Un nouveau Notre Père ?

Publié le par Miniritou

L’entrée en vigueur de la nouvelle traduction de la prière de Jésus, reformule la phrase controversée «Ne nous soumets pas à la tentation » :

 

Depuis 1966, les chrétiens avaient adopté après le latin une version du Notre Père qui a toujours suscité des débats. Désormais, la phrase qui posait question est retraduite : c’est cette nouvelle version qui sera désormais utilisée dans toute célébration !

« Ne nous soumets pas à la tentation » devient « Ne nous laisse pas entrer en tentation. »

Dieu ne tente personne. En cas de doute, l’épître de saint Jacques le rappelle vigoureusement :  « Que nul, quand il est tenté, ne dise: « Ma tentation vient de Dieu. » Car Dieu ne peut être tenté de faire le mal et ne tente personne »(Jacques 1, 13). Dans ce sens, Dieu ne peut donc nous « soumettre » à la tentation, dans le sens littéral. Il y aurait confusion entre Dieu et le tentateur, Satan. D’où la contestation de la traduction de 1966.

Mais éprouver n’est pas nécessairement tenter. Même si en grec, le même mot, ou la même racine est utilisée. Et l’on comprend, comme d’ailleurs, divers passages bibliques le rappellent, qu’il nous faut passer par l’épreuve. « Aussi tressaillez-vous d’allégresse même s’il faut que, pour un peu de temps, vous soyez affligés par diverses épreuves. » (1ère lettre de Pierre  1, 6-7).

Sainte Thérèse d’Avila enseignait déjà au XVI° siècle que « Ceux qui arrivent à la perfection ne demandent pas à Dieu d’être délivrés des souffrances, des tentations, des persécutions ni des combats. […] Ils ressemblent aux soldats, qui sont d’autant plus contents qu’ils ont plus d’occasions de se battre, parce qu’ils espèrent un butin plus copieux; s’ils n’ont pas ces occasions, ils doivent se contenter de leur solde. »

Dans le même sens, aller vers ne signifie pas entrer dans.  Nous comprenons que si Dieu nous conduit au désert pour que nous y soyons éprouvés, il ne nous éprouve pas lui-même. Cette métaphore du mouvement vers un lieu, restitué dans la nouvelle traduction, permet donc de se rapprocher des textes les plus anciens, sans introduire le verbe « succomber ».

Dieu doit donc bien nous conduire vers, mais Il ne peut pas nous introduire dans. Nous savons à quel point nos chemins de vie sont tortueux et semés d’embûches. Dieu nous accompagne sur tous ces chemins-là sans nous pousser à la faute !

Demander de ne pas entrer en Tentation, c’est donc demander à ne pas douter de la présence de Dieu au milieu de nous. C’est en ce sens que Jésus dit à ses disciples, à Gethsémani : « Priez pour ne pas entrer en Tentation » (Évangile selon St Matthieu  26, 41) : Dieu jamais n’abandonne son peuple. La tentation du désespoir nous guette toujours. Notre prière est aussi un appel à Dieu afin qu’il révèle sa présence dans nos vies !

Chaque traduction a ses avantages et ses limites. Familiarisons-nous avec cette prière, mais surtout prions-la avec cœur, au-delà des mots, en comprenant en quoi elle engage notre vie !

Un nouveau Notre Père ?
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Commenter cet article

Julien Clos 26/10/2017 11:52

J'avais moi aussi un problème avec l'ancienne version c'est pourquoi j'ai adopté la version des tradi qui est : "Ne nous laissez pas succomber à la tentation." Ce qui est tout à fait valable. A noter qu'ils vouvoient Dieu, ce que je préfère.
Sinon pour mettre tout le monde daccord et valoriser le côté universel de l'Eglise il y a la version en latin.

Livia 24/10/2017 16:02

Il était grand temps! Cette phrase : "Ne nous soumets pas à la tentation", m'exaspérait, dans ma jeunesse on disait : "Ne nous laissez pas succomber à la tentation", je n'ai jamais compris pourquoi Vatican II avait changé cette demande à notre Père !