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15 articles avec catholique

Mon coming out : déclaration d’amour

Publié le par Miniritou

Je t’aime ! Je t’aime ! Je t’aime !

Je t’aime ma Belle, je t’aime ma Douce, je t’aime, Toi si Grande !

Je t’aime, même si tu me déçois, même si tu me désoles, même si tu me blesses.

Je t’aime même si je ne te comprends pas, même si je ne te connais pas, même si je doute de toi.

Je t’aime malgré tes mauvais côtés, malgré tes défauts, tes rides et malgré tes préjugés.

Je t’aime en dépit de ta mauvaise réputation, en dépit de ton orgueil et en dépit de tes faiblesses.

Je t’aime dans tes faiblesses, dans tes fragilités et dans ton humilité.

J’aime en toi ce qui est grand, ce qui est beau et lumineux, ce qu’on ne voit pas au premier coup d’œil, ce que personne ne devine de toi, ce que tu caches et ce qui, chez toi, me fait grandir et m’émerveiller !

J’aime la Lumière céleste qui vient de toi. J’aime en toi ce qui rend humain parce que c’est divin. J’aime ce qui me rend humain pour me faire chrétien.

Je t’aime, Eglise du Christ, parce que sans toi, je ne le connaîtrais pas.

Tes faiblesses sont les miennes et tes silences coupables sont aussi les miens.  Tes jugements et tes préjugés, ils sont aussi en moi. Tes lenteurs et tes lourdeurs je les connais ! Tes illusions, je les ai vécues, ta vanité, je l’ai éprouvée. Ton sentiment de supériorité, je l’ai ressenti. Ton arrogance fut parfois la mienne, et tes aveuglements viennent de mes yeux et de mon cœur fermés.

J’ai désiré ta sainteté ; j’ai honni ta médiocrité. J’ai contemplé ta grandeur ; j’ai été allergique à tes bassesses.  J’attendais une délicatesse ; j’ai reçu une douche froide.

J’ai espéré une famille : des frères et sœurs attentionnés ; j’ai souvent regretté ton indifférence.

J’attendais beaucoup de toi et je donnais peu de moi-même. J’exigeais tout de toi, je dénonçais tant d’insuffisances.

Je revendiquais ma place au premier rang quand j’avais besoin de toi. Je ne voulais pas comprendre que tu avais besoin de moi.

Eglise de Jésus-Christ, pauvre d’humanité, riche d’amour divin, assemblée des disciples qui sont en chemin vers le Père : tu nous montre la route, non dans la richesse et une trajectoire éblouissante, mais dans la pauvreté et le chemin d’une humanité blessée, qui se laisse soulever par l’Esprit qui donne la Vie en abondance.

 

Mon coming out : déclaration d’amour

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L'image de L'Eglise et son message

Publié le par Miniritou

Il est, sans conteste, un problème redoutable auquel les chrétiens et la curie romaine devront, tôt ou tard, s'attaquer : c'est l'image de l'Eglise. Le message n'est-il pas devenu inaudible si le messager, les messagers sont peu crédibles ?

Qu'on le veuille ou non, dans le monde du XXI° siècle, l'image de l'Eglise fait obstacle à son message.

Et je ne parle pas là seulement des affaires médiatiques scandaleuses qui touchent certains prêtres ou même des évêques, ni même des propos du pape qui sont facilement extrapolés ou sortis de leur contexte. 

Je parle de l'image de l'Eglise quand elle donne à voir ce qu'elle vit. Les liturgies solennelles, les rassemblements monstres, les prises de paroles officielles, et celle de chrétiens convaincus, ont-ils encore le goût et la saveur de l’Évangile ?

J'apprécie beaucoup les liturgies soignées, vécues avec grande dignité, et riches de beautés et des trésors de la Tradition ;  mais certains fastes et certaines pratiques, sont elles encore lisibles pour des contemporains déchristianisés ? L'Eglise n'a-t-elle pas la tentation de se contenter de se préserver et de se perpétuer, au détriment des actes prophétiques qu'on attendrait d'elle ?

