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Publié par Père Claude Cugnasse

“Une famille amie m’a demandé de les accompagner au crématorium d’Albi où un grand-père allait être incinéré. J’ai cru devoir accepter étant donné mes liens personnels avec cette famille qui avait mal vécu le temps de crémation pour un décès précédent. J’ai trouvé au crématorium un personnel discret et disponible. Le temps de célébration -lecture d’évangile, prière, bénédiction,- en a été facilité. La famille avait préparé pour le temps de crémation qui a suivi, un diaporama. Il a permis aux proches de retrouver le grand-père à toutes les étapes de sa vie, de susciter un partage de souvenirs familiaux : une bonne initiative, me semble-t-il.

 

J’écris pourtant : « Attention », et cela pour quatre motifs.

 

- Souvenir ? J’ai trouvé dans un courrier l’expérience suivante : « L’un de mes grands-parents a été incinéré. C’est clair que son souvenir s’efface sans qu’on puisse se raccrocher à quelque chose aujourd’hui. Il a fini par ne plus laisser aucune trace et on n’en parle déjà plus, alors que la mémoire de mon autre grand-père, enterré, est bien vivante et dignement évoquée dans la famille. » On a besoin d’un lieu de mémoire. N’est-ce pas d’ailleurs pour fixer le souvenir qu’a existé la pratique -aujourd’hui interdite- de conserver l’urne funéraire à la maison ?

 

- Prix. On prétend que l’incinération serait moins onéreuse. Il faut pourtant tenir compte de tous les éléments. Le prix de l’incinération proprement dite est de 600 € environ, mais il y a d’autres frais : cercueil, frais de transport plus ou moins élevés selon les distances, frais au cimetière (columbarium ou placement dans un caveau de famille)... Trois sociétés de pompes funèbres m’ont affirmé que l’inhumation pouvait être moins onéreuse. Au milieu des bouleversements d’un deuil, on n’a guère le goût de demander des devis comparatifs. Mais comment y voir clair sans cette prudence ?

- Hâte. Croyants ou non, on peut répugner à jeter "au feu" un corps que l’on a si souvent embrassé, une mère, un enfant. Il y a dans la crémation, une brutalité, une rapidité qui ne laisse pas le temps normal pour faire le deuil. Je ne peux juger des sentiments de ceux qui choisissent cette option, mais n’est-ce pas une manière d’occulter au plus vite la mort, ce tabou du monde actuel ?

 

- Préférence. Jésus-Christ a été mis au tombeau, selon la pratique des Juifs. L’évangile nous parle du grain de blé tombé en terre qui germera. Cet exemple du Christ explique historiquement que la mise en terre ait progressé en Occident, au cours des siècles, avec l’évangélisation, alors que la crémation était une pratique païenne fréquente dans l’Antiquité. Par ailleurs, longtemps la crémation fut choisie pour contester la résurrection. Ce n’est plus guère le cas aujourd’hui et l’Église catholique accepte en conséquence de célébrer des obsèques religieuses avant crémation. Reste une préférence pour l’inhumation pour les motifs que j’ai essayé de résumer. On sait enfin que juifs et musulmans excluent toute crémation. À chacun de choisir en conscience.”

 

P. Claude Cugnasse 

 

article paru dans Le Tarn Libre du 20 janvier 2012

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Isabelle M 14/03/2012 20:16


Bonsoir,


Ma mère est décédée le 11 sept 2010 des suite d'une longue maladie.


Elle a reçu le sacrement des malades et nous a quitté le jour même en toute sérénité. Ce qui nous a permis à nous vivants d'accompagner également ce départ dans la sérénité et la foi interpellée
!


Après la célébration, son corps est parti et nous l'avons retrouvé le lendemain pour une crémation selon ses souhaits. L'urne funéraire repose dans un petit caveau, ce qui constitue un lieu de
recueillement.


