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8 articles avec celibat

Prêtre et heureux

Publié le par Miniritou

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En ce jeudi saint, permettez-moi de dire ma joie d'être prêtre. On entend souvent parler des prêtres : vieux, surchargés, pédophiles... Beaucoup dans la société, dans l'Eglise même, affirment que le mariage des prêtres est pour demain, que l'on devrait permettre à ces hommes de se marier s'ils le souhaitent ( mariage pour tous oblige !) 

Mon célibat est à la source de ma vocation : je l'assume avec mes fragilités et mes limites. Je suis conscient de mes pauvretés, souvent infidèle au Christ. Je suis heureux dans ma vocation et dans le choix que j'ai fait voici déjà plus de 20 ans.  Heureux d'être prêtre, heureux d'être homme, passionné par le Christ, son amour pour tous, sa miséricorde pour les plus petits. Passionné d'humanité, rencontrant tous ceux qui acceptent de m'ouvrir leur porte, de m'ouvrir leur cœur

Ma vie offerte au Christ, elle est aussi offerte à tous ceux qui cherchent un peu de lumière, une joie qui ne déçoive pas. La radicalité cachée de l'appel au sacerdoce est en complète opposition avec le radicalisme fanatique de quelques uns qui font beaucoup parler d'eux.

Mon sacerdoce est cadeau pour vous, pour chacun, proche ou lointain, connu ou inconnu, croyant ou incroyant. Ma vie c'est le Christ, ma vie c'est vous !

Je dédie ce message à tous ceux qui veulent suivre le Christ de  plus près et qui s'interrogent sur la vocation de prêtre. Qu'ils osent encore réfléchir à tout donner au Seigneur : Lui ne prend rien, il donne tout !

L'appel du Seigneur est fidèle et son amour ne déçoit pas !

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Célibat du prêtre : mon témoignage

Publié le par Miniritou

J’ai aujourd’hui le désir de vous partager un élément important de ma vie de prêtre. Il est parfois difficile d’en parler, souvent impossible de l’expliquer. Le célibat ! Beaucoup considèrent le célibat comme une amputation : peu de gens, même parmi les chrétiens, comprennent le sens du célibat sacerdotal. Je souhaite permettre, en toute simplicité et dans les liens d’amitié et d’affection qui nous unissent vous partager ce que je vis, comment je le vis, et pourquoi je le vis !

 

Quand je me suis engagé au célibat, officiellement le jour de mon ordination diaconale le 13 juin 1998, avec la préparation des années de séminaire qui y ont conduit, je ne me rendais pas vraiment compte de ce qu’on me demandait… Animé d’un désir de servir le Seigneur comme prêtre, j’ai accueilli le célibat comme une condition indispensable pour vivre le sacerdoce. A mon entrée au séminaire à 19 ans, puis comme diacre à 26 ans, et à 41 ans aujourd’hui, vous imaginez bien, que comme tout homme normalement constitué, vous êtes et restez traversé par des désirs, des passions, des pulsions…

Je n’ai jamais particulièrement été attiré par le fait de fonder une famille et d’avoir des enfants. Quelle belle mission, et quelle rude responsabilité que celle de donner la vie et d’éduquer un enfant ! Ma mission et mes responsabilités sont différentes, tout aussi rudes, mais bien conformes, me semble-t-il, à mon être intérieur !

 

C’est au fur et à mesure de mes années de sacerdoce, en faisant l’expérience des joies et des épreuves pastorales du prêtre que j’ai compris, que j’ai accueilli mon célibat COMME UN CADEAU DE L’EGLISE pour moi. Cette « loi » posée comme exigence préalable, m’est peu à peu apparue comme un moyen extraordinaire de faire de toute ma vie une offrande à Dieu le Père, en son Fils Jésus. Devenir un être sacerdotal, n’est-ce pas entrer dans cette offrande du Christ pour son peuple à Dieu son Père ?