On imagine encore une Eglise capable de tisser des draps d'or devant des sinistrés qui meurent de faim. On entend souvent davantage les messages de réprobation et de condamnations ( la faute aux média ?) que la Bonne Nouvelle de l'amour de Dieu qui relève et pardonne... On déploie un faste surdimensionné dans des situations ou la simplicité révélerait bien mieux, la beauté de notre foi. On connait la simplicité de cœur de notre pape François, mais les autres ne remarquent guère que sa papamobile blindée et son palais apostolique, même s'il a choisi de demeurer dans la maison Sainte Marthe avec d'autres prélats...

Sans cracher dans la soupe, je suis cependant convaincu que l'Eglise doit encore perdre de son aura, de sa réputation pour redécouvrir la moelle de l’Évangile. Sans renier ce qui a fait son histoire, sans rejeter son patrimoine et ce qu'elle a apporté à la société à travers les arts et les lettres, notre bonne vieille Eglise a encore des conversions à opérer. Et il se peut que ces conversions doivent se faire par nous ! « Nous portons un trésor dans des vases d'argile » (2 Cor 4,7).  Et ce trésor, Dieu nous l'a confié... Donc au boulot !

 

L'image de L'Eglise et son message

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Urgence spirituelle

Publié le par Miniritou

Il ne suffira pas d’écrire ici quelques lignes pour que les lecteurs puissent se rendre compte de l’urgence spirituelle dans laquelle nous vivons… Hélas, le monde tourne, on cherche tous à vivre confortablement, évitant les problèmes et les épreuves autant que possible, prenant sans trop nous indigner, les nourritures avariées que nous servent télévision, média ou les idéologues qui parlent fort, et les routines dans lesquelles nous nous sommes installés depuis longtemps.

Il ne suffira pas de constater et de se lamenter sur les statistiques catastrophiques du catéchisme, de la pratique religieuse, et de la prolifération de l’ignorance religieuse et spirituelle, de l’émergence des idéologies diaboliques ou sectaires, pour susciter un électrochoc.

Il ne suffira même pas que les paroisses, les chrétiens sortent de leurs habitudes pour aller aux périphéries de l’Eglise, au cœur du monde sourd à l’Evangile, afin d’annoncer, à frais nouveau, le message d’amour de Jésus, afin qu’il soit entendu, audible et crédible.

Il ne suffira pas de faire une manif pour contrer une loi qui oppose « le désir d’enfant », si respectable soit-il, de personnes en souffrance, au « désir de père » qui surgira dans 10 ou 20 ans chez ces orphelins mis au monde aux frais de la Sécurité sociale, privés de leurs origines et sacrifiés sur l’autel de l’égalitarisme.

Non, tout cela ne suffira pas ! La première des conversions à opérer n’est pas dans le « faire », en cherchant des plans pastoraux, de nouvelles « techniques » ou en faisant des messes « attirantes » ! La première des conversions, elle consiste à vivre l’Evangile intégral, à laisser la Bonne Nouvelle guider, conduire et inspirer toute notre vie. Des chrétiens contagieux, même s’ils n’ont pas les faveurs médiatiques, même s’ils sont traités de « ringards » ou « obscurantistes », feront le buzz spirituel quand leur style de vie portera des fruits et attirera les hommes et les femmes d’aujourd’hui qui auront envie de leur ressembler. Seulement à cette condition, nous redonnerons à la foi chrétienne ses lettres de noblesse. On a bien besoin de l’aide précieuse de l’Esprit-Saint pour ce vaste défi !

Urgence spirituelle

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Vers une laïcité a-religieuse ?

Publié le par Miniritou

Vers une laïcité a-religieuse ?

On soupçonne encore les chrétiens de vouloir imposer leurs idées à la société toute entière : s’ils dénoncent certaines lois, les chrétiens annoncent d’abord et surtout, en s’appuyant sur l’Evangile, la dignité et le respect dû à toute personne : le migrant, l’étranger, comme la personne handicapée ou en fin de vie. Du coup, tous les moyens sont bons pour les réduire au silence : moqueries et vexations, embargo médiatique sauf pour les ignobles scandales ou les affaires qui salissent ou embarrassent l’Eglise ou les chrétiens…  Il est clair que la foi ne rend personne irréprochable.

Il est révolu le temps où l’Eglise, avec un discours péremptoire et dogmatique, essayait d’imposer sa pensée, sous peine d’excommunication ou de bûcher pour les contestataires ou les opposants. En ce sens, la laïcité qui respecte la liberté de conscience, « garantit le libre exercice des cultes » mais qui «ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte » est une bonne chose, une très bonne chose.

