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Publié par Miniritou

Passé les larmes et la douleur, cette épreuve dans laquelle nous croyons mourir nous aide aussi à grandir. Elle nous éclaire sur nos capacités de résistance face à la séparation comme sur notre aptitude à trouver, peu à peu, notre autonomie et notre manière de vivre.

Submergé par la peine, perdu dans un monde en ruine, dévasté… Il est bien difficile d’envisager des bénéfices dans un chagrin d’amour qui nous emporte. Et pourtant… Ne serait-ce pas aussi l’occasion d’une renaissance ? Tu as avant tout immensément mal. Tu es anéanti...Bien au-delà, souvent, de ton amour déchu. C’est toute la vie qui est ébranlée : pas seulement le cœur, mais aussi les enthousiasmes du quotidien. À croire que tu perds beaucoup plus qu’une âme sœur. Tu as le sentiment que tout s'effondre. L’être humain se découvre incomplet et la relation amoureuse lui donne, justement, l’illusion d’être complet : en pensant combler les manques de sa moitié, il trouve un sens à son existence ; en étant aimé en retour, il croit ses manques comblés. Mais tout cela n’est qu’illusion.

Le grand vide intérieur

Quand le voile se déchire, tu réalises que tu es « existentiellement » incomplet quoi qu’il arrive dans une vie. Le vide de l’appartement résonne avec celui que tu portes en toi. L’absence de SMS du matin au soir, les petits mots doux, la présence, tout cela a subitement disparu… Un moment de vertige parfois vécu comme un passage du tout au rien. Quand l’autre était devenu un appui, un soutien face aux défis de la vie, et qu’il n’est plus là, on perd pied, et on a du mal à envisager même un avenir à son existence. Si la relation a été très fusionnelle, l’abîme est d’autant plus vertigineux !

Abandonner ou être abandonné : une blessure

Avec cette question terrible qui, depuis le complexe d’Œdipe, nous taraude : ne suis-je donc pas aimable ? Car si, depuis la toute première séparation qu’est la naissance, nous avons appris à nous débrouiller seul, la fin du couple réveille aussi une angoisse d’abandon tout enfantine. Etre abandonné ou vivre ce sentiment d’abandon renvoie aussi à cet inconscient, à ces blessures intimes. Et prendre conscience de cette blessure permet peut être aussi de faire face de manière différente à la rupture. D’autant que si tu es celui qui choisit la rupture, qui rompt la relation, tu ne seras quand même peut être pas épargné : on ne crée pas des liens sans qu’il y ait des conséquences à ces liens, surtout s’ils ont duré des mois, des années, et que la relation a pris toutes les dimensions d’une relation conjugale, sans en avoir forcément l’engagement.

Consentir au chagrin pour faire le deuil

D’abord, pare au plus urgent : encaisser la violence de la perte, la peur du vide, de l’avenir, éponger la déception, panser tes blessures narcissiques… Peu à peu, te retrouver, et, chemin faisant, apprendre, grandir, se redéfinir. Comment ? En commençant par reconnaître ton chagrin. Il faut trouver à qui parler, à qui te confier, à qui ouvrir ton cœur, en toute confiance sans négliger aucun sujet, aucun événement, aucun ressenti qui puisse te permettre de faire l’état des lieux. Mais choisis bien la personne à qui te confier et ouvrir ton coeur blessé !

Tandis que le mot « rupture » banalise l’événement (tout le monde se sépare de nos jours). Parler de chagrin d’amour, c’est admettre la douleur : tu prends ta place de sujet : auteur et acteur dans l’événement. La relation s’est vécue à deux, pas à pas. La séparation doit aussi être vécue à deux : plus avec l’autre qui est parti, et avec qui il vaut mieux éviter de continuer à se confier en faisant « comme si », dans une nostalgie ou un espoir secret de se retrouver ou se réconcilier… Souvent d’ailleurs, on peut rêver de « rester amis »… N’est-ce pas une illusion ou un mensonge déguisé pour atténuer le drame ? Non, vis ta rupture en confiant ton cœur meurtri à un ami, un frère, une sœur, un aîné qui sera là, pas à pas, pour écouter et t’accompagner sans juger. Ce n’est jamais le méchant qui part et le gentil qui est abandonné mais il est certain que la rupture n’est souvent pas vécue de la même manière par les deux protagonistes.