Concrètement, il s’agit bien plus que d’une simple disponibilité totale ! Pas de femme, donc plus disponible !?? Il s’agit bien plus que de ne pas créer de relations privilégiées pour être « tout à tous »… Il s’agit bien plus que d’imiter le Christ dans sa vie terrestre : Jésus n’était pas marié !

Mon célibat aujourd’hui, vécu dans les pauvretés qui sont les miennes, et les fragilités de mon péché, il est d’abord le don que Dieu m’a fait à travers l’appel de l’Eglise, et c’est le cadeau que je fais à l’Eglise pour être jusqu’au plus intime de moi-même, une offrande utile et féconde pour le peuple de Dieu qui m’est confié.

 

Ce que j’offre dans mon célibat, à travers des désirs charnels, et au travers des besoins de tendresse qui restent sans réponse, à travers le besoin d’être aimé et écouté, accueilli avec ce que je porte au plus profond de moi, mon humanité, voilà ma vie ! Voilà mon sacerdoce. Etre prêtre, je l’ai compris au fil des ans, est un don total au Christ qui se réalise dans le don de ma vie aux personnes à qui il m’a confié, à ceux et celles qu’il me confie et qu’il met sur ma route pour que nous fassions un bout de chemin ensemble.

Je suis témoin, comme prêtre, confident, confesseur, de tant de joies et de drames humains. Il me semble que peu à peu, mon célibat me permet d’entrer dans l’humanité radieuse comme dans l’humanité douloureuse avec le cœur du Christ qui veut se faire chair dans le cœur de tout homme. Je partage souvent dans ma chair les douleurs de tant de cœurs, proches ou loin de Jésus, qui se perdent dans les nuits de ce monde.

 

Tant de joies que vous me partagez, tant d’épreuves et de questions que vous me confiez, vous et tous les autres qui ne liront pas ces lignes, qui ne comprendront pas mon sacerdoce, elles sont la matière même dans laquelle je puise l’énergie humaine pour répondre à l’appel divin.

Oui ce célibat, mon célibat de prêtre est jeté en pâture, raillé, piétiné par « le monde »… ça me fait mal… Mon célibat serait un fardeau dépassé, à réformer, à oublier. Pour être tendance, il faudrait « se marier » à l’heure où le mariage perd son sens ? Mon célibat est parfois une croix, une épreuve et un fardeau. Il perd son sens face à de l’indifférence ou de la critique méprisante. Il trouve son sens dans la foi et la confiance de ceux qui découvrent en moi un homme, un pauvre humain, blessé et souvent indigne de sa mission, mais un homme qui essaye de se laisser conduire par l’Esprit de Dieu.

Pour m’aimer, je vous demande d’aimer ce célibat avec moi qui est un appel auquel je crois de tout mon cœur.

 

Mon célibat, c’est votre vie !

Célibat du prêtre : mon témoignage

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Le célibat du prêtre, un signe pour le monde : mon témoignage

Publié le par Miniritou

Depuis 20 ans que je suis prêtre et que j’ai choisi le célibat, je rencontre souvent des personnes qui m’interpellent sur mon célibat : Difficultés ? Impossibilité de vivre une abstinence totale ? Le sexe et la relation qui se construit dans un couple serait-elle incontournable pour être heureux ? Beaucoup imaginent que le célibat choisi est impossible à vivre !  Dans un monde hyper sexualisé, où pour être heureux, il faut "baiser", comment expliquer ou justifier le célibat ecclésiastique ? Comment puis-je parler de mon célibat ?

C’est  clair qu'en restant extérieur au mystère de la foi, on ne peut pas comprendre l'engagement au célibat dans le sacerdoce. Pour ma part, j’essaye de le vivre, et je donne du sens à mon célibat à cause de l'expérience vécue depuis mon ordination. Mais je voudrais témoigner ici de la fécondité immense de ce que je vis, à travers mon célibat.Celui qui n’a pas la foi, aura sans doute du mal à comprendre mes propos.