 Or le problème est bien aujourd’hui plus que jamais la liberté de conscience en matière religieuse :

  • Pourquoi le fait de communiquer, de donner une simple information, dans les journaux, dans les lycées ou sur des panneaux municipaux est devenu tabou ? Aujourd’hui, annoncer dans l’espace public une fête paroissiale, une conférence biblique ou informer les élèves d’un lycée qu’il existe une aumônerie est devenu impossible « au nom de la laïcité ». On nous laisse encore le droit d’apposer des affiches aux portes des églises : ouf !
  • Oui c’est vrai : le prosélytisme des chrétiens d’hier a semé la suspicion et suscite la méfiance aujourd’hui. Mais la laïcité athée et a-religieuse n’a rien à voir avec la laïcité de la République française.

Pourquoi les chrétiens devraient-ils être considérés comme des sous-citoyens, dans la République laïque ? Le mot « religion » serait-il considéré comme tabou et offensant pour les non-croyants ?

Comme chrétien, je ne demande pas plus que ce que la loi républicaine exige. Mais je n’en demande pas moins. La censure de toute initiative ou proposition religieuse peut-elle servir le « vivre ensemble » républicain, si cher à nos gouvernants ?

Bannir la prosélytisme et toute forme de doctrine religieuse intégriste qui voudrait s’imposer à la nation est un devoir de la République : refuser l’hégémonie a-religieuse est, de la même manière, une exigence de l’état laïc qui garantit la liberté de conscience.

En conclusion, je ne peux, au nom de l’Evangile, que m'engager à respecter et écouter ceux qui ne partagent pas les mêmes opinions, les mêmes convictions que moi. Mais ai-je le droit d’espérer qu’ils en fassent de même ? Albert Camus, qu’on ne peut pas soupçonner de complaisance religieuse, écrivait dans ses écrits politiques : « Je n’essaierai pas de modifier rien de ce que je pense, ni rien de ce que vous pensez (pour autant que je puisse en juger) afin d’obtenir une conciliation qui nous serait agréable à tous. Au contraire, ce que j’ai envie de vous dire aujourd’hui, c’est que le monde a besoin de vrai dialogue, que le contraire du dialogue est aussi bien le mensonge que le silence, et qu’il n’y a donc de dialogue possible qu’entre des gens qui restent ce qu’ils sont et qui parlent vrai. »

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Deux poids, deux mesures ?

Publié le par Miniritou

Deux poids, deux mesures ?

Il me semble que la démocratie est construite sur la loi de la République, et que personne n’est au dessus de la loi, sauf à invoquer une juste objection de conscience ?

Je m’étonne que la Dépêche du Midi le « Journal de la Démocratie » puisse piétiner à ce point une loi républicaine qui protège la présomption d’innocence.

Dans les colonnes de ce saint Journal, je constate à quelques pages d’intervalle que l’homme de Castres qui est soupçonné d’avoir assassiné sa grand-tante à Castanet (DDM du 8 février 2019) ait droit à voir son nom livré en pâture avec sa photo en pleine page,  tandis que les jeunes qui ont vandalisé la cathédrale de Lavaur (DDM du même jour) sont des lycéens anonymes de 17 ans. Dans un cas, un meurtre odieux, dans l’autre, une pauvre cathédrale tout juste rénovée.

Dans un cas, un homme présenté dans la Dépêche comme « tourné vers la foi catholique » et accusé d’assassinat : la précision est utile pour comprendre pourquoi il aurait pu assassiner cette pauvre femme… Dans un autre cas, deux jeunes désœuvrés, qui détruisent des biens religieux : ils sont peut être musulmans, ou catholiques, ou païens :  la Dépêche ne le précise pas.

Il est particulièrement étonnant, de la part d’un si grand journal régional comme la Dépêche du Midi, de voir traiter avec autant de neutralité et d’objectivité tous les faits divers à connotation religieuse, et plus globalement toute l’actualité religieuse. Et ce ne sont là que des faits divers, parce quand il s’agit d’événements spécifiquement chrétiens (Voir la DDM du 25/11/2018 concernant la retraite du Père Manjackal à Carmaux), les personnes mises en cause n’ont même pas la possibilité de bénéficier d’un droit de réponse. Voilà la justice médiatique tellement adorée des gilets jaunes et des citoyens français… Elle est où la Démocratie ?

