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Blog d'un prêtre catholique engagé au cœur du monde... Voici mon presbytère virtuel, sans porte ni sonnette. Entrez, et venez voir ! Vous voulez voir à quoi ça ressemble un cyber curé ? Venez donc faire un tour chez moi ! La vie c'est trop important pour ne pas la réussir ! ....     .      . C'est aussi mon objectif ... Pas vous ?

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L'agriculture française en soins palliatifs

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A la veille du Salon de l'Agriculture qui débute samedi, peut-on poser la question de l'avenir de nos agriculteurs ? Les évêques de France ont décidé de manifester collégialement lundi prochain par une participation au Salon leur solidarité et leur soutien au monde agricole. Mais cela est bien symbolique, insuffisant et tellement insignifiant face aux enjeux et aux conséquences de la politique européenne qui conduisent les agriculteurs dans une impasse.

Le monde agricole est en crise : depuis des décennies, il est sous perfusion : on a depuis longtemps refusé aux agriculteurs de vivre du travail de leurs mains, leur demandant de vendre à perte, et compensant par des subventions de la P.A.C. afin de maintenir des prix bas pour leurs productions. Le consommateur est roi !

Aujourd'hui, l'agriculture française est à l'agonie : elle est en soins palliatifs depuis des années. Les exploitants croulent sous les normes et les exigences européennes. L'absence d'harmonisation européenne sur les législations et les productions creuse encore le trou dans lequel on est en train d'ensevelir nos agriculteurs. Le libéralisme européen en matière agricole est en train de sonner le glas du fleuron que constituait l'Agriculture française.

Aujourd'hui, les mesurettes gouvernementales sont des perfusions insuffisantes. Ceux qui vivent de la passion de la Terre, cultivateurs et éleveurs, ceux qui font vivre nos campagnes et nourrissent notre pays sont excédés. Ce soir, juste en face chez moi, la colère s'exprime par une opération à la fois bonne-enfant et spectaculaire : le Trésor Public est inaccessible : "Moins de normes, plus de prix !" Tout est dit...

L'agriculture française en soins palliatifs
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bleu 24/02/2016 19:14

Bien d'accord, rien à voir entre les petits paysans...Et nos mastodontes ...Normand ou ....
Chaque année au moment ou ils touchent les aides de la PAC....Ils achètent une maison...Ils ont beaucoup les droits sans en avoir les obligations...Ils font de l' hébergement, de la restauration, du terrassement, du transport et autres....On ne leurs demandent pas les mêmes charges, les mêmes normes....Ils ont un appartement à la mer un à la montagne...Leur grande force c'est le pouvoir politique et syndical...Ils font la course au plus gros matériels...Ils achètent les petits fermes....Ettouffe les plus petits...Regardez leurs maisons, leurs parc automobile....Il y a bien des domaines ou nos évêques auraient pu bouger....On ne les a point vu !!!

Aregundis 25/02/2016 18:04

Salut. Oui, je l’ai dit, le monde agricole est très divers. Ce n’est pas là le problème. Il ne faut pas tomber dans un manichéisme facile. Les gros, les petits... Ça ne veut rien dire. Souvent les « petits » génèrent eux-mêmes les maux dont ils souffrent, justement pour cette raison qu’ils sont petits. Small is not beautifull. Il est normal, et sain, que des investisseurs rachètent des canards boiteux, des exploitations sur le déclin. Pour en faire des résidences de loisir ? Des gites ruraux ? Peu importe. Le maire se frotte les mais. Voilà des impôts locaux qui vont rentrer.
Mais pour des raisons plus politiques, les gouvernements de gauche ou de droite entendent maintenir les jeunes gens « au pays », plutôt que les voir pointer à Pôle-Emploi. Ces mini-exploitations coûtent plus cher qu’elles ne rapportent. Il faut tout de même que la collectivité s’y retrouve, non ?