Je ne crois pas être capable aujourd’hui de vivre mon sacerdoce autrement que dans le célibat ! Bien sûr, c’est chaque jour difficile. Les tentations sont nombreuses. Mon célibat trouve son sens profond dans mon ministère de prêtre. Le célibat est avant tout une discipline ecclésiastique, obligatoire dans l’Eglise latine, facultative dans les églises orientales catholiques. Le célibat n’engage donc pas la foi, même si le récent livre "Des profondeurs de nos cœurs" cosigné par Benoit XVI et le Cardinal Robert Sarah (Ed. Fayard - janvier 2020)  propose une lecture théologique du célibat. 

Aujourd’hui le seul argument qui me semble tenir la route, pour justifier le célibat du prêtre, mon célibat me semble être spirituel : au cœur de ma vie de prêtre, il y a bien sûr l’annonce de l’Evangile ; les rencontres, les accompagnements nombreux sont autant de liens qui sont essentiels à mon équilibre de vie. Mais c’est dans l’eucharistie que je trouve le sens et la force de vivre mon célibat.

A la messe, le prêtre que je suis est là pour redire les paroles, refaire les gestes de Jésus dans son dernier repas : « Prenez, mangez, ceci est mon Corps livré pour vous ! » C’est ma voix, c’est à travers moi que Jésus vient donner sa vie aux hommes d’aujourd’hui. Jésus passe à travers moi.

Mais lorsque je vis l’eucharistie, c’est aussi moi qui parle, qui dit avec Jésus : « Ceci est mon corps livré. » Parce que je suis célibataire, je sais d’une manière particulière ce que ça veut dire « livrer son corps », non à une seule personne en particulier, mais à toute l’Eglise ! A la manière de Jésus, je me livre aussi aux hommes qui sont là, face à moi, et je le vis d’une manière toute particulière à cause de mon célibat. Les personnes mariées peuvent vivre d’une manière similaire l’eucharistie quand ils se livrent l’un à l’autre totalement, comme Jésus s’est donné tout entier en donnant sa vie sur la croix.

Mon célibat trouve beaucoup de sens dans chaque eucharistie : si je suis célibataire, c’est pour ces gens qui sont devant moi à chaque messe. Mon célibat est pour eux, et pour tous les hommes, et je renouvelle le don de moi-même à chaque fois que Jésus, à travers mes mains, donne sa vie, donne son corps aux hommes.

Le célibat du prêtre, un signe pour le monde : mon témoignage

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La sexualité d'un prêtre

Publié le par Miniritou

Prêtre donné à Jésus pour toi   #giventojesusforyou #donneajesuspourtoi

Ce jeudi-saint 2019 marque pour moi un tournant dans ma vie et mon sacerdoce. Le jeudi qui précède la fête de Pâques est, traditionnellement, la fête du sacerdoce, puisque c'est le jour où le Christ a institué l'eucharistie, et que les prêtres reçoivent la mission de "faire ceci en mémoire de lui".

Depuis 14 ans, dans ce blog, je n'ai jamais voulu exposer ce qui relève de ma vie intime et personnelle. Le témoignage que je donne ici et que j'ai souhaité enregistrer en vidéo ( avec mes pauvres moyens et ma petite caméra :) ) est aujourd'hui une exposition intime de ce que j'essaye de vivre. J'insiste sur le fait qu'il n'y a rien d'exemplaire dans ma vie. Si je souhaite partager cela publiquement, c'est parce que j'aime le Christ, j'aime l'Église et je suis choqué et anéanti de constater que des prêtres ont sali leur sacerdoce en commettant des actes odieux. Je ne fais pas partie de ceux-là. Je n'ai pas de double vie. 

Mon célibat, il a du sens pour moi. Et je souhaite qu'il ait du sens pour ceux qui aiment les prêtres, qui gardent confiance en eux, malgré tant de d'occasions de douter et de remettre en cause l'idée ou la réalité du ministère sacerdotal.

 

 

J’ai 46 ans. Je suis prêtre dans le Tarn. Cette année, je vais célébrer le 20ème anniversaire de mon ordination. Je suis entré au séminaire le jour de mes 19 ans, après une année de vie étudiante à Perpignan. Le choix du célibat a été un choix fait de manière évidente, dès le début de ma formation et j’ai pris cet engagement important et solennel au jour de mon ordination, 8 ans après. Ce choix naturel, je l’ai fait dans l’enthousiasme de ma jeunesse : il devait devenir peu à peu, surnaturel pour que j’apprenne à enraciner ce choix dans la confiance et la fidélité de Dieu !