 

 

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Moi, Cormary, curé de Carmaux : Je suis le nouveau gourou roux…

Publié le par Miniritou

L’article publié dans la Dépêche du Midi le 25 novembre laisse penser que le diocèse d’Albi et le curé de Carmaux, apparu en photo dans la Dépêche du Midi le 15 septembre dernier aux côtés du  Père James Manjackal (1),  auraient donné leur bénédiction à un meeting mystico-gélatineux à l’occasion de la venue de ce prêtre « controversé ». Votre  reportage est tendancieux et inexact.  Ce hold-up charismatique et donc sectaire aurait rapporté 24 000 € à l’association Fontaine d’eau vive. Certains de mes paroissiens pensent même que j’ai reçu un dessous de table, ou plutôt un dessous d’autel !

Les propos d’un membre autorisé du centre contre les manipulations mentales sont-ils suffisamment étayés ? Les arguments s’appuient sur quelques paroles ou témoignages d’opposants, pour la plupart antérieurs à 2012.

 

  • OUI, le P. James Manjackal est un prêtre catholique qui a reçu mission du pape : il l’a désigné comme Missionnaire de la miséricorde. Il demeure membre de sa congrégation religieuse : les missionnaires de St François de Sales.
  • OUI, le P. Manjackal expose la doctrine et la foi catholique, en fidélité avec la Bible, parfois en mettant les pieds dans le plat sur des sujets qui fâchent.
  • OUI, certains de ses propos passés, sont contestés jusqu’au sein même de l’Eglise Catholique : homosexualité, médecines douces... L’unité, ce n’est pas l’uniformité ! C’est ce qui fait la différence avec une secte.
  • OUI, les fidèles qui participent aux sessions du Père Manjackal reçoivent des grâces spirituelles et des guérisons, que ça vous plaise ou non, que vous le croyiez ou pas.
  • NON, l’évêque n’attend pas qu’une journaliste le rappelle (ce qu’elle n’a pas fait contrairement à son intention exprimée) pour être à sa disposition. Cette journaliste qui a échangé avec la responsable diocésaine de la communication pendant 30 minutes mais n’a rien retenu de cette discussion dans son article.
  • NON,  la retraite n’est pas exclusivement un temps pour choper au vol une guérison miraculeuse, mais avant tout 3 jours de prière, de réflexion et d’approfondissement de la foi chrétienne.
  • NON, la comptabilité des retraites organisées par l’association « Fontaine d’eau vive » n’est pas opaque. (2)
  • NON, 27 € pour 3 jours de session n’est pas un tarif exorbitant pour participer à cet événement qui permettrait un enrichissement ou des malversations. Plusieurs personnes sans ressource ont bénéficié d’une exonération des frais d’inscription.

 

Beaucoup des participants à cette retraite ont vécu 3 jours formidables : ils ont été profondément attristés et peinés que vous ayez rapporté des faits datés, essentiellement tirés d’un article paru dans l’hebdo Golias.

 

L’article que vous avez publié est une humiliation et une mise en cause personnelle pour moi, curé de Carmaux. Je ne crois pas avoir la réputation à Carmaux d’un prêtre sectaire, malhonnête, clérical ou d’avoir le charisme d’un gourou, quoi que roux…

 

Xavier Cormary, curé de Carmaux

 

 

(1)  https://www.ladepeche.fr/article/2018/09/15/2868786-1000-personnes-attendues-pour-la-retraite-du-pere-manjackal.html

 

(2)  La comptabilité de la session sera transmise par les organisateurs dans quelques semaines à toute personne qui voudrait en prendre connaissance à la paroisse de Carmaux.

Moi, Cormary, curé de Carmaux :  Je suis le nouveau gourou roux…
Moi, Cormary, curé de Carmaux :  Je suis le nouveau gourou roux…
Moi, Cormary, curé de Carmaux :  Je suis le nouveau gourou roux…
Moi, Cormary, curé de Carmaux :  Je suis le nouveau gourou roux…

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Message aux paroissiens anonymes que je croise sans les connaître … Et aux autres....

