Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Archives

Publié par Miniritou

Je republie cette déclaration de 2008 du Conseil pour les questions familiales et sociales de la Conférence des évêques de France au sujet du débat médiatisé sur le rôle des  "mères porteuses".
Un sujet délicat et toujours d'actualité  tant il implique des souffrances intimes chez nombre de couples, mais ô combien délicat aussi parce qu'il  implique une manière de concevoir la  famille, la vie et sa transmission.

 

QUELQUES REFLEXIONS SUR LES PROJETS DE MATERNITE POUR AUTRUI

  L’actualité de ces derniers jours attire notre attention sur des projets de maternité ou de gestation pour autrui.Les interrogations tant d’autorités morales de notre pays que de responsables politiques qui n’envisageraient la gestation pour autrui qu’à certaines conditions, montrent bien qu’il est important de ne pas s’enfermer dans les limites d’un débat public médiatisé et de réfléchir sans précipitation aux questions posées.

 La souffrance des couples qui ne peuvent avoir d’enfant ne peut être ignorée. Mais il importe  d’être attentif aux bouleversements qu’induit le recours à la maternité pour autrui sur notre conception du couple, de l’enfant et de sa place dans la famille

  La prise en compte de la dissociation entre la maternité et l’enfant à naître.

 Trois types de maternité se trouvent conjuguées et en même temps dissociées les unes des autres : celle qui donne l’ovule, celle qui accouche, celle qui élève l’enfant. Cette dissociation crée des liens « d’intimité sociale » jusqu’ici inconnus. Elle se différencie en cela de l’adoption qui répond en toute clarté à une situation déjà existante.

  L’instrumentalisation du corps et du psychisme d’une femme « porteuse ».

 Le temps de la gestation implique une relation très forte et progressive de la femme enceinte et de l’enfant qui se forme en son sein.  Durant cette période elle prend conscience qu’elle est devenue la mère de son enfant dès sa fécondation. Elle n’est ni un nid ni une couveuse. De nombreux facteurs inconscients, affectifs et singuliers lient la mère à son enfant et réciproquement.

  2/2La remise en cause d’un modèle de famille, de filiation et de parenté.

 On doit se demander quelle sera la place réelle et symbolique d’un enfant qui se trouve en relation avec un couple de parents « porteurs », les enfants de ce couple et le couple qui le reçoit. Il paraît difficile de concevoir de manière simple les relations de l’enfant entre chacun de ces pôles que ce soit sur un plan psychologique ou sur un plan juridique.

  Notre société moderne pense que la science est capable de régler toutes les souffrances et qu’elle a en tout le dernier mot. Recourir à la procédure de la maternité pour autrui, n’est-ce pas instrumentaliser la naissance d’un enfant pour résoudre finalement de manière illusoire le drame et la détresse de la stérilité ?

 Fonder une famille pour un couple ne dépend pas exclusivement de la naissance d’un enfant.

  + Jean-Charles Descubes, Archevêque de Rouen

                                   Président du Conseil pour les questions familiales et sociales

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Caroline 09/07/2008 22:56

Mariés depuis 6 ans, nous n'avons pas encore eu la joie d'accueillir de petite vie au sein de notre couple.Mais, pour autant, même si cette situation n'est pas celle que nous avions espérée (et que nous espérons toujours !), je ne crois pas que notre couple soit triste. Nous ne nous isolons pas des couples avec enfants (famille, amis ou collègues) et, malgré notre inexpérience comme parents (évidemment), nous participons à leurs conversations sur leurs "progénitures". Nous sommes heureux de pouvoir accueillir nos filleuls, neveux et nièces de temps en temps, lorsque leurs parents nous les confient.Je pense (et j'espère bien !) que, même sans enfant, notre couple s'épanouit, grandit et est dans la joie ! Nous aimerions connaître cette joie d'être parents... mais pas à n'importe quel prix. En tout cas, pas au point de faire appel à une mère porteuse... pour satisfaire notre seul désir.