Le contexte de suspicion dans lequel un certain nombre de scandales qui incrimine des prêtres, infidèles à leurs engagements, et auteurs de faits ignobles, mais aussi les révélations sur les frasques de certains prélats à Rome, ou la découverte de certains prêtres menant une double vie me conduisent aujourd’hui à témoigner humblement, mais avec la vérité qui est celle que je dois à Dieu, de ce qu’est ma vie, mon célibat, mon sacerdoce. Je veux aujourd’hui l’exprimer dans ces lignes.

Je ne sais pas comment un prêtre ou un évêque peut décemment célébrer les sacrements, en ayant sur la conscience des péchés aussi graves que ceux que nous découvrons dans les scandales révélés ces derniers mois. Une schizophrénie spirituelle honteuse et déshonorante qui me révolte et m’afflige, tellement elle jette le discrédit sur la fidélité de tant et tant de consacrés, fidèles à leurs engagements.

Dire que je suis puceau n’est pas une honte : c’est même une fierté même si ce mot qui parle de virginité est devenu tellement vulgaire. Je n’ai jamais eu de relations sexuelles ni avec une femme, ni avec un homme, ni avec un enfant, bien entendu. Je précise les choses.

A travers mon sacerdoce, j’ai la joie d’offrir chaque jour ma vie au Seigneur et à mes frères en leur donnant mon temps, mon cœur de prêtre et mon corps. Quand Jésus offre son Corps, donne sa vie dans chaque eucharistie que je célèbre, j’essaye aussi de me donner tout entier, uni à Lui. De nos jours, tant de personnes donnent leur corps, sans rien d’autre à offrir à leur partenaire qu’un instant de plaisir éphémère…

Evidemment, si je disais que je suis indemne de tout péché dans le domaine de la pureté et de la chasteté, je mentirais : ce serait bien faux ! Je suis un grand pécheur. Mon humanité et mes fragilités sont réelles et même bien profondes. Bien des souillures et des fantasmes font ma honte. Je ne peux que les offrir au Seigneur à chaque confession, en lui demandant de me renouveler sa miséricorde et de me garder, jour après jour, fidèle aux promesses de mon ordination.

Aujourd’hui, je suis heureux d’être prêtre, et fier du célibat qui m’ouvre à une vie relationnelle différente : mon cœur ouvert à chacun qui ne se referme pas sur tel ou telle de manière exclusive. Mon célibat, c’est le cadeau que je fais à Dieu pour servir humblement la communauté, les hommes et les femmes du Ségala vers lesquels mon évêque m’envoie.

Je souhaite, de tout mon cœur, de tout mon corps, être digne de la mission que le Seigneur me confie, comptant sur la force de son Esprit, capable de faire de moi le Serviteur dont le monde et l’Eglise ont besoin.

 

Xavier Cormary, PPP (pauvre prêtre pécheur)

 

English text

The sexuality of your priest

I am 46 years old. I am a priest in the Tarn. This year, I will celebrate the 20th anniversary of my ordination. I entered the seminary on the day of my 19th birthday, after a year of student life in Perpignan. The choice of celibacy was an obvious choice from the beginning of my formation and I made this important and solemn commitment on the day of my ordination, 8 years later. This natural choice, I did in the enthusiasm of my youth: it was to become little by little, supernatural for me to learn to root this choice in the trust and fidelity of God!


Faced with a context of suspicion in which a number of scandals incriminate priests, unfaithful to their commitments, and authors of ignoble facts, but also the revelations about the escapades of some prelates in Rome, or the discovery of some priests leading a double life, I want today to testify humbly. In front of God, in the truth and in conscience, I want to share to you what is my life, my celibacy, my priesthood. I want to express it in these lines.