Publié le par Miniritou

Cher paroissien,

 

Tu es bien heureux, aujourd’hui, de trouver sur ta route un prêtre pour t’accompagner, pour accompagner tes gosses au caté, ou ta vieille maman à la maison de retraite, heureuse d’avoir une messe de temps en temps. Tu es heureux de trouver une église ouverte et propre, un prêtre, des chrétiens à ton écoute, … Mais sais-tu qui je suis ? Sais-tu pourquoi je suis là, moi le curé de ta paroisse ? Je voudrais, en toute amitié, en toute simplicité, t’adresser ces quelques lignes…

 

Prêtre, ce n’est pas un métier, c’est un service. Un jour, dans la foi, à cause de mon amour pour Jésus, et dans un désir de servir les autres,  j’ai répondu à l’appel de l’Eglise. J’ai rencontré Jésus qui m’a révélé un amour infini. L’évêque m’a envoyé dans cette paroisse, afin que j’y exerce la mission de servir les hommes, d’annoncer l’Evangile en le vivant moi-même au milieu des gens.

 

Prêtre ce n’est pas un métier, c’est une vocation. Dans la société actuelle qui a largement placé Dieu aux oubliettes, beaucoup de femmes et d’hommes perçoivent malgré tout un besoin de «spiritualité », spécialement dans les grands moments de la vie : la naissance, la construction d’un projet de vie, la maladie, ou devant la mort. C’est peut être ton cas…

 

Prêtre, ce n’est pas être fonctionnaire d’un service public. C’est être serviteur du désir des hommes qui cherchent Dieu et qui ont découvert l’Evangile, et pensent que Jésus-Christ est un chemin de vie. Tous les hommes, sans exception, sont mes frères en humanité, et j’ai l’ambition, peut être un peu utopique, c’est vrai, de ne pas vouloir faire de différence entre les uns, croyants, pratiquants, actifs dans la paroisse, et les autres, plus loin, moins fervents, moins religieux, moins visibles.

 

Prêtre, ce n’est pas être totalement détaché du monde : je vis ici, au milieu de vous, la paroisse me fournit un logement, les paroissiens de quoi vivre. C’est vrai, je ne suis pas malheureux : les smicards ont des fins de mois souvent plus difficiles… Mes difficultés sont rarement matérielles ou financières, c’est sûr. Mes préoccupations sont souvent plus pastorales : comment rejoindre les petits, les oubliés de notre société ? Comment parler de Jésus aux enfants, aux gens révoltés par la souffrance… Qui pourra assurer telle tâche dans la paroisse ? Comment aménager la salle paroissiale en vue d’une utilisation adaptée aux groupes ?

 

Mais voilà, être prêtre, c’est être un homme parmi les hommes. Toi, tu veux que je sois disponible pour toi, tu veux que je réponde à ta demande. T’es-tu jamais posé la question : n’aurais-je pas désiré, moi Xavier, que tu sois disponible pour moi et pour l’Eglise ? T’es-tu un jour posé la question : comment il vit le prêtre, Xavier ?

L’argent de mon portefeuille, je veux te le confirmer, il ne tombe pas du ciel. Le gas-oil dans la voiture, il n’est pas apporté par les anges : je vais régulièrement à la station service… Le chauffage de mon appartement, c’est bien la paroisse qui le paye, et non le Vatican ou un mécène anonyme qui règle les factures…

 

Donner à l’Eglise, ce n’est pas financer la papamobile ou les voyages du pape. Le Denier de l’Eglise, ce sont les paroissiens qui œuvrent pour leur paroisse, pour les prêtres et salariés de la paroisse, pour leur diocèse : soutien des prêtres âgés, formation des futurs prêtres, entretien des bâtiments…

 

Tu as besoin d’un prêtre sur mesure, grassouillet, sympathique, corvéable à merci, bon vivant, souriant, qui a toutes les qualités qu’on peut attendre d’un ami de Dieu ? Là tu demandes peut être trop…

 

Mais si tu veux un prêtre à ton service, fraternel, le plus disponible possible, si tu veux une paroisse ouverte, des personnes formées pour accompagner tes joies et tes peines, alors n’oublie pas le Denier de l’Eglise… Si tu veux un prêtre normal pour des paroissiens normaux…

 

Comme toute cotisation aux associations que tu peux soutenir, ton don est, en plus déductible des  impôts à hauteur de 66 %...