Il est vrai que la crémation peut être un moment particulièrement pénible et douloureux. Ce temps nécessite une disposition d'esprit dont nous ne sommes pas forcément tous animés. Notre mère le
souhaitait, nous l'avons fait. Notre père a vu comment nous avons tous les trois "géré" cet évènement et très sereinement il nous a demandé de faire la même chose pour lui. Pour ma part, ma foi
m'a permis de tenir debout, d'exprimer des réflexions lors de la célébration, d'être actrice, et mon deuil s'est fait en sérénité...mais vous avez raison de rappeler que la plus grande prudence
s'impose avec la crémation.


 

Cécila 08/03/2012 21:17


A sa demande, nous avons incinéré ma tante. Cette formule ne me plaisais pas vraiment, mais la cérémonie a été très belle. Le membre de l'équipe funéraille locale, très à l'écoute, nous a
laissé beaucoup d'initiatives. Je ne me sens pas moins proche de ma tante aujourd'hui que de ma grand-mère dont le décès m'avait bouleversée et qui est enterrée. J'ai le sentiment qu'elle
m'accompagne, avec une certaine sérénité. Un lieu terrestre pour se recueillir, ne me manque pas aujourd'hui, mais peut-être est-ce aussi lié au fait que la tombe familiale est un peu loin et que
je n'y vais jamais.


Ma grand-mère qui avait perdu son fils et dont on n'a jamais pu rendre le corps pour des raisons de faits de guerre,  s'est elle toujours recueillie sur "sa" tombe pourtant. Je crois qu'il y
a là, des symboles dont chacun est porteur et qu'il est difficile de "condamner" une pratique ou une autre. On ne peut être qu'accompagnant au travers des épreuves.

liviaaugustae.over-blog.com 08/03/2012 17:44


J'avais envisagé de me faire incinérée, mais mon époux lui ne voulait pas de cela pour lui.


Donc nous louerons un caveau et tous les deux nous nous retrouverons. Mais je comptais bien mettre l'urne juste sur le cercueil de mon époux... Donc enterrée quand même!


Les enfants n'étaient pas chauds non plus pour cette crémation. A la maison on n'en parle plus.

Jean 08/03/2012 09:32


Je suis aussi opposé à la crémation pour les raisons clairement exprimées ci-dessus. La crémation est particulièrement inhumaine et surtout nous éloigne de fait de notre foi chrétienne en la
Résurrection.

laure 08/03/2012 07:03


Plus jamais plus jamais ça, j'ai accepté le départ de papa, je l'ai accompagné devant le Seigneur en toute sérénité, j'étais là présente dans la chambre funéraire pour la fermeture du cercueil
avec dans ma main celle de mon frère puis dans l'église pas une larme comme papa m'avait accompagné lors de mon mariage je lui ai promis, je lui ai mis la photo dans sa poche de son costume et un
dizainier et ils sont partis tous ensemble au crimatorium. A l'arrivée, j'ai déjà vu la fumée: un tremblement insoutenable, puis rentrée dans ce havre de paix, c'est vrai que c'est bien fait. Un
monsieur s'est approché pour les lectures personne voulait les lire donc j'ai dit je vais le faire , mon mari n'y tenait pas trop mais je l'ai fait, j'ai même fait comme si je disais de mon
propre coeur, en ajoutant papa papa papa mais quand ce même monsieur nous a dit maintenant vous faite comme vous le voulez ou vous restez ou vous pouvez attendre dans la salle à côté. Je suis
sortie jje ne voulais pas voir j'ai réalisé à ce moment là que papa était sur une plate forme qui partait automatiquement derrière un rideau rouge et donc je suis sortie et vite, mon mari s'en
est aperçu m'a suivi et lç le cauchemar, j'ai été prise d'un sanglot affreux, on m'a fait asseoir , on m'a apporté un verre d'eau je n'en pouvais plus et on m'a fait sortir je ne pouvais pas
imaginer que je n'avais plus de papa, plus quand je dis plus c'est qu'il ne restait plus rien et pour moi c'est encore insupportable. Plus jamais ça, plus jamais......j'en pleure encore c'est
cette séparation là queje n'arrive pas à comprende et personne ne peut me l'expliquer et en  plus j'en veux à celle qui en a décidé.