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Publié par Xavier Cormary

Dieu est entré dans notre monde incognito.

Chacun a son idée sur Dieu, chacun sait qui est Dieu, ce qu’il doit être, et chacun est prêt, s’il se présente à lui réclamer ses pièces d’identité.

C’est pourquoi Dieu n’a pu franchir nos frontières que de façon imprévue. Jamais, il n’aurait pu faire accepter que Dieu se présente sous une si modeste apparence, celle d’un nouveau-né et pas n’importe quel nouveau-né, mais un bébé couché dans une mangeoire d’animaux.

Pour un Dieu pareil, il n’y aurait eu place ni à l’église, ni à l’hôtel.

Dieu, dans notre monde, ne circule bien que dans la clandestinité.

Dieu prend le maquis pour rejoindre ses vrais fidèles. Il faut être pauvre, petit, enfant, il faut être simple et humble pour l’accueillir et deviner que Dieu seul peut nous surprendre à ce point.

Le Dieu auquel nous croyons est celui qui fit l’homme à son image et ressemblance, qui s’est fait homme et qui parle depuis des siècles un langage d’homme pour communiquer avec nous.

Dieu est l’opposé de la Puissance, de la Majesté, de l’Autorité, de la Richesse, de la Force que nous lui avons attribués, en écoutant plutôt nos désirs que sa révélation. Mais Dieu est « tout semblable » aux simples, aux pauvres, aux fraternels, aux miséricordieux, aux aimants, aux affamés de justice.

Ce qui est divin en Dieu, ce n’est pas qu’il soit tout autre que nous, c’est qu’il soit tellement plus humain que nous.

Ce qu’il y a de divin en Jésus-Christ, ce n’est pas qu’il ne soit pas homme comme nous, c’est qu’il soit tellement homme, l’homme le plus homme, le seul vraiment homme, vraiment libre, aimant, fidèle, disponible.

Pour montrer combien il nous dépasse, il ne faut pas le couvrir de dons magiques, de sciences infuses ou de facultés surnaturelles. Il suffit de dire comment il aimait, comment il respectait et guérissait les hommes, et comment il savait pardonner.

Nous avons longtemps cru que la dignité de Dieu réclamait d’innombrables pouvoirs qui nous écrasaient, mais il a été révélé à Noël, qu’être Dieu, c’est simplement être tellement aimant, tellement plus humain que nous.

Seul ce Dieu pauvre, seul ce Dieu humain peut sauver.

Car l’homme, dans sa misère, est toujours tenté de s’inventer un Dieu qui soit la compensation de ses insuffisances et la réalisation de ses désirs. Parce que l’homme est pauvre, il imagine un Dieu riche. Parce que l’homme est faible, il faut que Dieu soit puissant. Parce que l’homme souffre, Dieu ne peut être qu’invulnérable, impassible, insensible, inaltérable ! Et parce que l’homme est dépendant et solidaire, il lui plaît de se représenter Dieu solitaire, autonome, suffisant, indépendant.

Noël libère l’homme, sauve l’homme par la révélation d’un Dieu humble, doux, pauvre et miséricordieux. L’Evangile, la Bonne Nouvelle que Noël proclame, c’est que pour ressembler à Dieu, nous ne devons plus devenir riches, forts, solitaires, bien-portant ou majestueux. Il nous suffit d’aimer un peu plus, de servir un peu davantage, de nous rapprocher des pauvres, de lutter pour plus de justice.

Nous pouvons ressembler à Dieu tout de suite, ici et maintenant, dans notre état, à notre niveau, sans attendre visions ou miracles, mais en nous faisant le dernier de tous et le serviteur de tous.

Sur la paille de la crèche comme sur le bois de la croix, le Christ est révélation de ce qu’il y a de plus profond et de plus vrai en Dieu « Qui me voit, voit le Père. »

Cela choque, cela surprend.

Dieu est pauvre, pauvre de tout ce que nous convoitons, recherchons, ambitionnons.

Ne dites pas que Dieu se cache ou qu’il est absent du monde. Dieu est extraordinairement présent et visible, aussi présent et aussi visible, ou bien aussi peu présent et aussi peu visible que le sont, dans notre vie, les pauvres et les exclus.

Si nous voulons rencontrer le vrai Dieu qui vient à nous, nous devons aller à la rencontre des pauvres.

Et lorsque nous venons nous agenouiller devant l’infinie Majesté de notre Dieu, nous nous retrouvons à genoux devant l’immensité de la misère humaine.

Les hommes sont tristes, faibles et violents, et pourtant il suffit qu’un amour naisse et les réunisse pour que Dieu devienne présent parmi eux.

Une telle Nativité, nous devons faire bien plus qu’y croire :

nous sommes responsables qu’elle ait lieu partout aujourd’hui.

 

(J'ai reçu ce texte de Belgique)

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