 

 

Xavier CORMARY, ton curé,

Prêtre de Jésus-Christ,

Heureux de servir les hommes,

Encore plus heureux de savoir qu’on pense à lui-même quand on n’a pas besoin de lui !

 

Don en ligne :   http://albi.catholique.fr/

 

 

 

Paroisse du carmausin

(chèque : Association Diocésaine d’Albi)

1 rue Courbet

81400 CARMAUX

Message aux paroissiens anonymes que je croise sans les connaître … Et aux autres....

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Un nouveau Notre Père ?

Publié le par Miniritou

L’entrée en vigueur de la nouvelle traduction de la prière de Jésus, reformule la phrase controversée «Ne nous soumets pas à la tentation » :

 

Depuis 1966, les chrétiens avaient adopté après le latin une version du Notre Père qui a toujours suscité des débats. Désormais, la phrase qui posait question est retraduite : c’est cette nouvelle version qui sera désormais utilisée dans toute célébration !

« Ne nous soumets pas à la tentation » devient « Ne nous laisse pas entrer en tentation. »

Dieu ne tente personne. En cas de doute, l’épître de saint Jacques le rappelle vigoureusement :  « Que nul, quand il est tenté, ne dise: « Ma tentation vient de Dieu. » Car Dieu ne peut être tenté de faire le mal et ne tente personne »(Jacques 1, 13). Dans ce sens, Dieu ne peut donc nous « soumettre » à la tentation, dans le sens littéral. Il y aurait confusion entre Dieu et le tentateur, Satan. D’où la contestation de la traduction de 1966.

Mais éprouver n’est pas nécessairement tenter. Même si en grec, le même mot, ou la même racine est utilisée. Et l’on comprend, comme d’ailleurs, divers passages bibliques le rappellent, qu’il nous faut passer par l’épreuve. « Aussi tressaillez-vous d’allégresse même s’il faut que, pour un peu de temps, vous soyez affligés par diverses épreuves. » (1ère lettre de Pierre  1, 6-7).

Sainte Thérèse d’Avila enseignait déjà au XVI° siècle que « Ceux qui arrivent à la perfection ne demandent pas à Dieu d’être délivrés des souffrances, des tentations, des persécutions ni des combats. […] Ils ressemblent aux soldats, qui sont d’autant plus contents qu’ils ont plus d’occasions de se battre, parce qu’ils espèrent un butin plus copieux; s’ils n’ont pas ces occasions, ils doivent se contenter de leur solde. »

Dans le même sens, aller vers ne signifie pas entrer dans.  Nous comprenons que si Dieu nous conduit au désert pour que nous y soyons éprouvés, il ne nous éprouve pas lui-même. Cette métaphore du mouvement vers un lieu, restitué dans la nouvelle traduction, permet donc de se rapprocher des textes les plus anciens, sans introduire le verbe « succomber ».

Dieu doit donc bien nous conduire vers, mais Il ne peut pas nous introduire dans. Nous savons à quel point nos chemins de vie sont tortueux et semés d’embûches. Dieu nous accompagne sur tous ces chemins-là sans nous pousser à la faute !

Demander de ne pas entrer en Tentation, c’est donc demander à ne pas douter de la présence de Dieu au milieu de nous. C’est en ce sens que Jésus dit à ses disciples, à Gethsémani : « Priez pour ne pas entrer en Tentation » (Évangile selon St Matthieu  26, 41) : Dieu jamais n’abandonne son peuple. La tentation du désespoir nous guette toujours. Notre prière est aussi un appel à Dieu afin qu’il révèle sa présence dans nos vies !

Chaque traduction a ses avantages et ses limites. Familiarisons-nous avec cette prière, mais surtout prions-la avec cœur, au-delà des mots, en comprenant en quoi elle engage notre vie !

Un nouveau Notre Père ?