I do not know how a priest or a bishop can decently celebrate the sacraments, having on his conscience sins as serious as those we discover in the scandals revealed in recent months. A shameful and dishonorable spiritual schizophrenia that revolts and afflicts me, so much it discredits the fidelity of so many consecrated people, faithful to their commitments.


To say that I am a "puceau" is not a shame: it is even a pride even if this word that speaks of virginity has become so vulgar. I have never had sex with a woman, or a man, or a child, of course. I specify things.

Through my priesthood, I have the joy of offering my life every day to the Lord and to my brothers by giving them my time, my priestly heart and my body. When Jesus offers his Body, gives his life in every Eucharist that I celebrate, I also try to give myself whole, united to Him. Nowadays, so many people donate their bodies, with nothing else to offer their sexual partner but a moment of ephemeral pleasure ...

Of course, if I said that I am unscathed from all sin in the realm of purity and chastity, I would lie: it would be wrong! I am a great sinner. My humanity and my fragilities are real and even profound. Many defilements and fantasies are my shame. I can only offer them to the Lord at each confession, asking him to renew his mercy and to keep me, day after day, faithful to the promises of my ordination.


Today, I am happy to be a priest, and proud of celibacy that opens me to a different relational life: my heart open to everyone who does not close on this or that exclusively. My celibacy is the gift I give to God to humbly serve the community, the men and women of Ségala to whom my bishop sends me.

I wish, with all my heart, with all my body, to be worthy of the mission that the Lord entrusts to me, counting on the strength of his Spirit, capable of making me the Servant that the world and the Church need.

Xavier Cormary, PSP (poor sinner priest)

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​​​​​​​Mon célibat de prêtre …  votre fécondité évangélique !

Publié le par Miniritou

16 ans que je suis prêtre… Je n’ai pas mesuré lors de mon ordination les difficultés inhérentes au choix qu’on m’imposait. J’ai offert dans l’enthousiasme de mes 20 ans ma virginité de mon cœur et de mon corps. A ce jour j’y suis resté fidèle. On peut dénoncer l’infidélité de certains prêtres sans jeter un discrédit sur tous les prêtres…

J’ai compris peu à peu  les exigences du célibat. J’ai  découvert aussi mes limites et mes fragilités.  

Dans mon monde ou sensualité et érotisme s’affichent sur tous les écrans, où la relation sexuelle est devenue un jeu, une distraction parmi d’autres,  pas facile de garder un cœur pur, un regard chaste…

J’ai donné du sens à cet engagement du célibat, en prenant conscience que mon célibat ne pouvait pas être  uniquement une décision personnelle, et un choix intime.

C’est un choix en Eglise. C’est un choix pour l’Eglise. C’est mon choix pour le monde. Parce que le monde a plus besoin d’amour que de sexe…

Mon célibat est de votre responsabilité parce qu’il est pour vous.  Prêtre, mon sacerdoce est au service de votre foi, de votre croissance dans le Christ. Si vous voulez m’aider, et aider un prêtre à vivre son célibat de manière heureuse, demandez- lui d’être prêtre ! Ne critiquez pas, ne dénoncez pas son célibat !

Si le célibat sacerdotal est une amputation intolérable, alors la fidélité dans le mariage l’est aussi !

Pour que ma vie soit féconde, il faut que mon célibat trouve du sens dans votre foi ! Découvrez combien la vie de vos prêtres, engagés dans le célibat est un cadeau pour vous,  un cadeau pour votre foi, pour votre fidélité au Christ. Tout est là ! Essayez de comprendre le célibat de vos prêtres, arrêtez de le remettre en cause !

Je ne peux être chrétien avec vous que si je suis prêtre pour vous.

Alors le geste qui va suivre, le Lavement des pieds,  prendra son sens si votre cœur de chrétien perçoit que ma vie de prêtre, je l’ai donnée au Christ, mais je la donne aussi  à l’Eglise qui m’est confiée. Je vous la donne, avec joie et enthousiasme, dans mes pauvretés et mes fragilités humaines pour manifester qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime.  Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie au Christ qui nous aime d’un amour miséricordieux !

