits the fidelity of so many consecrated people, faithful to their commitments.


To say that I am a "puceau" is not a shame: it is even a pride even if this word that speaks of virginity has become so vulgar. I have never had sex with a woman, or a man, or a child, of course. I specify things.

Through my priesthood, I have the joy of offering my life every day to the Lord and to my brothers by giving them my time, my priestly heart and my body. When Jesus offers his Body, gives his life in every Eucharist that I celebrate, I also try to give myself whole, united to Him. Nowadays, so many people donate their bodies, with nothing else to offer their sexual partner but a moment of ephemeral pleasure ...

Of course, if I said that I am unscathed from all sin in the realm of purity and chastity, I would lie: it would be wrong! I am a great sinner. My humanity and my fragilities are real and even profound. Many defilements and fantasies are my shame. I can only offer them to the Lord at each confession, asking him to renew his mercy and to keep me, day after day, faithful to the promises of my ordination.


Today, I am happy to be a priest, and proud of celibacy that opens me to a different relational life: my heart open to everyone who does not close on this or that exclusively. My celibacy is the gift I give to God to humbly serve the community, the men and women of Ségala to whom my bishop sends me.

I wish, with all my heart, with all my body, to be worthy of the mission that the Lord entrusts to me, counting on the strength of his Spirit, capable of making me the Servant that the world and the Church need.

Xavier Cormary, PSP (poor sinner priest)

Partager cet article

Repost0

​​​​​​​Mon célibat de prêtre …  votre fécondité évangélique !

Publié le par Miniritou

16 ans que je suis prêtre… Je n’ai pas mesuré lors de mon ordination les difficultés inhérentes au choix qu’on m’imposait. J’ai offert dans l’enthousiasme de mes 20 ans ma virginité de mon cœur et de mon corps. A ce jour j’y suis resté fidèle. On peut dénoncer l’infidélité de certains prêtres sans jeter un discrédit sur tous les prêtres…

J’ai compris peu à peu  les exigences du célibat. J’ai  découvert aussi mes limites et mes fragilités.  

Dans mon monde ou sensualité et érotisme s’affichent sur tous les écrans, où la relation sexuelle est devenue un jeu, une distraction parmi d’autres,  pas facile de garder un cœur pur, un regard chaste…

J’ai donné du sens à cet engagement du célibat, en prenant conscience que mon célibat ne pouvait pas être  uniquement une décision personnelle, et un choix intime.

C’est un choix en Eglise. C’est un choix pour l’Eglise. C’est mon choix pour le monde. Parce que le monde a plus besoin d’amour que de sexe…

Mon célibat est de votre responsabilité parce qu’il est pour vous.  Prêtre, mon sacerdoce est au service de votre foi, de votre croissance dans le Christ. Si vous voulez m’aider, et aider un prêtre à vivre son célibat de manière heureuse, demandez- lui d’être prêtre ! Ne critiquez pas, ne dénoncez pas son célibat !

Si le célibat sacerdotal est une amputation intolérable, alors la fidélité dans le mariage l’est aussi !

Pour que ma vie soit féconde, il faut que mon célibat trouve du sens dans votre foi ! Découvrez combien la vie de vos prêtres, engagés dans le célibat est un cadeau pour vous,  un cadeau pour votre foi, pour votre fidélité au Christ. Tout est là ! Essayez de comprendre le célibat de vos prêtres, arrêtez de le remettre en cause !

Je ne peux être chrétien avec vous que si je suis prêtre pour vous.

Alors le geste qui va suivre, le Lavement des pieds,  prendra son sens si votre cœur de chrétien perçoit que ma vie de prêtre, je l’ai donnée au Christ, mais je la donne aussi  à l’Eglise qui m’est confiée. Je vous la donne, avec joie et enthousiasme, dans mes pauvretés et mes fragilités humaines pour manifester qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime.  Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie au Christ qui nous aime d’un amour miséricordieux !

La miséricorde du Seigneur, à jamais je la chanterai !

 

homélie du jeudi Saint 2016

​​​​​​​Mon célibat de prêtre …  votre fécondité évangélique !