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Lettre ouverte aux chrétiens qui laissent leurs églises tomber en ruine

Publié le par Miniritou

Curé de 40 clochers dans le nord du Tarn, je suis consterné de constater que bon nombre des églises peu ou pas ouvertes sont visitées ou utilisées sans que j’ai mon mot à dire… Un concert, une visite culturelle, et même parfois, ô surprise, ô joie : des travaux d’entretien! Ces événements sont illégaux  dans la mesure où ils ne se déroulent pas avec l’accord du curé ou de son représentant.

Nombreuses sont les municipalités et les associations de sauvegarde qui font un travail remarquable pour entretenir les édifices : il faut le souligner ! Toutefois, une commune, même propriétaire d’une église, même avec les meilleures intentions, n’a pas forcément tous les droits sur cet édifice. Tout comme un propriétaire ne peut pas utiliser ou visiter son appartement à sa guise, quand il a signé un bail avec un locataire.

Souvent par ignorance, les maires pensent qu’une église communale peut être utilisée sans en référer au curé. La loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat  et sa jurisprudence sont claires.  Les édifices religieux sont pour la plupart affectées au culte catholique  (ou protestant pour certains temples).  Une église, même peu utilisée, reste affectée tant que le préfet et l’évêque, d’un commun accord, n’ont pas signé sa désaffectation : cette procédure administrative se produit quelques fois lorsque l’église menace ruine ou n’a plus aucune utilisation religieuse possible. Elle demeure actuellement exceptionnelle.

Au-delà de la responsabilité des maires qui ignorent souvent les modalités pour appliquer la loi : je voudrais souligner un fait qui est une réalité : bon nombre d’églises de campagne sont en danger, non seulement parce que personne ne les entretient, mais aussi parce que personne ne les visite et ne les utilise dans leur vocation cultuelle: j’ai récemment été alerté d’une visite sauvage  en mode « URBEX », des jeunes qui ont exploré une église pour photographier son état d’abandon avancé.

Ma consternation et ma tristesse ne viennent pas seulement de voir ce patrimoine en danger, saccagé ou laissé à l’abandon. Ma sidération vient aussi de ce que les chrétiens sont souvent attachés à des murs qui les rattachent à leurs racines, mais savent laisser en jachère la foi qui leur permettrait de faire de cet édifice un témoignage vivant du patrimoine chrétien, dans la grande histoire de notre pays et de nos familles.

Dans les années à venir : bon nombre d’églises vont s’effondrer ou seront désaffectées au culte parce que la foi dans nos cœurs est devenue accessoire et superficielle. Ouvrir une église, prier à 2 ou 3, proposer de s’y rassembler avec ou sans prêtre, pas seulement pour des événements « culturels » c’est entretenir la flamme de  la foi dans nos hameaux et nos quartiers ! Et cela passe aussi par un lieu qui le dise au plus près de nos maisons, dans nos quartiers et nos villages et dans le paysage, jusque haut dans le ciel !

Lettre ouverte aux chrétiens qui laissent leurs églises tomber en ruine

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Perdre la foi, comme si de rien n’était...

Publié le par Miniritou

Perdre la foi, comme si de rien n’était...

 

Lorsqu’on égare son portable ou ses clés, on s’en aperçoit très vite !

Il n’en est pas de même lorsque l’on perd la foi.

 

 Confronté à la déchristianisation galopante de notre pays, engagé sur un terrain paroissial qui n’est ni pire, ni meilleur qu’ailleurs, je rencontre beaucoup de personnes sympathiques et bienveillantes, souriantes et serviables, qui se présentent comme « croyants non pratiquants » : attachées aux valeurs chrétiennes, sans pratiquer la religion dans ses rites. Mes propos sont une analyse froide et concrète de ce que je constate. Les remèdes et solutions à ces constats existent mais ils paraitront ringards et dépassés.

  1. Les « gens » ont reçu une éducation chrétienne, plus ou moins poussée. Beaucoup ont été rattachés à la foi juste par un rite (le baptême) qui leur donne une appartenance sociale. Ils ont été éduqués dans le respect des valeurs chrétiennes : solidarité ; amour du prochain ; comportements moraux. Mais la plupart n’ont jamais fait une expérience spirituelle qui leur fasse découvrir la foi comme une rencontre, une relation.  Ils ont en main un catalogue de règles et de principes. Certains vivent de loin et très superficiellement quelques rites, mais c’est bien pour la forme : on ne va quand même pas enterrer le grand-père comme un chien !