Il faut savoir de quoi on parle. Par ici les paysans « font du lait », comme on dit. Avec l’appoint saisonnier de fruits rouges : cerises, fraises… et des veaux à l’engrais. Il faut bien vivre. Personne n’est malheureux, personne ne se plaint. Ça ne se fait pas de pleurnicher. On vit plutôt bien, même. Les subventions sont là. Heureusement, la femme a un emploi ailleurs. Ça met du beurre dans épinards. Ça aide à rembourser les emprunts. Et les autres, ceux qui avancent en âge ? Ceux-là sont condamnés au célibat forcé pour des raisons faciles à comprendre. Donc, ils font du lait. Quel lait ? Du lait d’ensilage. Une bonne partie de l’année les bêtes sont nourries de maïs fermenté, culture qui exige beaucoup d’eau. A-t-on besoin de ce lait bas de gamme ? Bien sûr que non. C’est un lait « politique ». Rien d’autre. Et la solidarité n’a rien à faire ici. Elle serait inutile. Bonsoir.

Aregundis 24/02/2016 16:57

Bonjour à tous. « Soins palliatifs » est tout-à-fait le terme approprié à une situation répétitive depuis les jacqueries médiévales. Un paysan en colère est un pléonasme. Quant aux slogans…

Le monde de la terre est très diversifié. Les intérêts des uns ne sont pas ceux des autres. Quel rapport entre les immenses exploitations céréalières ou betteravières du nord de la France gérées l’œil rivé sur les cours mondiaux, et la modeste ferme de 20 ou 30 ha où le « plouc » survit avec ses 20 vaches sur un territoire morcelé en parcelles ? Pour ne rien dire des richissimes propriétaires de grands crus que lorgnent les milliardaires chinois et les émirs orientaux.

La solidarité ? Il faut que nos évêques se réveillent. Il y a longtemps qu’elle est institutionnelle ! Depuis des lustres nos paysans vivent de subventions, dotation en capital, soutiens et dégrèvements, forfait fiscal, prêts bonifiés, assortis d’une ribambelle de primes : à l’arrachage, à la vache allaitante, à la jachère, etc… des dizaines de primes plus ou moins adaptées aux conditions locales. Je vis à la campagne, je connais bien ce sujet et, soit dit en passant, ceux que je rencontre tous les jours ne me font pas l’effet d’être si malheureux ! C’est simple, un paysan n’entreprend jamais rien sans d’abord s’assurer auprès de sa coopé, de son syndicat, du Crédit agricole, qu’il aura bien droit à une nouvelle prime. Ça vient de sortir : voici une baisse accordée des cotisations sociales. A qui ? Sans discernement à tous les mécontents, nantis ou pas, selon la doctrine égalitariste imbécile du pouvoir en place. Le coût ? 500 millions d’euros par an (Légisfiscal, 19/02). Financé comment ? D’où tombe cette manne sinon de la poche de contribuable ?

Je veux bien qu’on appelle « solidarité » cet assistanat séculaire qui n’a pas contribué à dynamiser la profession. Depuis toujours le paysan français se contente de produire sans autrement se soucier de transformation, de commercialisation, de distribution qu’il a laissées à d’autres. Or, le monde évolue à toute allure. S’accroissent les contraintes environnementales. Le climat change. Changent aussi les habitudes alimentaires. Que mangerons-nous demain ? Le monde paysan peine à s’adapter, à se structurer. Il le sait. Il en souffre.

S’ajoute les contraintes de l’endettement perpétuel. A accumuler les emprunts, et des emprunts pour rembourser l’emprunt, l’exploitant est pris à la gorge. Son exploitation est devenue la commandite de sa banque. Le paysan n’est plus maître chez lui. Compte tenu de la mentalité paysanne dans son rapport à l’argent et à la terre, l’impact psychologique pèse lourd.

La solidarité… La France est solidaire de bien des côtés sans beaucoup de gratitude. Il est à noter que ladite solidarité existe pas dans le mode paysan lui-même, ou très peu. Le riche vigneron du Beaujolais ne se soucie pas du sort du nourrisseur de truies, du producteur de lait. Enfin, vertueusement prêchée, elle a nécessairement sa limite dans la dette abyssale de l’État-providence, les contraintes dans L’UE à laquelle nous appartenons, désormais.