Partager cet article

Repost0

Les revenus d'un prêtre

Publié le par Miniritou

Un manque de transparence matérielle évident existe encore dans l'Eglise. Beaucoup de gens, et beaucoup de chrétiens  ont du mal à savoir de quoi vivent les prêtres. Aujourd'hui, je lève le voile. Les situations varient légèrement d'un diocèse à l'autre. Je ne peux parler que de ce qui me concerne, mais qui reflète la réalité de bon nombre de prêtres en France. 
Mon traitement , mes revenus mensuels  se composent  de trois  parties :
- Une  indemnité nette imposable versée par le diocèse :  environ 280 €
- Une allocation mensuelle imposable versée par la paroisse ( le casuel) : 300 €
- Des offrandes de messes demandées par des familles, des paroissiens pour un service, équivalentes à 510 €. Ces offrandes ne sont pas imposables selon un privilège historique.

Mon revenu mensuel s'établit donc à environ 1090 €. Il faut aussi ajouter le remboursement par le diocèse et la paroisse des déplacements effectués pour le ministère : 0,35 € par km justifié !

Je bénéficie, comme beaucoup de prêtres, d'avantages en nature assez conséquents : un logement pour lequel je ne paye presque pas de charges : 75 € par mois. Par ailleurs, dans les paroisses rurales, les familles invitent souvent et offrent souvent des mets pour les repas : poulets fermiers ; confitures ; légumes, oeufs etc.

Je précise, et c'est fondamental, que si le diocèse peut assurer une rémunération aux prêtres, c'est parce que les chrétiens (DES CHRETIENS de moins en moins nombreux... !!!)  font un don pour le Denier de l'Eglise (cliquez sur le lien !!!) une fois par an. Ce don permet un revenu aux prêtres, aux permanents, et permet d'assurer le fonctionnement du diocèse, le financement des mouvements de jeunes, des aumôneries, l'entretien des bâtiments.

Le Casuel est une caisse paroisisale alimentée par les offrandes des gens et des familles demandeuses aux célébrations de mariage, d'obsèques ou de baptêmes. Une somme fixe est versée chaque mois à tous les prêtres actifs dans le ministère paroissial.

Les offrandes de messe sont un peu plus difficiles à comprendre. Des chrétiens, qui croient en la grandeur de l'Eucharistie, demandent à un prêtre de célébrer la messe spécialement pour une intention particulière : un défunt, un anniversaire de mariage, une grâce à demander. A cette occasion, le fidèle est invité à faire une offrande au prêtre pour assurer sa vie matérielle. Il ne s'agit pas, comme beaucoup de gens le pensent, de "payer une messe" mais de faire une offrande libre. La somme, toute indicative, de 17 € est proposée. Mais il est important de lever l'ambiguité qui demeure dans la tête de beaucoup de chrétiens !

Dans ce temps où on parle de pouvoir d'achat, j'ai conscience que bien des salariés smicards ont beaucoup de difficultés à joindre les deux bouts. Ils ne disposent pas des avantages d'un prêtre. Aussi, il m'a semblé bon d'écrire ces lignes : solidaire avec les plus défavorisés et souvent sollicité sur mes deniers personnels, je garde comme perspective le souhait de me servir de l'argent pour mon bien et celui de mes frères, sans me laisser asservir par lui.
 
N.B. Le régime concordataire en Alsace-Lorraine donne d'autres droits aux prêtres et aux pasteurs, rabbins, qui sont rémunérés par l'Etat. Cette présentation ne les concerne pas.
Les revenus d'un prêtre

Partager cet article

Repost0

Message aux paroissiens anonymes que je croise sans les connaître … Et aux autres....

Publié le par Miniritou

Cher paroissien,

 

Tu es bien heureux, aujourd’hui, de trouver sur ta route un prêtre pour t’accompagner, pour accompagner tes gosses au caté, ou ta vieille maman à la maison de retraite, heureuse d’avoir une messe de temps en temps. Tu es heureux de trouver une église ouverte et propre, un prêtre, des chrétiens à ton écoute, … Mais sais-tu qui je suis ? Sais-tu pourquoi je suis là, moi le curé de ta paroisse ? Je voudrais, en toute amitié, en toute simplicité, t’adresser ces quelques lignes…

 

Prêtre, ce n’est pas un métier, c’est un service. Un jour, dans la foi, à cause de mon amour pour Jésus, et dans un désir de servir les autres,  j’ai répondu à l’appel de l’Eglise. J’ai rencontré Jésus qui m’a révélé un amour infini. L’évêque m’a envoyé dans cette paroisse, afin que j’y exerce la mission de servir les hommes, d’annoncer l’Evangile en le vivant moi-même au milieu des gens.