La miséricorde du Seigneur, à jamais je la chanterai !

 

homélie du jeudi Saint 2016

​​​​​​​Mon célibat de prêtre …  votre fécondité évangélique !

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Célibat du prêtre : mon célibat...

Publié le par Xavier Cormary

Les médias ne manquent pas périodiquement de souligner la crise du recrutement des prêtres et de remettre sitôt en question le célibat sacerdotal qui est de règle dans l’Eglise catholique latine (en occident essentiellement). On voudriat exiger de l'Eglise qu'elle autorise "les prêtres à se marier" ou bien à 'ordonner des hommes mariés". mais qu'en pensent les premiers concernés, en l'occurence : MOI !

 Le célibat est exigeant, et c’est bien ce qui pose le plus question dans la vie du prêtre puisque on ne peut évoquer la situation des prêtres sans remettre ce célibat en cause. C’est d’ailleurs ce qui interpelle le plus les jeunes que je rencontre aujourd’hui. Actuellement, il reste le signe le plus visible de la spécificité du prêtre dans notre société : « Cet homme a choisi de ne pas se marier ! » Ce n'est pas subi, c'est choisi, même si les conséquences sont difficiles à assumer comme dans tout engagement. La libération des mœurs laisse croire aux nouvelles générations qu’il est impossible de vivre sans avoir de relations sexuelles. C’est pourquoi les média doutent du célibat des prêtres qui affirment vivre la continence. On imagine facilement que tous les prêtres ont des maîtresses. 

 A mon avis, largement partagé, la question du célibat ne remet nullement en cause la foi. Les églises catholiques de rites orientaux (Liban ; Irak ; Roumanie…) ordonnent prêtres des hommes mariés. A mes yeux,  je crois devoir souligner la valeur du célibat consacré et sa signification profonde ; je ne crois pas que le célibat relève uniquement d’une discipline ecclésiastique séculaire qui serait dépassée, mais d’un attachement profond au Christ-Jésus. Le célibat est bien un don total de ma personne à Dieu. Quand le prêtre  que je suis donne sa vie, son temps, son cœur, son affectivité, son intelligence, il offre dans son célibat son propre corps pour la vie des femmes et des hommes qu’il a mission de conduire vers le Père. Et Dieu ne peut se donner qu’à travers le don que le prêtre fait de lui-même. C'est une lecture spirituelle, telle que je la ressens. Bien sûr, un prêtre marié vivra les choses différemment sans qu'elles soient mieux ou moins bien ...

On évoque parfois les raisons matérielles (rémunération insuffisante ; emploi du temps surchargé ; manque de disponibilité …) qui empêcheraient le prêtre d’être un époux dévoué et un père attentif à la vie de sa famille. Ces arguments, s’ils sont,  à mon avis, pertinents, ne peuvent suffire à justifier pour une vie entière un célibat consacré à Dieu.

 Ma vie du prêtre trouve son sens dans ce qui est en moi donné au Seigneur et à mes frères pour manifester la présence du Christ, vrai homme et vrai Dieu. Toute mon existence voudrait  bie imparfaitement refléter celle de Jésus, homme au milieu des hommes, célibataire pour annoncer l’Amour incarné du Père qui peut combler toute vie humaine, jusque dans son intimité. C’est ça la vraie grandeur du célibat et la force du don que le prêtre fait.

Le prêtre reste un homme faible et pêcheur : Je reste ce pauvre de Dieu... Je peux parfois manquer à ma parole, à mes engagements et à ma consécration comme un mari peut être infidèle à son épouse dans le sacrement du mariage. Tout est une question de fidélité à la parole, et au sens donnée à cette consécration.

 

Aujourd’hui, il me semble que les crises touchent aussi bien de l'engagement, dans le mariage comme dans le célibat consacré, comme d’ailleurs dans des engagements associatifs, syndicaux ou politiques. Ce n'est pas la question du célibat qui pose problème pour les vocations : c'est d'abord une crise de la foi. Peu de croyants, peu de gens portés à s'engager !