Cerner les pourquoi de la rupture

Pour celui qui reste seul, passé le nuage de haine qui permet de se préserver en désignant l’autre comme coupable, il convient d’élucider ce qui a raté et comment chacun a participé à cet échec. Quels projets avions-nous ensemble, quels engagements avions-nous pris ? Etaient-ils assumés dans toutes leurs dimensions ? Quels chemins avons-nous emprunté séparément, puis ensemble ? Quel passé a surgi dans notre histoire ? Bien d’autres questions méritent d’être posées : il me paraît indispensable Autant de questions qui permettent, lorsque tu parviens à y voir clair, d’éviter, plus tard, l’exact même fiasco. Si tu envisages toujours tes histoires d’amour sur le même air, tu retomberas sans doute dans les mêmes pièges affectifs ou relationnels. Toute expérience n’est évidemment pas bonne à vivre, mais toute expérience vécue peut apporter son lot d’enseignements. Il convient donc d’accueillir ces leçons humblement, mais de manière lucide et réaliste.

Une chance pour ressusciter ?

Chaque expérience de séparation – et la douleur qui va avec – nous apprend pourtant, même si c’est dur à entendre au fond de la détresse, un peu mieux l’essentiel : comment faire avec notre manque fondamental ? Une question angoissante, mais riche de promesses. La solitude nous offre alors l’occasion de nous redéfinir. Certains réalisent qu’à trop avoir voulu répondre aux attentes de leur copain, copine, conjoint, ils se sont égarés. Ils se sont perdus eux-mêmes !

L’occasion est venue de te retrouver, de reprendre contact avec les amis délaissés : les vrais amis, ceux que tu as zappé, ne t’auront pas, eux, oublié… Il est bon de prendre la mesure des amitiés solides qui ne se sont pas formalisés de te voir embarqué dans une relation exclusive qui les a laissés de côté… Il est temps pour toi de tenter de nouvelles façons d’être. En constatant que tu ne t’effondres pas, que tu peux compter sur ton entourage, la crise met aussi à jour des ressources, intérieures et extérieures, insoupçonnées ou délaissées. Petit à petit, tu découvres que tu peux encore vivre, exister sans celui ou celle avec qui tu as tant partagé ! Tu redeviens capable de rire sans lui ou elle. Et même à être bien tout seul. Les premières déceptions amoureuses est le début de la prise en charge de sa propre existence.

Après la douleur et les larmes, croire en l’amour redevient possible, à condition que tu laisses du temps au temps. T’embarquer dans une nouvelle relation, par défaut, par manque, est souvent destructeur, et sans avenir, car la nouvelle relation risque d’être une compensation ou consolation devant une blessure encore vive. Donne du temps au temps : c’est essentiel. Quelques semaines, voire quelques mois sont nécessaires ; n’en fais pas l’impasse ! Un amour serein et vrai sera débarrassé de ses illusions, parce qu’il aura mûri en face des chagrins qui ont touché et abîmé ton cœur.

 

Et Dieu dans tout ça ?

Si tu as la foi, si la vie spirituelle est aussi un appui dans ta vie, n’oublie pas de remettre tout ça entre les mains du Seigneur ! Il est indispensable, dans les choix, même les choix affectifs, de demander le soutien et l’éclairage de l’Esprit-Saint pour discerner vraiment si ton désir rejoint le désir profond de ton cœur que Dieu a semé en toi ! Quand la relation est rompue, démolie, il est d’autant plus nécessaire de confier ton cœur brisé à la miséricorde du Seigneur. Tu as été abîmé, et sans doute tu as abîmé le cœur de l’autre : c’est certain. La prière personnelle, le sacrement de réconciliation et l’eucharistie sont des trésors de foi que tu ne dois pas laisser de côté. Dieu ne fait jamais les choses à notre place : mais la force de son amour nous rend capable d’être ardent à faire le Bien, de vouloir le Bien de l’autre, et de chercher à discerner son appel. Trop de chrétiens ne se fient à la boussole de l’Esprit-Saint que lorsque tout va mal, et qu’ils sont perdus ! Il est grand temps de confier son cœur, son présent son avenir à ce Dieu qui ne veut que notre bonheur ! Sans peur, car Dieu t’aime quoi qu’il arrive !

Rebondir après une rupture amoureuse

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camille-madeleine 05/05/2015 21:40

C'est juste un peu plus compliqué lorsque la rupture intervient après 35 ans de mariage et 3 ans de fiançailles ... l'Eglise ne permet que le tombeau relationnel, à vue humaine l'espoir est mort, il reste l'espérance.