 

Prêtre ce n’est pas un métier, c’est une vocation. Dans la société actuelle qui a largement placé Dieu aux oubliettes, beaucoup de femmes et d’hommes perçoivent malgré tout un besoin de «spiritualité », spécialement dans les grands moments de la vie : la naissance, la construction d’un projet de vie, la maladie, ou devant la mort. C’est peut être ton cas…

 

Prêtre, ce n’est pas être fonctionnaire d’un service public. C’est être serviteur du désir des hommes qui cherchent Dieu et qui ont découvert l’Evangile, et pensent que Jésus-Christ est un chemin de vie. Tous les hommes, sans exception, sont mes frères en humanité, et j’ai l’ambition, peut être un peu utopique, c’est vrai, de ne pas vouloir faire de différence entre les uns, croyants, pratiquants, actifs dans la paroisse, et les autres, plus loin, moins fervents, moins religieux, moins visibles.

 

Prêtre, ce n’est pas être totalement détaché du monde : je vis ici, au milieu de vous, la paroisse me fournit un logement, les paroissiens de quoi vivre. C’est vrai, je ne suis pas malheureux : les smicards ont des fins de mois souvent plus difficiles… Mes difficultés sont rarement matérielles ou financières, c’est sûr. Mes préoccupations sont souvent plus pastorales : comment rejoindre les petits, les oubliés de notre société ? Comment parler de Jésus aux enfants, aux gens révoltés par la souffrance… Qui pourra assurer telle tâche dans la paroisse ? Comment aménager la salle paroissiale en vue d’une utilisation adaptée aux groupes ?

 

Mais voilà, être prêtre, c’est être un homme parmi les hommes. Toi, tu veux que je sois disponible pour toi, tu veux que je réponde à ta demande. T’es-tu jamais posé la question : n’aurais-je pas désiré, moi Xavier, que tu sois disponible pour moi et pour l’Eglise ? T’es-tu un jour posé la question : comment il vit le prêtre, Xavier ?

L’argent de mon portefeuille, je veux te le confirmer, il ne tombe pas du ciel. Le gas-oil dans la voiture, il n’est pas apporté par les anges : je vais régulièrement à la station service… Le chauffage de mon appartement, c’est bien la paroisse qui le paye, et non le Vatican ou un mécène anonyme qui règle les factures…

 

Donner à l’Eglise, ce n’est pas financer la papamobile ou les voyages du pape. Le Denier de l’Eglise, ce sont les paroissiens qui œuvrent pour leur paroisse, pour les prêtres et salariés de la paroisse, pour leur diocèse : soutien des prêtres âgés, formation des futurs prêtres, entretien des bâtiments…

 

Tu as besoin d’un prêtre sur mesure, grassouillet, sympathique, corvéable à merci, bon vivant, souriant, qui a toutes les qualités qu’on peut attendre d’un ami de Dieu ? Là tu demandes peut être trop…

 

Mais si tu veux un prêtre à ton service, fraternel, le plus disponible possible, si tu veux une paroisse ouverte, des personnes formées pour accompagner tes joies et tes peines, alors n’oublie pas le Denier de l’Eglise… Si tu veux un prêtre normal pour des paroissiens normaux…

 

Comme toute cotisation aux associations que tu peux soutenir, ton don est, en plus déductible des  impôts à hauteur de 66 %...

 

 

Xavier CORMARY, ton curé,

Prêtre de Jésus-Christ,

Heureux de servir les hommes,

Encore plus heureux de savoir qu’on pense à lui-même quand on n’a pas besoin de lui !

 

Don en ligne :   http://albi.catholique.fr/

 

 

 

Paroisse du carmausin

(chèque : Association Diocésaine d’Albi)

1 rue Courbet

81400 CARMAUX

Message aux paroissiens anonymes que je croise sans les connaître … Et aux autres....

Partager cet article

Repost0

Célibat du prêtre : mon célibat...