Je veux aussi l’affirmer : cette vie est possible ! Elle n’est pas subie, elle est avant tout choisie. J’essaie moi-même humblement d’être un prêtre entièrement consacré au Seigneur pour le service de l'Église, et je suis heureux  dans mon célibat ! Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve, mais je sais que je peux et que je dois d’abord compter sur la puissance de Dieu, « son Esprit qui vient au secours de notre faiblesse. » (De la lettre de St Paul aux Romains, chapitre 8, verset 26)                   

      

 

Célibat du prêtre : mon célibat...

Publié dans Sacerdoce, célibat, joie, prêtre

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Mon célibat de prêtre …  votre fécondité évangélique !

Publié le par Miniritou

18 ans que je suis prêtre… Je n’ai pas mesuré lors de mon ordination les difficultés inhérentes au choix qui s'est imposé à moi. J’ai offert dans l’enthousiasme de mes 20 ans la virginité de mon cœur et de mon corps. A ce jour j’y suis resté fidèle. On peut dénoncer l’infidélité de certains prêtres sans jeter un discrédit sur tous les prêtres…

J’ai compris peu à peu les exigences du célibat. J’ai découvert aussi mes limites et mes fragilités.

Dans mon monde ou sensualité et érotisme s’affichent sur tous les écrans, où la relation sexuelle est devenue un jeu, une distraction parmi d’autres, pas facile de garder un cœur pur, un regard chaste…

J’ai donné du sens à cet engagement du célibat, en prenant conscience que mon célibat ne pouvait pas être uniquement une décision personnelle, et un choix intime.

C’est un choix en Eglise. C’est un choix pour l’Eglise. C’est mon choix pour le monde. Parce que le monde a plus besoin d’amour que de sexe…

Mon célibat est de votre responsabilité parce qu’il est pour vous. Prêtre, mon sacerdoce est au service de votre foi, de votre croissance dans le Christ. Si vous voulez m’aider, et aider un prêtre à vivre son célibat de manière heureuse, demandez- lui d’être prêtre ! Ne critiquez pas, ne dénoncez pas son célibat !

Si le célibat sacerdotal est une amputation intolérable, alors la fidélité dans le mariage l’est aussi !

Pour que ma vie soit féconde, il faut que mon célibat trouve du sens dans votre foi ! Découvrez combien la vie de vos prêtres, engagés dans le célibat est un cadeau pour vous, un cadeau pour votre foi, pour votre fidélité au Christ. Tout est là ! Essayez de comprendre le célibat de vos prêtres, arrêtez de le remettre en cause !

Je ne peux être chrétien avec vous que si je suis prêtre pour vous.

Alors le geste qui va suivre, le Lavement des pieds, prendra son sens si votre cœur de chrétien perçoit que ma vie de prêtre, je l’ai donnée au Christ, mais je la donne aussi à l’Eglise qui m’est confiée. Je vous la donne, avec joie et enthousiasme, dans mes pauvretés et mes fragilités humaines pour manifester qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie au Christ qui nous aime d’un amour miséricordieux !

La miséricorde du Seigneur, à jamais je la chanterai !

Mon célibat de prêtre …  votre fécondité évangélique !

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Prêtre : le célibat : mon Djihad !

Publié le par Miniritou

Pourquoi le célibat sacerdotal est-il régulièrement remis en cause ? Serait-il un usage d’une autre époque, assimilable à une violence contre-nature ? La récente défection d’un prêtre lyonnais médiatique a remis sur la table cette question du célibat sacerdotal.

A défaut de pouvoir défendre et expliquer mon célibat, devrais-je, pour me faire entendre, me faire exploser en pleine rue, troquant la ceinture de la chasteté contre une ceinture d’explosifs ?

L’Islam propose le Djihad comme un chemin vers l’absolu. Le Djihad est cette résistance, cet effort  exigeant pour se tourner vers Dieu. Certains interprètent ce combat, non contre soi-même, contre son propre péché mais contre les autres, contre l'Homme, l'amour et la fraternité entre les Hommes, contre celui considéré comme "kouffar" (celui qui cache la vérité) ...

