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Publié par Gérard Naslin

PREMIERE COMMUNION :

 VIENS A SA TABLE !

 A l'occasion de l'événement paroissial qu'est la première communion, j'aurais aimé solliciter un institut de sondage pour recueillir auprès de toutes les personnes qui sortent de l'église en ce jour le mot qu'elles associent spontanément à Dieu. Nous aurions eu peut­-être quelques surprises devant la variété des réponses. Ne nous en étonnons pas, la Bible recueille au moins une cinquantaine de noms attribués à Dieu.

 Je vous en propose un, parce qu'il me semble exprimer beaucoup de choses sur le visage de Dieu et sur le visage de l'homme face à Dieu, c'est le mot « Ami ». La vie chrétienne n'est-elle pas autre chose qu'une vie d'amitié avec Dieu ?

 Rappelons-nous cette aventure vécue par deux disciples et Jésus leur ami, sur la route d'Emmaüs : pour dresser le décor il suffit d'une route et d'une auberge.

 Une route

La route est le lieu de la rencontre. On fait route avec quelqu'un pour parler avec lui, l'écouter, et pour faire silence ensemble. On va vers la même direction.

 Ce n'est pas nous qui avons choisi nos parents, ce sont eux qui nous ont choisis, A notre naissance, ils nous ont donné un nom, c'est notre pré-nom puisqu'il précède leur nom, notre nom est lié pour toujours à leur nom. Ce jour-là ils se sont engagés à nous faire vivre, à nous faire grandir, à nous accompagner sur la route de notre vie.

 Le baptême est bien le point de départ d'un compagnonnage, c'est Dieu qui s'engage, car Dieu s'engage toujours le premier. Il déclare au baptisé : « Tu porteras désormais le nom de mon Fils, tu seras chrétien. Tu es donc toi aussi mon fils bien-aimé. Tu es unique à mes yeux. Ton nom est comme gravé sur les paumes de mes mains. En toi, j’ai mis tout mon amour. » Dieu est l'Ami qui dit à l'homme : «Je veux t'accompagner, faire route avec toi ».

 Dieu ne nous a jamais lâché la main. Si Jésus a voulu une Eglise, c'est bien pour qu'elle soit sur la terre sa main qui encourage, relève, guide, console, rassure.

 Durant notre enfance, notre jeunesse, notre vie d'adulte, Dieu a été non seulement cet Ami compagnon de route, mais en même temps cet Ami confident. La route est en effet le lieu des confidences. On peut se parler.

 Ainsi nous connaissons mieux la pensée de Dieu, ses secrets, son histoire, ce qui le réjouit, ce qui l'attriste.

 Mais les confidences entre amis ne sont jamais à sens unique. Sur la route Dieu est prêt à écouter nos confidences, tout ce qui fait notre vie l'intéresse, c'est la raison pour laquelle Dieu est l'Ami invité aux grands moments de l'existence.

 Décidément Dieu est bien cet Ami fidèle, il rejoint l'homme sur sa route, il marche près de lui, il lui fait ses confidences, et il écoute les siennes. En lui donnant la main, en lui tenant la main, Dieu fait alliance avec l'homme.

 Comme un véritable ami, Dieu ne s'impose pas. L'amitié se propose. Si elle s'imposait, elle ne serait plus une amitié. Dieu attend qu'on le retienne ; « Reste avec nous! », lui disent les deux disciples sur la route d'Emmaüs. Alors il entre à l'auberge pour rester avec eux, pour demeurer.

 L'auberge avec la table

Beaucoup d'événements de la vie se fêtent autour d'une table. Inviter quelqu'un à sa table, c'est lui manifester de l'amitié : on y partage la même nourriture, on y boit le même vin, on échange des paroles, des rires, des chansons parfois.

 L'Eucharistie est bien le moment où Dieu propose de nous asseoir à sa Table, il fait de nous ses convives, oui, il nous invite à vivre avec lui.

 Deux amis qui se connaissent bien, qui ont tant de choses en commun, finissent par se ressembler. Eh bien, le chrétien est invité à ressembler à Jésus. Lui-même avait dit à ses amis au cours de son dernier repas : « Je vous ai montré l'exemple pour que vous fassiez comme j'ai fait », et un peu plus tard : « Faites cela en mémoire de moi... prenez du pain, dites « c'est mon corps »... prenez du vin, dites « cela est mon sang »...

 Voilà jusqu'où va l'amitié de Dieu : « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ».

 Je ne vous parle pas d'un Dieu qui demanderait aux hommes de prendre les armes pour le défendre ou défendre sa religion, ce ne serait plus un ami, mais un tyran.

 Je ne vous parle pas d'un Dieu qui prendrait un certain plaisir à voir les hommes souffrir, ce ne serait plus un ami, mais un sadique.

 Je ne vous parle pas d'un Dieu qui manoeuvrerait le monde comme on manoeuvre une marionnette, ce ne serait plus un ami, mais un despote.

 Je ne vous parle pas d'un Dieu qui obligerait l'homme à penser comme lui et à s'agenouiller de force devant lui, ce ne serait plus un ami mais un gourou.

 Je vous parle d'un Dieu qui souffre avec l'homme souffrant je vous parle d'un Dieu qui respecte la liberté de l'homme.

 Frères et sœurs, je viens d'essayer de vous parler de Dieu comme de votre Ami. Maintenant il nous appartient à nous, et rien qu'à nous, de répondre ou de ne pas répondre à cette amitié.

 Personne ne peut nous obliger à devenir ses amis. Bien des personnes peuvent nous dire « Regarde bien, sur la route, Dieu est là. Ecoute bien, il te fait ses confidences. Parle-lui, il t'écoute. Viens, viens à sa Table, il t'attend! » C'est à nous de répondre.

 

  Gérard Naslin (Signes d'aujourd'hui)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Réflexions sur la première communion

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Abbé Bruno DANIEL 15/09/2005 22:40

Ai laissé sur mon Blog (taper Google Bruno DANIEL) toute une réflexion sur la Chrismation (Confirmation) et toute l'Initiation Chrétienne. Ai bien apprécié les notes sur confirmanDs et non pas confirmanTs.
Salutaions fraternelles.
Fraternellement.

Zabou 15/09/2005 10:17

Merci de nous avoir partagé ce magnifique texte...