Publié le par Xavier Cormary

Les médias ne manquent pas périodiquement de souligner la crise du recrutement des prêtres et de remettre sitôt en question le célibat sacerdotal qui est de règle dans l’Eglise catholique latine (en occident essentiellement). On voudriat exiger de l'Eglise qu'elle autorise "les prêtres à se marier" ou bien à 'ordonner des hommes mariés". mais qu'en pensent les premiers concernés, en l'occurence : MOI !

 Le célibat est exigeant, et c’est bien ce qui pose le plus question dans la vie du prêtre puisque on ne peut évoquer la situation des prêtres sans remettre ce célibat en cause. C’est d’ailleurs ce qui interpelle le plus les jeunes que je rencontre aujourd’hui. Actuellement, il reste le signe le plus visible de la spécificité du prêtre dans notre société : « Cet homme a choisi de ne pas se marier ! » Ce n'est pas subi, c'est choisi, même si les conséquences sont difficiles à assumer comme dans tout engagement. La libération des mœurs laisse croire aux nouvelles générations qu’il est impossible de vivre sans avoir de relations sexuelles. C’est pourquoi les média doutent du célibat des prêtres qui affirment vivre la continence. On imagine facilement que tous les prêtres ont des maîtresses. 

 A mon avis, largement partagé, la question du célibat ne remet nullement en cause la foi. Les églises catholiques de rites orientaux (Liban ; Irak ; Roumanie…) ordonnent prêtres des hommes mariés. A mes yeux,  je crois devoir souligner la valeur du célibat consacré et sa signification profonde ; je ne crois pas que le célibat relève uniquement d’une discipline ecclésiastique séculaire qui serait dépassée, mais d’un attachement profond au Christ-Jésus. Le célibat est bien un don total de ma personne à Dieu. Quand le prêtre  que je suis donne sa vie, son temps, son cœur, son affectivité, son intelligence, il offre dans son célibat son propre corps pour la vie des femmes et des hommes qu’il a mission de conduire vers le Père. Et Dieu ne peut se donner qu’à travers le don que le prêtre fait de lui-même. C'est une lecture spirituelle, telle que je la ressens. Bien sûr, un prêtre marié vivra les choses différemment sans qu'elles soient mieux ou moins bien ...

On évoque parfois les raisons matérielles (rémunération insuffisante ; emploi du temps surchargé ; manque de disponibilité …) qui empêcheraient le prêtre d’être un époux dévoué et un père attentif à la vie de sa famille. Ces arguments, s’ils sont,  à mon avis, pertinents, ne peuvent suffire à justifier pour une vie entière un célibat consacré à Dieu.

 Ma vie du prêtre trouve son sens dans ce qui est en moi donné au Seigneur et à mes frères pour manifester la présence du Christ, vrai homme et vrai Dieu. Toute mon existence voudrait  bie imparfaitement refléter celle de Jésus, homme au milieu des hommes, célibataire pour annoncer l’Amour incarné du Père qui peut combler toute vie humaine, jusque dans son intimité. C’est ça la vraie grandeur du célibat et la force du don que le prêtre fait.

Le prêtre reste un homme faible et pêcheur : Je reste ce pauvre de Dieu... Je peux parfois manquer à ma parole, à mes engagements et à ma consécration comme un mari peut être infidèle à son épouse dans le sacrement du mariage. Tout est une question de fidélité à la parole, et au sens donnée à cette consécration.

 

Aujourd’hui, il me semble que les crises touchent aussi bien de l'engagement, dans le mariage comme dans le célibat consacré, comme d’ailleurs dans des engagements associatifs, syndicaux ou politiques. Ce n'est pas la question du célibat qui pose problème pour les vocations : c'est d'abord une crise de la foi. Peu de croyants, peu de gens portés à s'engager !

Je veux aussi l’affirmer : cette vie est possible ! Elle n’est pas subie, elle est avant tout choisie. J’essaie moi-même humblement d’être un prêtre entièrement consacré au Seigneur pour le service de l'Église, et je suis heureux  dans mon célibat ! Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve, mais je sais que je peux et que je dois d’abord compter sur la puissance de Dieu, « son Esprit qui vient au secours de notre faiblesse. » (De la lettre de St Paul aux Romains, chapitre 8, verset 26)                   

      

 

Célibat du prêtre : mon célibat...

Publié dans Sacerdoce, célibat, joie, prêtre

Partager cet article

Repost0

1 2 > >>