Le célibat sacerdotal est-il plus contre-nature que le fanatisme kamikaze qui rêve d’accéder au paradis ?  Je suis un djihadiste de Jésus. Ma seule violence, je l’accepte pour moi-même en choisissant de vivre  pour le Christ, avec le Christ, comme le Christ, dans un état de vie qui dérange les autres silencieusement, bien plus qu’une bombe ! Car le célibat est une bombe : une bombe d’amour jeté dans l’arène des mécréants qui n’y comprennent rien. Et cela est normal ! Le fanatique commet un acte de désespoir  qui sème la mort. Mon célibat est un acte d’espérance qui entend donner la vie. Face à l’indifférence au Salut que Dieu propose, nul ne peut comprendre mon célibat sinon comme une amputation. Pourtant, c’est bel et bien une greffe. J’ai choisi, avec mes pauvretés, mes faiblesses, avec ma chair fragile, de greffer ma vie sur celle du Christ afin que la vie de Dieu germe au cœur de cette humanité, au cœur de cette Eglise dans laquelle je suis devenu serviteur.

L'homme ne veut plus ressembler à Dieu. Il fait tout pour défigurer cette image. Prêt à tout pour arracher tout chemin d’absolu de son cœur, afin de nier son origine.

Le Djihad fanatique qui se révèle dans ces jeunes en quête d’absolu est un cri de contestation.  Le célibat sacerdotal dans une société porno-dépendante, érotisée, sexualisée à outrance est un cri de contestation.

On peut m’empêcher de porter une croix, de proclamer ma foi. On ne pourra jamais m’enlever ma capacité à choisir, à re-choisir sans cesse de dire ma foi par mon célibat. Je donne mon corps au Corps de Jésus.

Mon corps, ma vie entière est consacrée à la Consécration de son Corps. Totalement livré, non à une idéologie mais à sa Personne, je laisse Jésus disposer de mon corps. Je m’unis amoureusement et physiquement à Lui, et à aucune autre personne. Je veux accueillir de Jésus lui-même ce don : il a livré sa vue pour nous : pourrai-je en faire moins pour Lui ?

Je renonce à fonder une famille selon la chair, afin de livrer toute ma vie, mon cœur, mon corps à son unique famille : son Eglise. Certains diront que je suis un fanatique… Peut être un fanatique de l’amour : il ne fait de mal à personne ce fanatisme là !

Mon célibat est un cri de révolte contre ce monde sans Dieu. C’est une préférence d’amour, un cadeau divin, un signe prophétique, une anticipation du paradis, un vrai don de moi-même pour ce monde loin de Dieu.

Pour arme, je n’ai que mon corps.

Pour consignes, le commandement d’amour de Jésus.

Pour explosifs, je n’ai que la foi, l’espérance et l’amour.

Pour que Dieu continue de vivre en ce monde qui le renie, je lui donne et lui consacre :

  • Mes mains pour bénir, sanctifier, et consoler.
  • Mes pieds pour parcourir les routes du monde.
  • Mes bras pour étreindre les pauvres, les oubliés.
  • Mes oreilles pour écouter les cris et les confidences de mes frères en humanité.
  • Mes lèvres pour proclamer la vérité et annoncer le Royaume.
  • Mes yeux pour contempler les merveilles de son amour.
  • Mon visage pour laisser humblement transparaitre le sien.

Je lui donne tout mon corps pour que ma vie, ressemble un peu à la sienne. Je ne suis pas à la hauteur de cet idéal. J'en ai bien humblement conscience. Mais je veux faire de mon mieux pour avancer dans cet idéal là !

Si je n’étais pas prêtre, je serai djihadiste. En fait, je le suis sans doute déjà : car mon célibat, c’est mon Djihad. Et à tout prendre, je choisis d’annoncer un Dieu qui s’impose par l’amour, et non par la violence ou la haine.

 

En partie inspiré par une méditation du Père Daniel Ange

Prêtre : le célibat : mon Djihad !
Prêtre : le célibat : mon Djihad !

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