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Publié par Miniritou

Réflexions pour remettre l’être humain au cœur de la foi... 

 

S’il existe un sujet où l’inculture domine dans ce XXI° siècle, c’est bien dans le domaine du religieux.

La religion est partout présente : dans les paysages par ces édifices majestueux qui sont, pour beaucoup, monuments historiques, magnifique patrimoine de notre histoire. La religion s’invite aussi dans le langage : combien d’expressions courantes sont tirées de la bible : « A chaque jour suffit sa peine ; œil pour œil ; que ton oui soit oui, que ton non soit non » ! Dans les comportements aussi, la religiosité s’est distillée : tracer machinalement un signe de croix sur le pain avant de l’entamer, allumer une bougie, demander l’aide de St Antoine ou Ste Rita, etc.

Si bien que le sacré est devenu une composante même de la vie des hommes : des gestes sacrés, des lieux sacrés, des personnes sacrées…

Des hommes fondent leur vie religieuse sur le sacré : comment comprendre que ce sacré-là devient intouchable, au point de devenir un point de friction avec le monde profane qui ne donne au sacré qu’une valeur relative, tandis que le sacré religieux devient absolu.

 

Le sacré est ce qui s’oppose au profane : objet ou lieu inaccessible, représentation du Dieu saint et de ses attributs, le sacré est à l’horizon mais ne doit pas, ne peut pas être touché, atteint, rejoint… Pour un croyant, railler, caricaturer ou profaner le sacré revient à piétiner et à saccager son âme, sa conscience. Quand une personne est humiliée et profondément blessée, parfois avec insistance et de manière répétée, elle réagit de manières diverses. Pour les incroyants, le sacré est un non-sens : c’est d’ailleurs là un problème récurrent pour pouvoir entrer dans un dialogue fructueux. L’abondance et la multiplication des choses sacrées ne propose pas forcément un beau et large chemin pour aller vers Dieu. Il n’est pas rare que le sacré devienne un absolu qui soit un obstacle à la vraie foi. C’est là tout le problème des fanatismes ou le croyant prend abusivement la place même de Dieu.

Le plus sacré : l’être humain

Dans la foi chrétienne, ce qu’il y a de plus sacré, c’est l’être humain lui-même qui est au cœur de la Création de Dieu (Genèse, chapitres 1 & 2). Créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, l’être humain est appelé à être « divinisé », en participant à la vie même de Dieu : « À cause de son amour infini, le Christ est devenu ce que nous sommes, afin de faire de nous pleinement ce qu’il est. » (St Irénée de Lyon II° siècle) Le Dieu d’Israël qui, certes, choisit un peuple particulier, a pris le temps de se révéler aux hommes. Petit à petit, l’histoire biblique nous montre le Dieu qui s’est approché des hommes en devenant l’un d’eux en Jésus-Christ. Ce Dieu-là ne veut pas de ségrégation, de mise à part, de ghetto.

Le mot qui convient alors d’attribuer à l’homme parce qu’il est l’attribut même de Dieu : c’est la sainteté. Dieu, seul est saint, trois fois saint, mais cette sainteté, Dieu veut la communiquer à l’humanité. « Ce que Dieu veut c'est votre sanctification » (1ère lettre aux Thessaloniciens 4, 3) Elle ne met pas à part quelques-uns, en quelque lieu que ce soit, mais elle veut mettre les hommes en relation les uns avec les autres et avec Dieu lui-même ! « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés. » (1ère lettre à Timothée 2, 4). Personne n’est exclu, personne n’est laissé de côté. La sainteté est un appel adressé à tous : chacun est invité à laisser le Saint-Esprit le transformer à l’image de Dieu, dans sa vie de tous les jours.

Le sacré et le profane ne sont plus séparés : tout l’humain devient sacré et le profane est aussi capable de révéler la présence et l’action de Dieu.

Le mystère de l’Incarnation : c’est Jésus qui naît sur la terre : « Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître. » (Évangile selon St Jean 1, 18) C’est le contraire d'une rupture avec l'humain. « Puissions-nous être unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité » (Parole prononcée par le prêtre pendant la messe). La sainteté nous fait entrer humblement dans l’alliance offerte par Dieu pour le bien et le bonheur de l’humanité qu’il aime.

Désacraliser le clergé et le mystère de Dieu

Beaucoup de personnes se sentent étrangères à la vie de l’Église : ils la trouvent trop éloignée de leur vie et de leurs préoccupations. La foi et la vie chrétienne sont sans doute présentées de façon trop compliquée. Nos paroisses peuvent apparaître aussi trop cléricales, trop bardées de certitudes avec un clergé sûr de lui, trop hésitant à faire son autocritique et à opérer les conversions nécessaires. Notre espérance doit d’abord nous rendre humbles pour être plus fidèles à l’Evangile.

Peut-être encore, l’ensemble des chrétiens, dans le Ségala et ailleurs, ont de la difficulté à reconnaître que l’Esprit de Dieu et la foi vont bien au-delà des appartenances religieuses et des recours au sacré. Peut-être aussi, faudrait-il que les évangiles et la personne de Jésus Sauveur soient davantage au cœur du christianisme et de la vie des chrétiens.

Enfin, Il est probable que nos communautés chrétiennes n’affirment pas assez clairement, en paroles et en actes prophétiques, combien la question du devenir humain, de tout humain, de tout l’humain, est la question religieuse principale. La sainteté de Dieu se dévoile pour faire de l’Homme, de tout homme, de tout l’Homme, le bien le plus sacré qui soit.

Dans les évangiles, il n’y a rien de plus impressionnant, de plus bouleversant, de plus révolutionnaire que la présence de Jésus-Christ qui révèle, qui nous donne à voir en Lui, un Dieu plus humain que les humains : le Christ devient alors le Sacrement de Dieu au cœur de l’humanité. L’Evangile devient un mode d’emploi pour devenir pleinement Homme à son image et à sa ressemblance.

Il y a des représentations qui blessent le sens du sacré du croyant tout en laissant l'incroyant insensible et sarcastique

Il y a des représentations qui blessent le sens du sacré du croyant tout en laissant l'incroyant insensible et sarcastique

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