 

  1. Le contexte social et culturel exècre la religion : comme un opium qui bride la liberté et empêcherait les initiatives et les choix personnels. La religion culpabilisante, moralisatrice, et obscurantiste doit être évacuée de la sphère publique.
  1. Les chrétiens qui avaient un minimum de vie spirituelle s’en détachent petit à petit sans en avoir l’air : les familles d’enfants catéchisés, qui venaient encore aux messes des familles, aux grandes fêtes religieuses s’en éloignent peu à peu : le caté devient socialement pour ces parents, un cours d’instruction morale et religieuse qui n’existe pas à l’école. L’éducation chrétienne n’est plus l’occasion possible d’une rencontre, mais la garantie théorique de rester un peu humaniste dans un monde inhumain.
  1. Un petit troupeau, tout petit,  reste enraciné dans la foi en Jésus-Christ,  et regarde, médusé et abasourdi, la négation de Dieu devenir la négation de l’Homme. Certains, dans ce troupeau, sont tentés par le communautarisme : repli identitaire ; peur du monde ; crispations idéologiques : le risque est de tomber dans un christianisme intransigeant. (Voir Fabrice Hadjadj : la Foi des Démons – Ed Salvator)

 

  1. La société occidentale, européenne, sans Dieu, regarde l’Eglise comme un bastion décalé, assiégé… Le pape est un vieux gourou périmé, l’Evangile est un message humaniste athée, les prêtres, de dangereux pédophiles célibataires qui comprennent rien de la vie, les églises sont des lieux culturels d’un passé lointain, et l’expérience mystique, une démarche individuelle inexplicable, à ranger dans un des rayons du supermarché des croyances.

 

  1. L’Eglise, dans cette société matérialiste, veut garder le cap de l’Evangile, au-delà des modes et des lois qui, sous des apparats séduisants, tuent la vraie liberté et la vérité de l’être humain. L’Eglise porte la Parole comme un chemin de bonheur, chemin d’humanité où Dieu est annoncé non comme un ennemi de l’Homme, mais comme Celui qui donne sens et profondeur à toute humanité vraie. Elle défend le migrant, dénonce le capitalisme et plaise pour une économie au service de l’Homme. Elle veut encore grandir dans la fidélité à son Seigneur. Elle doit s’ouvrir aux cultures et aux différences et accepter d’entrer en dialogue avec le monde, avec les religions, avec tous les hommes de bonne volonté.
  1. Tenir dans la foi, tenir la foi, c’est demeurer en Christ, par sa Parole, par sa Présence vivante, par son Pardon, et par le partage fraternel avec des « petits » frères capables de m’aider à vivre l’Evangile dans ce monde aimé de Dieu.
  1. Pour perdre la foi, c’est tout simple : abandonne l’Eglise, abandonne les sacrements, surtout la messe : pas tout d’un coup, mais petit à petit, espace ta pratique : une fois par mois ; puis les grandes fêtes, et après, juste des occasions ponctuelles… Et puis n’oublie pas d’éviter la confession : débile et ridicule d’aller vider ses poubelles devant un prêtre… Mets ta bible au placard, ou carrément au feu ! Laisse tomber la prière communautaire, le partage spirituel et fraternel,  surtout aussi le service exigeant du pauvre, de celui qui va déranger tes habitudes et ton petit confort : garde juste un ou deux pauvres bien gentils pour avoir bonne conscience d’être quand même quelqu’un de respectable. Tu finiras bien aussi par perdre complètement le goût de la prière personnelle. Rassure-toi, il te restera, mais que pour quelques temps encore, la coquille vide des valeurs chrétiennes qui sera vite engloutie par le tsunami d’une société où le seul horizon est de jouir des plaisirs sensibles, tant qu’il est encore temps.  Alors là tu pourras t’en donner à cœur joie : ripailler, picoler (surtout bien picoler !) baiser pour éventuellement faire un gosse, mais avec des sentiments ; faire la fête ; t’éclater avec tes potes, un petit joint pour être "in" ; chercher l’aventure ; entretenir ton corps, le faire tatouer ; parcourir le monde et si possible, gagner un max de fric : ça aide pour tout le reste !

Perdre la foi c’est facile, même sans s’en rendre compte !

Perdre la foi, comme si de rien n’était...

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