Drumel Marine 05/07/2008 17:56

me voila tombée sur ton blog !! je crois que je vais pas etre décue de mon détour tout comme je ne suis pas décue de notre rencontre pendant ces quelques jours dans nos ardennes !! le temps me manque pour le moment mais promis je repasse bientot !!sincèrement heureuse de notre rencontre!!marine

Emilie 05/07/2008 00:26

Je ne place pas sur le même plan l'adoption et la GTA. L'adoption est une magnifique transformation d'un acte douloureux et difficile, en un magnifique cadeau. Mais attention, un cadeau pour l'enfant en premier lieu. Car confier son enfant à l'adoption est un acte particulièrement difficile et courageux pour une mère qui se sait en incapacité de donner à l'enfant ce dont il aura besoin. C'est à mes yeux un réel acte d'amour, profond et sincère. Cet abandon total dans la confiance des parents adoptifs! il se trouve que pour eux aussi( mais dans un second temps) c'est un cadeau. Dans le cas de la GTA, ce cadeau d'amour n'est pas pour l'enfant à l'origine. Les intentions des uns et des autres peuvent être louables, mais à qui est destiné ce Don d'amour? Offrir à un couple d' "avoir" un enfant, de donner de l'amour ou encore permettre à la mère porteuse d'expérimenter le don de la vie, sans élever d'enfant? Je reste vigilante et m'inquiète lorsque l'humain joue à l'apprenti Créateur (pour ne pas dire à l'apprenti sorcier), la GTA en est une des expériences, et ensuite, le clonage? l'eugénisme? l'humain OGM?Jusqu'où peut on aller? où doit on mettre les limites? Qu'est ce qui nous arrêtera?

Antoine 04/07/2008 13:46

Ce n'est pas en créant des pratiques risquant de semer le trouble dans la vie des enfants à naître qui va résoudre le problème de ces couples ne pouvant enfanter. Je le répète, leur malheur doit être entendu, accompagné, consolé mais la GPA ne peut être une solution juste. Les risques de dérives sont trop importants. Il suffit d'écouter les propos de Nadine Morano que se dit prête à mettre au monde l'enfant de sa propre fille... Cela n'a pas de sens.Le plan de Dieu est insondable. Nous resterons toujours choqués par la souffrance et la misère, mais il ne peut être possible de répondre au mal par un autre mal. Les parents qui abandonnent leur enfant manquent à leurs devoirs. Cette situation doit être évitée à tout prix (mais pas par l'avortement qui, là encore, n'est pas une solution juste et bonne). Les hommes peuvent mettre en placeune civilisation de l'amour, tout d'abord en respectant la vie humaine et la personne humaine, son intégrité et son inviolabilité; ensuite par l'accueil de l'autre en souffrance, par l'amour que nous pouvons leur offrir, leur transmettre. Les enfants abandonnés doivent être accueillis par ces familles ne pouvant enfanter. Mais ne créons pas, avec la GPA, un abandon contractualisé. L’adoption pallie un accident de vie tandis que la gestation pour autrui le provoque délibérément.

marie.l 04/07/2008 11:25

Tout à fait d'accord avec vous, l'adoption en France , la procédure est trop longue, quand un couple découvre qu'il ne peut pas avoir d'enfant bien il est  bien avancé en âge aussi, malheureusement c'est trop long, et j'ai regardé à la télé des reportages sur des couples qui veulent adopter, c'est un calvaire, un chemin trop long presque à se décourager d'avoir un enfant, mais en même temps je plains, ces couples, j'ai autour de moi , un couple qui n'a pas d'enfant, c'est triste de voir ces personnes se retirer de la société, s'effacer et quand on parle de nos enfants , bien il faut être très prudent dans nos conversation, ça besse et il faut y être sensible. Vous savez, je vais dire quelque chose qui va peut-être faire réagir nos bloggeurs, mais, une question me vient à l'espris, pourquoi Dieu ne donne pas des enfants à ces couples qui aimeraient donner tout leur amour, les élever et leur donner une place dans cette société alors que certains couples, donnent des enfants qu'ils rejettent par la suite, les abandonnent, les mettent à la DAS parcequ'ils ne peuvent pas les élever, n'en sont pas capables par faute de l'un ou l'autre parent, par moment je me dis que c'est de l'injustice , ces enfants ne choisissent pas de venir au monde et les parents les laissent à l'abandon, je ne sais pas si je m'explique bien mais vous croyez que là aussi il n'y a pas un problème d'abandon c'est peutèêtre pire. Oui une civilisation de l'amour ?